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Bill Thomas Cheetah : concurrente malheureuse de la Cobra

PAUL CLÉMENT-COLLIN - 18 févr. 2018

La Cheetah est typiquement une bagnole que l’on connaît sans connaître. Sa silhouette semblable à nulle autre en est sans doute la raison, avec cet arrière tronqué et ce long capot avant, cachant à peine un moteur placé en position centrale avant ! Née dans les années 60, concurrente malheureuse de l’AC Cobra produite par Shelby, elle n’eut malheureusement pas le même destin, devenant aujourd’hui beaucoup plus rare, et donc beaucoup plus désirable.

Pour nos autres, européens, Cheetah est un nom qui nous rappelle le désert : il s’agissait du nom du prototype de la Lamborghini LM002, celui qui aurait pu ou du séduire l’armée américaine (lire aussi : Lamborghini LM002). Mais pour les américains, ce patronyme automobile rappelle les folles années 60, où les sorciers les plus fous tentaient de sortir les voitures les plus délirantes et les plus puissantes. Caroll Shelby sortira du lot, mais William Thomas, dit Bill, rentrera dans la légende malgré une production de moins de 20 voitures entre 1963 et 1965.

Les ateliers de la Bill Thomas Race Cars

Pourquoi la Cheetah marqua-t-elle tant les esprits ? Sûrement parce que son rapport poids/puissance était sans commune mesure (520 chevaux pour 775 kg), lui offrant des performances hallucinantes tant que la route était droite, et qu’elle devenait incontrôlable dès le premier virage. Sans doute aussi parce qu’elle offrait tous les poncifs de la sportive fantasmée de ces années là : musculeuse, exprimant la puissance, volontairement déséquilibrée par la présence du moteur central avant en partie visible, portes « gullwing », gros pneus, échappements latéraux. Et puis bien sûr ce moteur de Corvette, un V8 327ci retravaillé pour passer à 377ci et développer ces fameux 520 poneys, placé entre les jambes du conducteur, et réchauffant l’habitacle au point de le transformer en sauna.

Toute cette histoire commençe en 1960, lorsque Bill Thomas, jusqu’alors chargé de « coursifier » des Corvette chez CS Mead Motor, se décide à créer sa propre officine, sobrement appelée Bill Thomas Race Car. Il va alors faire ce qu’il sait faire le mieux : préparer des Chevrolet, la plupart du temps avec le soutien de General Motors, intéressé par ses travaux. Le projet de la Cheetah, présenté en 1963 à la puissante GM, n’est alors qu’un « show car » roulant, en aluminium, destinée à prouver le savoir faire de la petite société. Pourtant, GM va déceler le potentiel de course que la Corvette C2 récemment sortie n’a pas ! Dès lors, le financement venu de Détroit permettra de lancer le projet à plus grande échelle.

L’idée de Bill Thomas est double : proposer la Cheetah à une clientèle éclairée désireuse de s’investir dans la course, et en dériver une version « de route ». Pour GM, la Cheetah est une réponse peu coûteuse à la Cobra motorisée par son rival, Ford. En outre, elle pourrait être une excellente base pour des compétitions officielles, avec Le Mans en ligne de mire (Shelby de son côté, s’attaque à la même époque ou presque à la Daytona avec le même objectif). En 1963, la FIA n’impose encore que 100 exemplaires d’homologation, et il semble tout à fait concevable d’atteindre ce quota.

Les premiers exemplaires commencent à être monter dès 1963. Si le deuxième modèle est lui aussi en aluminium, les suivants recevront tous la fameuse carrosserie en fibre de verre. Mais dès cette année-là, Bill Thomas commence à travailler sur son vrai projet : la Super Cheetah, cette fameuse version routière, plus longue, plus civilisée, plus aboutie et destinée à une plus grande production. C’est à elle aussi que Thomas destine de courir au Mans. Cependant, les ambitions des uns (Thomas) perturbent parfois les ambitions des autres (GM).

Bill Thomas présente début 64 son projet aux pontes de la General Motors. Trop confiant, l’homme pense que son projet va convaincre une GM emballée de mettre plus d’argent. A contrario, la Super Cheetah va plutôt effrayer les hommes de Détroit. Financer une petite série de Cheetah, une voiture brutale, destinée aux spécialistes et potentiellement capable de briller en course est une chose, mettre beaucoup plus d’argent sur la table pour financer une concurrente de sa propre Corvette sur le marché civile en est une autre. Surtout qu’entre temps, la réglementation FIA a changé : ce n’est plus 100 voitures qu’il est nécessaire de fabriquer dans sa catégorie, mais 1000. Le projet prend une toute autre tournure qui ne plaît pas vraiment à GM. Et dans ces cas-là, elle ne fait pas de cadeau et va tout bonnement retirer son soutien à Bill Thomas. Avec le changement de réglementation, ses Cheetah vont devoir se bagarrer avec la catégorie supérieure. En outre, sans l’argent de GM, adieu projet de Super Cheetah (dont le prototype inachevé était basé sur la Cheetah n°1 en alu, et qui ressurgira 40 ans plus tard).

Malgré cela, Bill Thomas y croit encore et fabrique en petite série sa Cheetah. 33 carrosseries en fibre de verre seront commandés, et 19 châssis tubulaires fabriqués. Mais il semblerait que seules 10 voitures seront vraiment montées (enfin 11, si l’on considère que la n°1 deviendra la n°11 alias Super Cheetah). Cela dit, les chiffres sont confus, sans compter que la société Fibreglass Trends, qui devait prendre le relais de Contemporary Fibreglass pour produire les carrosseries, réalisera des répliques à partir de 1965 appelées GTR et dédiées aux « dragraces » (vendues sans moteur, avec un châssis tubulaire maison).

Les GTR de Fibreglass Trends, produites entre 65 et 83, ont un pilier A différent

1965 justement, parlons-en. Alors que Bill Thomas croit encore en son projet malgré le retrait de General Motors et la prédominance en course de voitures à moteur central arrière plus équilibrées (lire aussi : duel Ferrari / Ford au Mans). Pourtant, rien ne va se passer comme prévu, un incendie venant ravager l’usine : il était temps pour Bill de jeter l’éponge.

Les dessins du projet Super Cheetah qui sera entamé sur l’exemplaire n°1 et racheté par Bob Auxier en 2011 pour restauration

L’aventure ne s’arrête pourtant pas là : en 2001, Bob Auxier va convaincre un Bill Thomas âgé de 80 ans, de produire à nouveau la Cheetah sous la marque BTM. Environ 46 exemplaires seront construits jusqu’à la mort de Thomas en 2009, avant que ses héritiers ne fassent cesser la fabrication. Quand à la Super Cheetah, elle fut récupérée en 1970 par Don Edmunds, l’un des principaux techniciens de l’aventure, pour la modique somme de 300 $. Il la revendra en 1971 à William Duke, de Memphis, qui la remisera dans une grange en attendant une restauration qui ne vint jamais. Elle sera finalement rachetée en 2011 par Bob Auxier justement.

Une BTM parmi les 46 produites par Auxier entre 2001 et 2009, et certifiées authentiques par Bill Thomas

Autant vous dire qu’acheter une Cheetah originale ne sera pas évident puisqu’on en dénombre 9, 10 avec cette dernière Super Cheetah. Il sera sans doute plus facile de se rabattre sur une BTM des années 2000, dont les certificats d’authenticité ont été signés par Bill Thomas lui-même et ne sont donc pas des répliques. Enfin, il existe un certain nombre de répliques fabriquées par Fibreglass Trends en circulation.

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