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Mercedes SL et SLC (R107 et C107) : l’amour sans risque

- 2 août 2022

Après 48 912 exemplaires produits de sa SL W113 Pagode, Mercedes se devait de remettre en jeu une nouvelle SL, notamment pour la clientèle américaine, sans se douter que les R107 (cabriolet) et C107 (coupé) allaient exploser les compteurs, et durer jusqu’à la fin des années 80 (pour le R107 du moins). Avec près de 20 ans de carrière, la SL « nouvelle mouture » allait marquer de son empreinte deux décennies, devenant le symbole de la réussite, du showbiz et des années frics. Une fois mise en retraite commerciale, la SL passa rapidement aux yeux des amateurs dans le domaine de la collection, évitant de rester trop longtemps dans la zone trouble de l’occasion. Avec ses multiples moteurs, sa large diffusion et sa qualité « à l’allemande », elle demeure un must-have abordable (enfin, tout est relatif) et surtout tellement attachant.

Pas vraiment sportive, mais elle en jette !

Pour qui est né dans les années 70, c’est comme si la R107 avait toujours existé, dans les rues comme à la télévision ou au cinéma, et ce malgré son statut de voiture de luxe. Il faut d’ailleurs bien garder à l’esprit qu’il ne s’agit absolument pas d’une voiture de sport. La précédente SL (la W113) s’était vendue à près de 40 % aux USA et il était clair, dans les esprits des concepteurs des R/C107, que son héritière serait conçue en priorité pour le marché américain. Ainsi, au lancement en 1971, pas d’autre option qu’un V8 de 4.5 litres de « seulement » 195 chevaux (pour les USA) ou 3.5 et 200 ch (pour le reste du monde) : priorité au son des 8 cylindres, au couple, et au cruising à l’américaine. De toute façon, son poids et son châssis vous rappelleront vite ses limites en conduites sportives. Il faut vraiment envisager le R107 (tout comme le C107) comme un outil de plaisir simple : décapoté, pépère en virage, et pourquoi pas véloce en ligne droite. De toute façon, la SL était à l’époque un signe extérieur de réussite plus qu’un objet de pilotage.

Pour réaliser leur nouveau couple roadster/coupé, les designers allemands (Joseph Gallitzendörfer et Freidrich Geiger) allaient la jouer fine : les W107 restaient dans la lignée des W113 sur le principe mais s’en détachaient suffisamment pour paraître en rupture. Osant abandonner le toit Pagode si caractéristique (et dû au designer français Paul Bracq), la R107 initiait le nouveau design Mercedes qui deviendra un classique et qu’on verra un an plus tard sur la nouvelle Classe S W116. Adieu les phares avant verticaux de sa devancière (ou de la berline W114 dont elle dérive techniquement), place aux phares horizontaux (à l’avant comme à l’arrière). Les feux arrière inauguraient ce qui deviendra une signature : un dessin « rayé » antisalissure ! Entre l’aînée et la cadette, on changeait de monde, la première restant très sixties (non sans rappeler les regrettées Facelia) quand la seconde semblait encore dans le coup en 1989 à son remplacement, preuve de la modernité de sa ligne.

Simplicité, sobriété et exotisme !

Parfois, en matière de design, il suffit de rester simple pour faire mouche. Dans le cas de la R107, et vue de profil, elle semble symétrique (bien que l’arrière soit plus court que l’avant), surtout décapotée. Long capot plat, finesse de ligne, c’est simple mais cela fonctionne encore aujourd’hui. Mais c’est bien connu : être sobre est l’exercice le plus difficile qui soit pour un designer. Malheureusement, la réglementation américaine imposait des pare-chocs plus imposants, dénaturant un peu le dessin pourtant si léger de la W107. Dans les années 80, les modèles US réussiront à réduire ce handicap visuel sans totalement l’effacer, mais pour certains, ces versions dotées de doubles phares avant (là encore, la législation US l’imposait) possèdent un charme quasi exotique !

Dès le lancement, la W107 est prévue en deux versions : la R107 désigne le roadster, appelé SL (disponible avec un hard-top) tandis que la C107 désigne le coupé, appelé SLC. Comme il fallait s’y attendre, le roadster plus polyvalent se vendra bien mieux que le coupé qui tirera sa révérence en 1981, après 62 888 exemplaires tout de même, à comparer aux 237 287 SL avec 8 années de production en plus.

Côtés moteurs, l’offre des SL et SLC était pléthorique. Au V8 du départ (350 SL) s’ajouteront ensuite un 4.2 litres sur la 450 SL en 1973 (225 ch mais 195 seulement pour les USA) puis un 6 cylindres en ligne d’entrée de gamme en 1974 sur la 280 SL (2.8 litres et 185 chevaux). Sur ces 3 moteurs, les puissances évolueront au fur et à mesure des millésimes. En 1980, de nouveaux moteurs apparaissaient : V8 3.8 218 ch ou 157 ch pour les USA (380 SL qui remplacent la 350 CL), et 5 litres et 225 chevaux (500 SL).

En 1986, une nouvelle vague de nouveaux moteurs vient redynamiser une R107 vieillissante : la 300 SL remplace la 280 SL (L6 3 litres de 180 ch), la 420 SL remplace la 380 SL (V8 4.2 204 ch), la 500 SL passe à 245 chevaux, tandis que les USA, le Canada, l’Australie et le Japon s’offrent une version spécifique, la 560 SL avec un gros V8 de 5.5 litres ne développant pourtant que 227 chevaux. Etrangement, cette version 560 moins puissante que la 500 SL se vendra plutôt bien, avec 49 347 exemplaires en 4 ans seulement, maintenant les ventes globales à des niveaux respectables avant que la SL R129 ne prenne le relais en 1989 !

Plus généralement, les R/C107 connurent le succès autant par la qualité de l’offre, parfaitement adaptée au marché principal américain que par l’image qu’ils renvoyaient. Jonathan et Jennifer Hart, Alex Foley (Eddie Murphy dans le Flic de Beverly Hills), Bobby Ewing, autant de personnages de fictions se pavanant en R107, signe d’une certaine richesse et d’un positionnement social particulier ! Même Sylvia Kristel (bien connue des amateurs d’Emmanuelle) en fit la promotion, tout comme Bruce Lee : riches américains, stars du show bizz, bourgeoises en vison Avenue Foch, la R107 allait à tous ceux dont le portefeuille était bien garni.

Sylvia Kristel fait la promotion de la SL R107 en 1973

Idéale pour les nostalgiques, les amateurs de gros V8, de qualité allemande et de luxe discret, la R107 commence à coûter relativement cher (environ 45 000 euros pour une 450 SL) : peut-être faudra-t-il se rabattre sur une version C107 cotant généralement moitié moins ! Quoi qu’il en soit, l’offre n’est pas rare, et tout dépendra de l’état de la voiture : mais le plaisir de se replonger dans le glamour des années 70 et 80 est à ce prix !

Crédit photographique : Daimler AG, DR


CARACTERISTIQUES TECHNIQUES MERCEDES 500 SL R107

Motorisation

Moteur V8 16 soupapes
Cylindrée 4973 cc
Alimentation Injection électronique
Puissance 245 ch à 4650 trs/min
Couple 40 Mkg à 3750 trs/min

Transmission

Roues motrices arrière
Boîte de vitesses BVA à 5 rapports

Dimensions

Longueur 4580 mm
Largeur 1791 mm
Hauteur 1298 mm
Poids à vide 1520 kg

Performances

Vitesse maxi 230 km/h
Production 11 812 ex (500 SL uniquement, de 1980 à 1985)

Tarif

Cote moyenne 2018 48 000 euros

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