Peugeot 205 T16 kit PTS "Lotus" : le mulet de GM à vendre aux enchères
par Paul Clément-Collin le 8 mars 2018Lorsqu’en 1984 apparaît la 205 Turbo 16 dans sa version civile, Lotus n’appartient toujours pas à GM, et malgré des liens étroits avec Toyota, la marque anglaise n’en travaille pas moins pour toutes les marques prêtes à mettre la main au portefeuille. C’est ainsi qu’au début des années 80, elle travaillera, ironiquement, pour le compte de Citroën en réalisant un prototype concurrent de la 205 T16, sur base Visa (lire aussi : Citroën Visa-Lotus). De son côté, GM, toujours en veille technologique, achète en 1984 deux exemplaires de la Turbo 16 série 200, dans sa version « upgradée » à 300 chevaux par un kit PTS. A l’époque, il s’agit tout simplement d’étudier la bête, dans le cadre de la recherche et du développement compétition.
Mais en 1986, GM va racheter Lotus, en comptant bien tirer profit des compétences anglaises pour le développement de futurs modèles ou de technologies, notamment en ce qui concernent les suspensions. A cette époque, Lotus travaille déjà sans cesse sur les suspensions de F1, et sur l’adaptation des progrès réalisés sur des versions routières. Certaines Esprit Turbo seront dotées de suspensions « prototypes », parfois essayées par la presse. On retrouvera entre autres des suspensions « retravaillées par Lotus » sur l’Isuzu Piazza, la marque japonaise faisant partie à l’époque de la galaxie GM (lire aussi : Isuzu Piazza).
GM a pourtant d’autres ambitions dans ce domaine là : l’idée serait d’adapter une suspension active à un modèle de Corvette à 4 roues motrices. Pour étudier ces suspensions actives, Lotus a donc besoin d’un modèle à 4 roues motrices, et cela tombe bien car GM a dans son garage deux exemplaires de la 205 T16. L’un des deux, numéro 91 sur 200 (châssis : VF3741R76E5100091), et donc doté du fameux kit PTS. Voilà comment une Peugeot va se retrouver dotée de suspensions actives Lotus issues de la Formule 1, pour les besoins de la recherche du groupe américain GM. Cette voiture recevra évidemment des identifications GM (plaques, et autres stickers) révélant son statut de mulet. Elle est en outre, équipée du système de direction des roues arrières d’origine Nissan appelé Hicas (qu’on retrouvera sur les Nissan Skyline GTS à partir de la Z31 ou sur la 300ZX Z32).
Après avoir pas mal roulé pour les tests (15 920 miles au compteur), la voiture sera remisée à la GM Heritage Collection qui aujourd’hui s’en débarrasse, souhaitant sûrement profiter de l’engouement actuel pour un tel modèle.
Aussi, n’hésitez pas à vous rendre sur la page de la vente aux enchère dédiée à cette voiture (vous y trouverez plus d’images), à prévenir votre famille, votre banquier et votre psychiatre que vous allez bientôt faire une bêtise, car il se pourrait bien que l’un d’entre vous craque pour une aussi belle pièce :
La Peugeot 205 T16 PTS 300 « Lotus-GM » en vente sur Motostalgia
[EDIT]
Les deux Peugeot 205 Turbo 16 ayant appartenu à GM avaient déjà été vendues aux enchères en janvier dernier, l’une, la 48, n’étant pas modifiée et vendue 187 000 $ (voir ici) et l’autre, celle présentée dans cette article modifiée et vendue 146 300 $ (voir là) [Merci à Franck Galiègue pour ces précisions]
Merci à Philippe Lagrange pour l’idée du sujet
Images: motostalgia.com

Paul Clément-Collin
