
Il achète une Aston Martin V8 Vantage avec plus de 500 000 km au compteur
Une Aston Martin affichant plus d’un demi-million de kilomètres. 515 309 km au compteur, un V8 atmosphérique et une boîte manuelle. Folie pure ou démonstration éclatante de ce que peut encaisser une vraie GT bien entretenue ? Et si le mythe de la sportive fragile prenait ici un sérieux coup de vieux ?
Acheter une Aston Martin relève rarement d’un choix rationnel, et encore moins lorsqu’il s’agit d’un exemplaire affichant plus de 500 000 kilomètres. Pourtant, à l’été 2024, un passionné français a franchi le pas en rapatriant d’Allemagne une V8 Vantage au kilométrage totalement assumé. Une histoire insolite, mais surtout révélatrice de ce que cache la réputation des GT britanniques modernes.
515 309 kilomètres. Le chiffre interpelle immédiatement. Dans l’imaginaire collectif, une Aston Martin évoque davantage la voiture de collection bichonnée ou le coupé de week-end que la grande routière infatigable. Certainement pas une auto capable d’enchaîner les kilomètres comme une berline diesel. Et pourtant, cet exemplaire précis affichait bien 515 309 kilomètres au compteur au moment de son achat, un total plus habituel sur un taxi Mercedes que sur un coupé de Gaydon.
Visuellement, la voiture ne cherche pas à passer inaperçue. Sa peinture orange très vive, ses jantes noir brillant et ses boucliers empruntés à la V8 Vantage S dessinent une configuration éloignée du classicisme britannique. Le retour vers la France s’est effectué sans incident depuis l’Allemagne, avec une sonorité plus présente, vraisemblablement due à une valve d’échappement neutralisée par un ancien propriétaire.
Une V8 Vantage “early” dans sa définition la plus pure
Il s’agit ici d’une Aston Martin V8 Vantage de première génération, dans sa version dite « de base ». Sous le long capot se trouve le V8 atmosphérique de 4,3 litres, développé avec l’appui technique de Ford et assemblé à Cologne. Ce bloc délivre 385 chevaux et 417 Nm de couple, associés à une boîte manuelle à six rapports, une combinaison devenue rare sur le marché actuel. Sur le plan des performances, la fiche technique reste parfaitement respectable. Le 0 à 100 km/h est annoncé en cinq secondes et la vitesse maximale culmine à 280 km/h. Des valeurs qui rappellent qu’à son lancement, en 2005, la V8 Vantage n’était pas une simple GT de boulevard, mais une sportive capable de rivaliser avec les Porsche 911 Carrera de l’époque, tout en proposant une approche plus expressive.
Le kilométrage comme révélateur, pas comme condamnation
La question n’est finalement pas de savoir si une Aston Martin peut dépasser les 500 000 kilomètres, mais dans quelles conditions elle y parvient. Un tel kilométrage implique un entretien suivi, sans doute coûteux, et laisse supposer qu’au moins une intervention mécanique majeure a pu avoir lieu au cours de sa carrière. Il démontre surtout que la V8 Vantage ne correspond pas nécessairement à l’image de diva fragile qui lui est parfois associée. Payée environ 25 000 euros, cette Aston Martin à très fort kilométrage se place à rebours d’un marché de la collection obsédé par les compteurs figés et les voitures préservées sous cloche. Elle rappelle qu’une automobile, même prestigieuse, est conçue pour rouler. Et que certaines, lorsqu’elles sont correctement entretenues, savent encaisser les années et les kilomètres avec une endurance que l’on n’attend pas toujours d’une GT de ce calibre. Une Aston Martin de plus de 500 000 kilomètres n’est sans doute pas un placement financier. Mais elle constitue une démonstration frappante de ce qu’une GT moderne peut offrir lorsqu’on la considère, avant tout, comme une vraie voiture.