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SPORTS CARS

Mega Track : supercar hors-norme taillée pour le désert

PAUL CLÉMENT-COLLIN - 16 juin 2020

Les voitures françaises dotées d’un moteur V12 ne sont pas légion. Avant-guerre, Delage et Delahaye proposèrent un temps ce type de motorisation, mais après-guerre, aucune marque n’alla au-delà du V8 (Facel Vega). Certes, Matra Sports lança un V12 3 litres de sa conception, mais il s’agissait alors d’un moteur dédié à la compétition. Il fallut attendre les années 90 pour voir apparaître deux projets à moteur V12 : De La Chapelle avec son Parcours, un monospace de luxe initié avec un V12 Jaguar avant de se rabattre sur un V8 Mercedes et de rester à l’état de prototype. Et la toute jeune marque Mega, émanation du fabricant de voiturettes Aixam, avec une étonnante Track à moteur V12 Mercedes de 6 litres, rien que cela. Retour sur cette étonnante supercar française, sorte de SUV Coupé sportif ultra-performant avant l’heure.

Tout commence à la fin des années 80. Georges Blain est alors PDG de la petite marque de “microcars” qui monte, Aixam sise à Aix-les-Bains (d’où son nom, contraction d’Aix et d’automobile remplaçant celui d’Arola en 1983). Avec l’ingénieur Philippe Colançon (qui prendra la succession en tant que PDG en 2008 à la mort du premier), ils ont une folle envie : sortir de la voiturette pour devenir une vraie marque automobile selon deux axes : les véhicules de loisirs et/ou utilitaires façon Méhari (lancés en 1992 sous le nom de Club et Ranch) d’un côté, et des véhicules performants et prestigieux de l’autre.

La Mega Track (ici au salon SATCAR de Clermont-Ferrand) dans une teinte grise assez neutre – photos : Fabien Gandilhon

De la voiturette à l’automobile

Tous deux veulent avant tout sortir des sentiers battus, proposer quelque chose de vraiment différent tout en démontrant le potentiel technologique de la société. Aixam à cette époque devient le numéro 1 européen de la voiturette avec des modèles sexy et modernes dotés de monocylindres ou bicylindres Kubota, et la stratégie d’élargissement vers l’automobile “classique” n’est pas totalement idiote, surtout en ces temps d’euphorie. Emportés par la réussite et disposant d’un peu de capital, les deux hommes décident de travailler sur un formidable concept (sur le papier du moins) : un gros coupé 2+2 ultra performant, doté d’un V12 en position centrale arrière, d’énormes pneus et d’une transmission intégrale permettant d’affronter tant le bitume européen ou américain que les sables de la péninsule arabique ou du Sahara : un joujou de choix pour les nombreuses familles royales ou princières des pétromonarchies.

Cela fait déjà quelques années que l’automobile de luxe est particulièrement soutenue par ces “nouveaux riches” du Pétrole, du Qatar aux Émirats, en passant par Brunei. Aston Martin, Bentley et même Ferrari, n’hésitent jamais lorsqu’il s’agit de réaliser des modèles spéciaux pour ces riches clients, peu regardant à la dépense et désireux d’exclusivité. Georges Blain, avec ce coupé sportif et tout-terrain, fait d’ailleurs un appel du pied gros comme une maison en présentant la Track en 1992 au Salon de Paris.

Vedette du Salon de Paris 1992

Pas de doute, c’est assurément l’une des vedettes du salon. Dans une livrée grise pourtant assez neutre, la Track impressionne la foule. En photo, elle ressemble à un coupé sportif avec de gros pneus. En réalité, elle surprend par sa taille démesurée : 5,08 mètres de long, 2,22 mètres de large, et 1,4 mètre en hauteur, en position normale. La voiture possède en effet des suspensions à réglage hydraulique permettant d’adapter la garde au sol au terrain. Un énorme aileron “pelle à tarte” (plutôt bien intégré d’ailleurs) vient apporter de l’appui et renforce l’impression première : nous sommes bien face à un monstre.

Sous le capot arrière, pas de moteur original, trop cher (et trop compliqué) à développer. Mega va faire appel à Mercedes pour lui fournir un V12 M120 de 6 litres développant entre 395 et 408 chevaux selon les sources (l’Auto Journal, en 1993, parle de 408 chevaux). Ce moteur trouve sa place d’habitude sous le capot de la limousine W140 S600 mais propulsera aussi, un peu plus tard, la fameuse Pagani Zonda. Pour la Track, ces chevaux en pagaille ne sont pas superflus pour déplacer ses 2 280 kg. 

Artisanale, chère et inaboutie

Il faut se rappeler qu’à cette époque, et malgré la crise qui pointe, la France semble enfin sortir la tête de l’eau pour ce qui est du sport et du haut de gamme. L’Alpine A610 lancée en 1991 semble une réussite (ce sera finalement un four, signant la mort d’Alpine), Venturi monte en gamme et s’apprête à lancer une version routière de sa Trophy, la 400 GT (l’absence de soutien financier aura raison de la marque) tandis que Mega ose le V12 et la démesure. Toutes ces aventures ne seront finalement que des feux de paille mais croyez-moi, vivre cette époque donnait beaucoup d’espoir. 

Dans le cas de la Track, la voiture tient plus du prototype que de la voiture de série, fabriquée à la main et pas encore totalement au point. Malgré des performances hors normes annoncées (250 km/h bridés), son poids reste conséquent, entraînant une consommation gargantuesque rappelant celle du fameux Lamborghini LM002 des années 80. Certes l’acheteur d’un tel engin n’est pas à ça près, mais tout de même, en tout terrain, on peut atteindre 50 litres aux 100 kilomètres (20 à 25 litres sur route). Cerise sur le gâteau, il faut débourser 1,9 million de francs de l’époque pour s’offrir ce 4×4 improbable, tout en supportant quelques commodos de Peugeot 605. Certes, la transmission intégrale et le look peuvent séduire mais il en faut plus pour une clientèle friande de blasons connus. 

Manque d’image et manque de moyens

Or c’est bien là le problème : personne ne connaît Mega, ou alors via les Club et Ranch alors en production, motorisés par des moteurs de Citroën AX. Bien sûr, Blain a conscience du problème et tente de compenser en engageant la marque dans le Trophée Andros, mais ce n’est pas suffisant pour devenir une marque reconnue internationalement, d’autant que l’image de “fabricant de voiturettes” lui colle à la peau comme un sparadrap au doigt du Capitaine Haddock. De toute façon, on s’aperçoit rapidement qu’un tel engin est un peu trop novateur, et l’entreprise va vite réorienter sa stratégie vers une sportive plus classique, issue de la MCA Centenaire, mais remise à niveau et au goût du jour, la Monte Carlo, elle aussi équipée du V12 Mercedes. Mega finira par jeter l’éponge devant l’investissement nécessaire. La marque cessera par la suite de produire ses Club et Ranch, se recentrant sur des voiturettes utilitaires en complément de la marque Aixam.

Difficile de dire combien d’exemplaires furent réellement produits entre 1993 et sans doute 1999 (date incertaine). Certains parlent de 5 à 6 exemplaires, dont un circule régulièrement à Monaco, avec des plaques autrichiennes (voir la vidéo en fin d’article). Une chose est sûre : pour qui avait 18 ans à cette époque-là (c’est mon cas), la Track est restée gravée dans les mémoires et rouler un jour dans un tel monstre reste encore un rêve. Véritable prototype roulant, la Track n’a pas de cote et ne peut se négocier qu’entre passionnés fortunés : dommage pour moi.


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