Méga Monte Carlo : l’ultime Supercar Française !

Publié le mercredi 13 avril 2016.
Mis à jour le mercredi 10 juillet 2019.
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Dans les années 90, j’avais vraiment cru que la France pourrait trouver sa place en terme d’automobile sportive, d’autant que le marché était encore accessible à des « petits ». Alpine existait encore avec une Alpine A610 pas dégueulasse (mais pas vraiment soutenue par Renault) tandis que Venturi offrait la plus puissante des voitures françaises d’aujourd’hui avec la 400 GT, ses freins en carbones et ses 408 chevaux ! Et puis il y avait la Méga Track, délire tout à fait crédible d’un fabricant de voiturettes devenu constructeur automobile… qui finira par présenter en 1996 une autre Supercar : la Monte Carlo.

La Méga Track de 1993
La Méga Track de 1993

C’est de cette superbe que je vais vous parler aujourd’hui, car dans sa livrée jaune vif (on l’a connu aussi en gris), elle a réussi à marquer toute une génération de jeunes amateurs d’autos ! Rembobinons le fil. Rappelez-vous ! En 1992, Georges Blain, PDG des voiturettes Aixam, lance sa marque automobile avec les Méga Club et Ranch d’un côté et la fabuleuse Track de l’autre. Mais il faut bien le reconnaître : malgré le succès d’estime de cet énorme coupé sportif à 4 roues motrices, capable de circuler un peu partout (et notamment dans le désert), le marché potentiel est très limité (surtout à ce prix de 2 millions de francs à l’époque). Pourtant, la jeune marque Mega ne veut pas s’arrêter en si bon chemin, et aspire à présenter une sportive moins spécifique, capable de rivaliser avec la Venturi 400 GT justement.

MCA Centenaire GTB
MCA Centenaire GTB

Au même moment, la marque Monte Carlo Automobile (MCA) tente de se maintenir à flot et de trouver la martingale pour vendre sa Centenaire, d’abord équipée d’un V12 Lamborghini, puis d’un V12 maison dérivé de celui-ci ! Entre 1990 et 1995, seuls 6 exemplaires seront réellement vendus (dont deux qui porteront le nom de MIG 100 et que l’on verra au Mans (lire aussi : MCA Centenaire). Fulvio Ballabio tentera d’améliorer la Centenaire jusqu’au bout, avec un dernier prototype, pour finalement revendre son entreprise à Georges Blain, qui voit en ces travaux une excellente base de travail pour sa future GT.

MC 04

MCA est donc rachetée par Méga et Philippe Colançon, à qui l’on doit déjà la Track, se voit confier le projet Méga Monte Carlo ! Le dernier prototype de la Centenaire servira de base certes, mais c’est finalement une toute nouvelle GT qui sera présentée en un temps record en 1996. Châssis et cellule en fibre de carbone, suspensions revisitées : la nouvelle Monte Carlo s’éloigne de la Centenaire… Côté carrosserie, c’est le bureau de design SERA qui s’en chargera, donnant à la voiture une ligne d’une étonnante modernité (encore aujourd’hui), surtout par rapport à la Centenaire ! Son aérodynamisme est particulièrement travaillé.

MC 01

Pour le moteur, le partenariat initié avec Mercedes pour la Track est reconduit : ce sera donc le V12 Mercedes de 6 litres et 394 chevaux qui prendra place en position centrale arrière, accompagné d’une boîte ZF 6 vitesses. Certes sa puissance échoue à atteindre celle de la Venturi 400 GT, mais ses 12 cylindres la rendent bien plus noble. Et si les freins Brembo sont de série, il est possible de choisir, en option, des freins en carbone, comme sur la Venturi. Côté performances, les 300 km/h sont atteints, et le 0 à 100 s’effectue en 4,5 secondes seulement.

MC 03

Mais l’ambitieux projet d’une supercar française n’aboutira jamais. La Track coûte plus qu’elle ne rapporte, les frais engagés pour la Monte Carlo commencent à peser sur les comptes d’Aixam, tandis que les Club et Ranch n’atteignent pas des volumes suffisants pour sortir de l’artisanat et rentabiliser les investissements consentis. Les projets Track et Monte Carlo seront stoppés en 1999, et dès lors, Aixam cessera de communiquer sur ces modèles. Impossible de savoir réellement combien de Monte Carlo ont été fabriquées : sans doute entre deux et trois exemplaires !

MC 02

Un jour peut-être l’un ou l’autre de ces modèles referont surface lors d’une vente aux enchères, et si vous en avez les moyens, ce sera peut-être l’occasion de vous offrir un pan de l’histoire automobile française des années 90, années où l’on a bien cru que les choses allaient changer, mais qui vit la disparition d’Alpine, de Venturi (avant que Pastor ne tente de relancer la marque, sans succès, dans les années 2000), et finalement de Méga !

En savoir plus sur la Méga Monte Carlo : http://gtfrance.free.fr/monte_carlo.html

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13 commentaires

Max

Le 13/04/2016 à 17:16

Ça fait un moment que je suis ce blog et les articles relatifs aux supercars françaises, mais du coup j’ai une question : pourquoi ont-elles toutes échoué ?

