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CLASSICS

MGA : le roadster du renouveau

PAUL CLÉMENT-COLLIN - 5 juin 2020

On l’oublie souvent tant les “petites MG” vantées par la “Nouvelle vague” de Richard Anthony semblent si bien représenter l’époque bénie des fifties et des sixties, mais la petite marque anglaise, au début des années 50, n’était pas aussi fringante. Avec au catalogue l’unique et antédiluvien TF Midget, dernier rejeton des T-series, MG n’est plus vraiment à son avantage. Heureusement, le petit constructeur anglais se reprend et lance enfin une voiture d’allure moderne, prête à séduire la jeunesse européenne et américaine, la MGA.

Lorsque la petite MGA est présentée en 1955, il était vraiment temps. Les T-Series faisaient le job depuis 1936 mais il suffisait de regarder la TF pour s’apercevoir que ce petit roadster était totalement dépassé. Certes, en passant de TD à TF en 1953, la voiture avait retrouvé un peu de sex-appeal, ressemblant à une Morgan Plus 4, mais le poids des ans était passé par là. Certes encore, les T-Series avaient conquis les GI’s américains basés en Europe qui s’étaient empressés de la populariser aux USA, mais il devenait difficile de tirer trop longtemps sur l’élastique.

Un nouveau modèle en urgence pour sauver MG

Il faut dire qu’à l’époque, la priorité du groupe British Motors Corporation n’était pas au relancement de la marque MG qui vivait sur ses acquis, mais plutôt au développement d’Austin-Healey. Pourtant, l’ingénieur Sydney Enever s’était attaché à rendre plus sexy mais surtout plus performante une MG TD en redessinant sa carrosserie dès 1951. En 1952, un deuxième prototype montrait la voie à suivre mais la décision de remplacer la T tardait à venir. Mais c’est dans la tourmente et l’urgence que parfois naissent les modèles salvateurs. Ce sera le cas pour la MGA qui ne devra sa validation en 1954 qu’à la baisse dramatique des ventes de la TF. 

Justement, Sydney Enever est nommé cette année-là ingénieur en chef chez MG. Obtenant du patron de BMC, Leonard Lord, le droit de lancer son projet malgré les accords signés par Austin avec Healey, Enever va réunir une équipe qui, en dix mois, créera le nouveau modèle malgré un budget riquiqui. D’ailleurs, cela se sent car si la carrosserie est moderne, la base reste, elle, très classique. La MGA conserve ainsi le châssis séparé de la TF, bien qu’un peu modifié et permettant une assise plus basse. De même, elle conserve le 4 cylindres culbuté de 1,5 litres développant seulement 68 chevaux. Pour arrêter le petit roadster, il ne faudra compter que sur quatre freins à tambour.

Un joli roadster suivi d’un coupé

Mais peu importe car la voiture a tout de même quelques qualités : d’abord elle est jolie. Sa carrosserie est moderne, élégante et tout en galbe, séduisant immédiatement une clientèle jeune et/ou féminine. L’intérieur est quant à lui sobre mais de bon goût. En outre, la voiture est légère, tout comme son prix relativement bas obtenu par l’utilisation d’une base connue et éprouvée. Pour mettre toutes les chances de son côté, la MGA s’offre une version coupé dès 1956, tout aussi craquante que le roadster (plus même, diront certains) et on profite de l’occasion pour proposer quelques chevaux de plus, atteignant le chiffre faramineux de 72.

C’est en 1958 que la MGA atteindra enfin une puissance respectable. Dénommée Twin Cam, cette version reçoit un 1 588 cc à double arbre à cames en tête et à culasse aluminium capable de sortir 108 chevaux tout de même. Avec toute cette cavalerie, la MGA devient enfin performante. Problème, ce moteur s’avère très très très fragile, cassant rapidement ! Ce modèle pourtant prometteur ne tiendra pas deux ans, quittant le catalogue en 1960 après 2 111 exemplaires seulement. Entre temps, MG a lancé en 1959 la version 1600, de même cylindrée que la Twin Cam, plus fiable mais aussi moins puissante. C’est toujours mieux que la MGA 1500 qu’elle remplace, avec 78 chevaux. En 1961, la MGA 1600 devient MkII et offre enfin une cavalerie décente avec 91 chevaux. En 1962, elle laisse sa place à la MGB, encore plus sexy et surtout bien plus moderne avec son châssis monocoque, son moteur “5 paliers” et sa boîte entièrement synchronisée.

Succès américain et emblème de la jeunesse dorée

Certes, la MGA n’était pas en soi une révolution, ni la meilleure voiture du moment, mais il faut bien l’admettre, elle était un excellent compromis entre plaisir, sensations, look et prix abordable. Cet équilibre permettait à la MGA de séduire largement, et particulièrement à l’exportation. Les GI’s avaient converti l’Amérique au roadster avec la MG TD, désormais, les jeunes aisés voulaient le roadster “moderne” avec la MGA ! La preuve ? Sur les 101 081 exemplaires produits (un record pour MG), seuls 5 869 furent vendus dans leur mère patrie, le Royaume Uni. Ce succès à l’export fit beaucoup pour la renommée de MG mais aussi pour ses finances, faisant rentrer de précieuses devises au pays.

On l’aura compris, il faut prendre la MGA pour ce qu’elle est : un excellent compromis. Ne cherchez pas la sportivité, même pas chez la rare Twin Cam, mais plutôt le plaisir de rouler cheveux au vent (si vous choisissez le roadster, of course) dans un cabriolet emblématique de la fin des années 50 et du début des années 60. Moins connue que la MGB, moins recherchée aussi, moins moderne également, la MGA saura malgré tout distiller son plaisir. Un coupé coûtera moins cher car moins recherché tant les amateurs du modèle préfèrent l’effet nostalgique du cabriolet.

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