Simca Plein Ciel / Océane : du sang Facel dans les veines

Publié le samedi 19 juillet 2014.
Mis à jour le mercredi 18 septembre 2019.
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Vous rêvez d’une Facel Vega sans en avoir les moyens ? J’ai peut-être trouvé la solution à votre problème. Et si vous achetiez une Simca ? Oh je vois votre sourire sarcastique. Pour vous, Simca ce sont sans doute les souvenirs des années 60 et 70, d’une marque populaire, croquée par Chrysler puis par Peugeot pour enfanter Talbot. Vous n’aurez pas vraiment tort. Mais dans les années 50, ce n’est pas tout à fait le cas.

Je ne vous referai pas tout l’historique de Simca, mais c’est une marque issue de plusieurs mondes au gré des rachats et des modes. Créée à l’origine pour construire des Fiat en France, le constructeur, sous la houlette de l’italien Enrico Pigozzi (qui francisera son prénom en Henri, lire aussi: Henri Pigozzi) prendra peu à peu le large de Fiat, rachetant la filiale française de Ford et intégrant les luxueuses Ford Vedette à moteur V8 à son catalogue. Chrysler rentrera au capital en 1958, puis prendra la majorité en 1962. Enfin, en 1978, Peugeot rachètera l’ensemble des filiales européennes de Chrysler, dont Simca. Voilà pour un très grand raccourci (lire aussi: le rachat de Chrysler Europe).

Toujours est-il que dans les années 50, avec le rachat de Ford France, la marque propose aussi des modèles de luxe, notamment la Simca Vedette/Versailles. Pigozzi se fait fort aussi de décliner ses modèles « à l’américaine », privilégiant le look. C’est dans ce contexte que seront présentés en 1956 au Salon de Paris les versions cabriolet et coupé de l’Aronde P60, dénommée Océane (cabriolet) et Plein Ciel (coupé, paradoxalement).

Niveau look, c’est l’Amérique en réduction. Et autant dire que le résultat n’est pas mal. Les deux sœurs séduisent, et sont dotées successivement d’un 1 300 cm3 « Flash Special » de 57 ch, puis du « Rush Super » de 62 ch, et enfin à la fin de leur carrière du « Super M » de 70 ch. Elégantes et racées, les Plein Ciel et Océane, destinées à de moindres volumes, ne sont pas fabriquées à Poissy, mais chez Facel Vega à Colombes. D’où ma petite plaisanterie en titre de cet article : si elles n’en portent pas le nom, ces deux voitures sont un peu des Facel !

Les Plein Ciel et l’Océane, bien nées et bien fabriquées, ne rencontrèrent cependant pas le succès escompté par Henri Pigozzi. La faute sans doute à un prix trop élevé (le double d’une Aronde). Surtout, la concurrence française finit par réagir : outre la Peugeot 403 cabriolet elle aussi peu diffusée (lire aussi : Peugeot 403 Cabriolet), c’est Renault qui donnera le coup de grâce avec sa Floride bien plus abordable.

La production s’arrêtera donc 6 ans après son lancement, en 1962, après 1 424 exemplaires fabriqués. C’est le coupé Simca 1000 qui leur succèdera, dessiné en Italie chez Bertone (lire aussi: Simca 1000 et 1200 S Coupés) . Aujourd’hui, le problème sera surtout d’en trouvé un exemplaire vu la rareté du duo, sans parler de sa cote qui ne cesse de monter.

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6 commentaires

Louise M

Le 04/08/2015 à 15:37

Article très bien écrit et surtout très agréable à lire pour une curieuse de vieux objets…( il m’a juste manqué des légendes au-dessus des photographies).

Continue ainsi !!!!

Louise

Paul

Le 05/08/2015 à 11:23

Merci pour ces encouragements 😉

Denis the Pest

Le 04/03/2016 à 23:27

Les Simca « sport » comme on disait à l’époque ont été crées au début des années cinquante.
Le premier cabriolet avait été dessiné par Pinin Farina et je crois, si je ne me trompe pas, qu’il avait le soubassement de la Simca 8. Il s’était illustré au rallye de Monte Carlo.
Puis Simca a lancé le coupé Week End sur la base de l’Aronde, déjà proche des Océane et Plein Ciel, je me demande même si Facel ne fabriquait pas déjà ces jolies voitures.
Merci de nous remettre en mémoire cette époque où nos constructeurs avaient encore un peu de fantaisie.

Docteur Oliv

Le 27/07/2017 à 16:31

Tonton Jean, le frère de ma Mère, avait une plein ciel et je trouvais cela plus joli (et plus Vroum vroum ) que la 403 paternelle. La lunette AR était en 2 parties, j’ai su bien plus tard que c’était à cause de sa courbure exceptionnelle pour l’époque.
Par ailleurs, pas de banquette mais un « Bac à chiens » comme disait ma mère ! juste un bout de moquette, pas de rembourrage.

Choco

Le 04/07/2018 à 10:53

Je suis arrivé ici par l’article sur la Ford Comète.
Pour avoir croisé à plusieurs reprise la Plein Ciel lors de rassemblements historiques, c’est vraiment une réussite esthétique. D’ailleurs la première fois, de loin, j’ai cru à une Thunderbird !

Patrice

Le 19/09/2019 à 13:22

tres bon article. Enfant, j’etais conduit a l’ecole dans un cabriolet Simca 8 Sport; je m’en souviens tres bien. Vous avez oublie de dire que cette voiture avait ete dessinnee par les Sabilimenti Farina, a ne pas confondre avec Pinin Farina. pour le reste, Simca je connais; ji longtemps conduit une Etile Six Super, remarquable par son equilibre et son elegance discrete.c’est alors que surgit la Peugeot 204..

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