Paul

Le 13/04/2016 à 17:22

sans doute par manque de moyens et de temps… quand les financiers lâchent leurs danseuses ça finit mal ! Et puis sans doute aussi parce que les stratégies n’étaient pas toujours claires, avec parfois des dépenses phénoménales dans le sport (F1 pour Venturi par exemple)… Et puis en France, on est parfois autophobe, et la législation relativement chiante (contrairement à l’Angleterre)… Sans compter le nationalisme parfois idiot (cf Facel Vega)… Bref, un ensemble de trucs qui facilite pas l’émergence d’une marque durablement.

rubinho

Le 13/04/2016 à 17:32

Outre le manque de moyen sur plusieurs années pour financer des projets souvent sortis de nul part, le manque de structure pour assurer un développement et une industrialisation (faire des sans-permis et des GT de luxe, c ‘est pas vraiment le meme métier), je pense aussi que ces projets sont arrivés dans un mauvais timing. Rappelez vous des années 90 où moultes projets de supercars ont été présentés avec des lignes, moteurs …exotiques. Ca présentait à tout va, ca spéculait un max avec des réservations, des reventes de bon de commande… les tarifs s’envolaient.. Donc c’etait un peu le miroir aux alouettes et on devait penser que ca pourrait se rentabiliser rapidement… mais qd la bulle a explosé, s’en était fini des Vector, Cizetta…. et presque de Lambo, Maseratti (merci Chrysler puis VW & Fiat)

Gds

Le 13/04/2016 à 18:38

Une Supercar francaise, j’en reve que ca se réalise pour de bon, tant aujourd’hui ou dans les dix prochaines années à venir….

Au fait, quelqu’un a des nouvelles concernant l’Exagon Furtive GT? Rien de puis 2 ans, ou presque…

Paul

Le 13/04/2016 à 18:46

Exagon était en semi-faillite, mais semble se relever en créant avec PSA une joint-venture au Canada pour travailler sur les modèles électriques… 1er résultat de cette collaboration: la DS E-Tense présentée à Genève, fortement basée sur l’Exagon 😉

Patrick Coyote Auto

Le 13/04/2016 à 22:51

J’avais été ( fort bien ) reçu sur le stand Exagon en 2012, le concept est génial, le produit abouti et la technologie existante et maîtrisée ( sur ces trois points, professionnel du secteur, je peux vous certifier que c’est le cas ). Le carnet de commande semblait lui être rempli; bluff sur ce dernier point?

Patrick Coyote Auto

Le 13/04/2016 à 22:52

Je parle de la Furtive e GT biensûr.

the french autodrome

Le 13/04/2016 à 23:19

A peu près comme pour la Méga Track. La paternité de ce design plus heureux que celui de la Track revient à M. Sylvain CROSNIER à l’époque de la société SERA-CD aujourd’hui devenue SERA-ingénierie.

Bisson

Le 14/04/2016 à 00:03

Il y a 2 monte carlo dans l’usine aixam!
Et 1 track
Vous les trouvez a cote de la deset et de la mega glace!

Je peux surement retrouver les photos !

pipom16

Le 16/04/2016 à 17:18

Bonjour Paul,
« Les projets Track et Monte Carlo seront stoppés en 1999 ».
Il me semble que la Venturi 300 Atlantique a été construite jusqu’en fin 1999, Venturi ayant été placé en liquidation judiciaire en février 2000, donc la dernière « Supercar Française » c’est la Venturi, magnifique voiture qui n’est pas restée à l’état de proto.
Son principal défaut ? son prix ! tout simplement beaucoup trop bas pour l’excellente qualité de fabrication et qui à fait de la Venturi un projet non rentable.

Sinon, sympa ton blog 😉

Paul

Le 16/04/2016 à 23:02

Je ne classe pas la Venturi 300 Atlantique dans la catégorie Supercar, avec 310 ch seulement dans son éxécution biturbo et intérieur luxe… La 400 GT était à l’arrêt depuis déjà quelques temps: elle était la vraie GT de Venturi… Cela dit, c’est histoire de chipoter… PS: la Venturi a souvent été trop chère à la vente, et pas assez pour le coût de fabrication… la qualité de fabrication a évolué avec les voitures, petites séries obligent… Quand à la dernière 300 Biturbo elle était tout sauf fiable et bien réglée (les quelques exemplaires vendus furent en quelques sortes des pré-séries) à l’époque, ce qui a contribué à sa mévente…. Aujourd’hui, on sait parfaitement les fiabiliser et les régler…

Bobzer

Le 28/05/2017 à 17:51

la législation française concernant l’homologation d une voiture est extrêmement coûteuse. Un seul artisan connu de ma part (peut être en existe t’il d’autres…mais je n ai pas forcément la culture….) résiste c’est PGO.
En France il n’existe pas de dérogation pour les artisans.

Bobzer

Le 28/05/2017 à 17:54

Pas de salut sans le soutien d’un grand constructeur.

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