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Citroën Méhari Plage : série spéciale pour la péninsule ibérique

PAUL CLÉMENT-COLLIN - 8 mai 2018

La Méhari n’est pas née pour être une voiture « branchée » : elle l’est devenue au fur et à mesure, et par la force des choses, du moins de son vivant. C’est allé de pire en pire ensuite, une fois les derniers exemplaires tombés des chaînes. Contrairement aux idées reçues, et à sa sœur 2CV, la Méhari n’a jamais été un succès commercial extraordinaire : seule sa longévité lui aura permis d’atteindre un chiffre de production à 6 chiffres, mais commençant par un 1 (144 953 exemplaires pour être précis, lire aussi : l’histoire de la Méhari). Pour doper ses ventes au début des années 80, Citroën va donc opter pour des séries spéciales destinée à la nouvelle clientèle plus « huppée », l’Azur en France, et la Plage en Espagne et au Portugal.

La Méhari Azur, série spéciale de 700 ex qui intègrera ensuite le catalogue en France

La Méhari a dès le départ été un produit de niche. Elle ne se sera vendue annuellement à plus de 10 000 exemplaires qu’entre 1969 (première année pleine) et 1974 (pic de production avec 13 910 exemplaires). Ensuite, elle végétera aux alentours de 9000 exemplaires, avant de chuter au début des années 80, au point qu’en 1982, Citroën ne le sait pas mais elle a déjà vendu 93 % de la production totale (qui durera jusqu’en 1987). C’est depuis longtemps le chant du Cygne, la voiture est relativement chère (corollaire de sa faible production), tout en apportant pas grand chose niveau équipement. Il ne s’agit plus de donner un coup de fouet aux ventes désormais, mais d’éviter la dégringolade.

La Plage, destinée à l’Espagne et au Portugal, est jaune, elle !

Les hommes du marketing Citroën sont observateurs : la Méhari du début, à la limite de l’utilitaire, est devenue une voiture de plage. Pour limiter la casse, on va donc lui donner à peu de frais ce qu’attend la nouvelle clientèle : un côté balnéaire visible du premier coup d’oeil. En France, on l’appellera Azur, et pour accentuer le côté maritime, on la dotera d’une couleur blanche, sauf les deux portes bleues, d’une capote (à l’accrochage spécifique) bleue, de sièges rayés bleu et blanc, de jantes spécifiques, d’une sérigraphie « Azur » et puis c’est à peu près tout, pour 4000 francs de plus qu’un modèle « classique ». Contre toute attente, ça marche, et les 700 exemplaires initialement prévus se transformeront ensuite en un modèle intégré à la gamme.

La même année (1983), on se dit qu’on va appliquer les mêmes recettes en Espagne et au Portugal (la Méhari est assemblée à Mangualde). Mais si la plage, en France, est assimilée au bleu de la mer, et au blanc des nuages, dans la péninsule ibérique, c’est plus le jaune du sable et du soleil qui personnifie « la playa ». Pour donner un côté chic, on n’appellera cette série spéciale « Playa » justement, mais « Plage » histoire de rappeler le côté français de l’affaire, sans doute.

La Plage reprend la même méthode assez cheap de l’Azur (un peu de cosmétique) mais change dans la forme : couleur unique jaune Acatama sur toute la carrosserie, à l’exception des jantes blanches identiques à l’Azur, capote jaune, logo « Plage », et bavette arrière. Comme sa sœur Azur, c’est le bicylindre 602 cm3 et 29 chevaux qui s’y colle pour mouvoir la bête.

Même recette donc, mais pas mêmes effets : le niveau de vie de l’Espagne et du Portugal n’est pas encore identique à celui de la France, et nos amis ibères ne semblent pas prêts à mettre la main au portefeuille pour si peu. Prévue pour 500 exemplaires, il n’est même pas dit que la Plage ait jamais atteint ce chiffre de production, et Citroën ne la mentionne même pas dans son récapitulatif des séries spéciales.

Pourtant, un exemplaire (celui des photos) est précieusement conservé dans les réserves de Citroën, désormais situées à Poissy après avoir quitté Aulnay, encore dans un état proche du neuf. Pour un collectionneur averti, une Plage aura donc plus de valeur qu’une Azur plus répandue (et donc les réplique pullulent : une vrai voiture BR en somme !


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