Renault Initiale Concept 1995 : l'espoir déçu d'un premium à la française
À cette époque, les constructeurs français tâtonnaient en haut de gamme, mais n’avaient pas encore abandonné (fui ?) le créneau. Renault vendait une Safrane dotée de versions Baccara (luxe) et Biturbo (sport, lire aussi: Safrane Biturbo). Peugeot et Citroën proposaient quand à eux des 605 et XM plutôt intéressantes mais entachées par des débuts cahotiques (lire aussi:Peugeot 605 SV24 et Citroën XM V6). Mais rien n’était perdu. Du moins le croyait-on.
Surtout qu’en 1995 donc, Renault présente ce superbe concept-car qui se veut l’expression de la voiture de luxe à la française. Ligne originale, moteur sportif, intérieur luxueux signé Fabio Filippini (et inspiré par la Lounge Chair du designer américain Charles Eames). Tout y est pour que le quidam y croie. Et j’y ai cru à l’époque. Il faut dire qu’un V10 de Formule 1 de 3,5 litres et 392 chevaux, c’est tentant. Renault nous avait déjà fait le coup avec l’Espace F1 (disposant quant à elle de 820 ch, lire aussi: Espace F1) en 1994, cette folle année où tout semblait possible.
Dessinée par Patrick Le Quément, l’Initiale n’est pas tout de suite belle… Ce n’est qu’à l’usage (et peut-être 20 ans après) qu’on se rend compte de l’originalité de son design. Surtout après avoir connu la Vel Satis, sorte de clone hypertrophié et surélevé de ce concept… initial. Elle a des petits airs de 40 CV ou de Reinastella, les prestigieuses Renault d’avant-guerre, sans pour autant les singer.
Elle a surtout un style bien à elle, qui sera à mon sens dévoyé par la Vel Satis, qui perdra son côté dynamique pour tendre vers le monospace (elle ne se vendra qu’à 65 000 exemplaires entre 2002 et 2009, lire aussi: Renault Vel Satis). Si bien entendu, il semblait difficile de produire telle quelle cette Initiale en série, il est bien dommage qu’elle ait donné naissance in fine à quelque chose d’aussi éloigné du concept. Car l’Initiale touchait du doigt ce que devait représenter un haut de gamme français, s’associant à une marque telle que Vuitton (qui réalisera la ligne de bagages spécifique à l’auto) et proposant un profil original tout en restant désirable.
Ce concept-car sonnera finalement le glas des ambitions françaises sur le créneau premium, malgré les 10 millions de francs d’investissement qu’il représentait (soit 2,4 millions d’euros d’aujourd’hui). Peut-être qu’un jour une marque française reprendra le flambeau, qui sait ?





