« Super » Panhard 24 CT : la sportive abordable refusée par Citroën
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« Super » Panhard 24 CT : la sportive abordable refusée par Citroën

Par Paul Clément-Collin - 23/08/2022

C’est en juillet 1967 que les dernières Panhard 24 tombèrent des chaînes (lire aussi : Panhard 24), signant la fin de la marque doyenne passée totalement dans le giron de Citroën deux ans plus tôt, en 1965 (Citroën était déjà actionnaire minoritaire de Panhard depuis la fin des années 50. La firme du Quai d’Ivry, trop petite et sans moyens financiers, n’avait d’autre choix que de se laisser croquer par les chevrons. Pourtant, son dernier modèle, la 24, semblait posséder un potentiel intéressant et aurait pu survivre aux côté des ID, DS, Ami6 et 2CV de Citroën.

Photo de l'époque de la Panhard 24 CT

Dès le lancement de la 24 en 1963, des déclinaisons sont imaginées, que ce soit en berline 4 portes ou cabriolet. Le manque de moyen empêcha de développer tout de suite une gamme, et la prise de contrôle de Citroën changea la donne. Avec le recul, le rachat par Citroën donne l’impression d’un rachat pur et simple des moyens de production de Panhard sans volonté de faire perdurer la marque. Pourtant, en cette année 1967, il subsite encore des espoirs de prolonger la carrière de la 24.

Dans l’idée de certains chez Panhard, mais aussi chez Citroën, l’alliance des deux marques pourrait donner naissance à un modèle inexistant dans la gamme : un coupé 4 places haute performance. C’est ainsi que deux prototypes seront réalisés cette année là, mélangeant la technologie des uns et des autres.

Vue de derrière de la Panhard 24 CT

L’idée est simple : positionner Panhard comme la marque « sport et luxe » abordable du nouveau groupe automobile, en adaptant à la 24 CT des mécaniques Citroën plus puissantes, une suspension hydraulique et la direction Diravi par exemple. Dans l’idée des défenseurs du projet, une production de 15 000 exemplaires serait possible (notamment grâce à Chausson qui produit les carrosseries de 24), et permettrait une homologation pour des déclinaisons sportives.

Côté moteur, le premier prototype (toujours conservé au conservatoire Citroën), immatriculé 5269 UP 75, reçoit le 4 cylindres 2,1 litres de la DS21, offrant 123 ch SAE. Il sera ensuite modifié pour obtenir 130 ch SAE. Le deuxième prototype recevra lui un inédit 4 cylindres 2 litres développant 143 ch SAE. Pas mal quant on connaît la légèreté de la 24, et sa tenue de route. Sans compter la suspension hydropneumatique ! Le tout permettant d’atteindre 200 km/h pour le premier proto, et 208 pour le second. Les deux modèles se caractérisent par un capot avant allongé permettant d’acccueillir ces « gros moteurs » ainsi que par des ouïes d’aération latérales, l’arrière restant inchangé mis à part l’échapppement.

Baie moteur de la « Super » Panhard 24 CT

Pourtant, ces deux 24 « spéciales » ne furent jamais produites. Plusieurs raisons à cela : d’abord, Pierre Bercot, le patron de Citroën, n’a pas beaucoup d’estime pour Panhard ; ensuite se profile la possibilité de créer une Super DS (qui deviendra la SM) qui n’aura surement pas besoin d’une concurrence interne moins chère et presque aussi performante.

En fait tout est bien une affaire de calendrier (même si les choses sont floues) : les contacts avec Maserati sont pris dès 1966 (et le rachat sera acté en janvier 1968, lire aussi : Maserati Khamsin). On comprend bien qu’en cette année 1967, les efforts de Panhard pour survivre n’ont que peu de poids face au développement d’un V6 Maserati et les projets qui donneront naissance à la SM. C’est la 24 qui en fera les frais, et par là même Panhard. Pierre Bercot a désormais d’ambitieux projets, et s’apprête à prendre le contrôle d’une marque autrement plus prestigieuse (à ses yeux), permettant de hisser Citroën vers le haut de gamme.

Panhard 24 CT capot ouvert

Le premier prototype sera donc remisé, tandis que le deuxième recevra en 1970 un moteur V6 de 240 ch (d’origine Maserati), sans doute pour servir de mulet à la futuer SM (lire aussi : Citroën SM). Dommage, car une association de 3 marques complémentaires – Citroën (généraliste), Panhard (sportive populaire) et Maserati (grand tourisme) – aurait été intelligente. Hélas, l’histoire s’écrira autrement !

Pour en savoir plus :

https://panhard.racing.free.fr/?page_id=1228

https://www.citroen-ds-id.com/ds/DS_Cit_Panhard_Proto.html

Images : Panhard Racing et Citroen-ds-id.com

Paul Clément-Collin

Paul Clément-Collin

Paul Clément-Collin est une figure reconnue du journalisme automobile français. Fondateur du site culte Boîtier Rouge, sacré meilleur blog auto aux Golden Blog Awards 2014 et cité parmi les médias auto les plus influents par Teads/eBuzzing et l’étude Scanblog Advent, il a ensuite été rédacteur en chef de CarJager et collaborateur de Top Gear Magazine France. Journaliste indépendant, spécialiste des voitures oubliées, rares, iconiques ou mal-aimées, il cultive une écriture passionnée et documentée, mêlant culture auto, design, histoire et anecdotes authentiques, et intervient également sur des événements majeurs comme le Mondial de l’Auto.

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