Citroën GS “Les Bains” par Tristan Auer : anachronisme pour un anniversaire !

Publié le samedi 1 février 2020.
Mis à jour le vendredi 28 février 2020.
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Cette année, nous fêtons les 50 ans de la Citroën GS, lancée au Salon de Paris 1970 : un nouvel anniversaire que ne pouvait manquer la marque aux Chevrons moins d’un an après son propre centenaire : une façon aussi d’animer son stand au Salon Rétromobile avec une GS dédiée au temple de la nuit des années 80, les Bains Douches ! Drôle de choix d’association puisque la période faste de la boîte de nuit parisienne, les années 80, a sans doute plus connu des GSA devant sa célèbre porte que des GS de 1972 comme le modèle choisi. Revisitée par l’architecte d’intérieur Tristan Auer qui a remis au goût du jour Les Bains en 2015 en hôtel/bar/restaurant/discothèque, la Citroën GS devient luxueuse et chic.

Une GS chic pour ses 50 ans

Est-ce la nostalgie d’un Arnaud Belloni, directeur de la communication qu’on imagine sans peine fêtard dans les années 80, qui a poussé Citroën à s’associer aux Bains pour célébrer l’anniversaire de la GS ? Probablement. L’envie de faire un coup aussi, avec un architecte d’intérieur qui lance son activité de “cartailoring” et qui, cela tombe bien, entretient des liens étroits avec Jean-Pierre Marois, propriétaire du lieu mythique de la fête parisienne. En somme, il s’agit d’intérêts partagés qui, bien qu’anachroniques, permettent de créer l’événement autour de l’anniversaire de cette Citroën longtemps mal aimée.

Lorsque la GS sort en 1970, c’est un soulagement : voilà longtemps que Citroën tente de combler maladroitement le trou béant existant entre ses deux best-sellers, la 2CV et les ID et DS. Ami6 et Ami8 ne furent qu’un cache-misère et il tardait à tout le monde qu’une vraie voiture vienne conquérir un marché juteux, celui du milieu de gamme. Le succès de la 204, puis 304, de Peugeot en était la preuve : sans berline intermédiaire, point de salut. Pour la GS, Citroën prend donc le parti d’un design osé, vision moderne et ramassée de la DS préfigurant la future “grande” CX. Bien entendu, la suspension hydraulique fait partie du package, tandis que les ingénieurs envisagent même une motorisation inédite : un birotor déjà aperçu dans la M35 et qui vivra de façon éphémère sous le capot de la luxueuse GS Birotor.

Une drôle d’association avec Les Bains

La GS vivra une honorable carrière (lire son histoire ici) puis deviendra GSA fin 1978, année de naissance des Bains Douches sous la houlette de Jacques Renault et Fabrice Coat. En 1982, alors que le club est devenu incontournable intra-muros, la BX prend la relève pour ces années chics et fric ! Étonnant choix, donc, que celui d’une GS 1015 de 1972 associée à une discothèque des années 80. Peu importe cependant, car la réalisation de Tristan Auer fait vite oublier les invraisemblances.

Les Bains Douches, joyeux bordel symbole des années 80 (c) Photos Foc Kan

De toute façon, l’hôtel qu’est devenu le lieu n’a plus grand-chose à voir avec l’exubérante boîte de nuit des années 80 et 90, celle des stars et de la coke, de Claude Challe et d’Ardisson, ou plus tard du couple Guetta. Devenus cosy et modernes, plus cocon que clubbing, les Bains n’ont plus rien à voir avec leur glorieux passé, et cette GS en est la preuve : sobriété, couleurs claires, soin du détail, clins d’oeil seventies, tout est parfait dans cette GS signée Auer, presque trop parfait par rapport au “joyeux bordel” des Bains d’autrefois.

Peu importe, donc, la cohérence de l’hommage tant la réalisation fait envie. Jamais rouler en GS n’aura été aussi classe, à part peut-être avec la rarissime GS Birotor. D’ailleurs, la voiture exposée sur le stand Citroën servira de voiture à l’hôtel pendant les trois prochaines années : de quoi séduire une clientèle étrangère désireuse de vivre le frisson d’un Paris fantasmé, dans un ancien temple de la nuit, avec sa piscine mémorable (déplacée depuis les travaux de 2015, mais refaite à l’identique) et désormais sa “délicieuse” GS.

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5 commentaires

Dr ESTIPALLAS

Le 01/02/2020 à 21:55

Nous vivons une étrange époque : désolé mais pour moi, cette « évocation » ne m’évoque absolument rien, à part une réécriture absurde d’une histoire qui pourtant, ne mérite pas de l’être…

Car oui, la GS a été un très grand succès commercial de Citroën (2,5 millions d’exemplaires), une voiture complexe mais aux qualités immenses, et aussi en version Pallas une automobile réellement chic.

Préférons toujours l’authentique à la copie les amis !!!

Citroenian

Le 02/02/2020 à 09:41

Bien dit, estipallas…

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Eddy123

Le 02/02/2020 à 19:36

Idem!!!

François

Le 05/02/2020 à 07:42

Excellent article Paul, comme d’habitude. Il est un peu dommage que vous ne précisiez pas un peu plus les modifications apportées à cette GS si spéciale

Vince DK5

Le 05/02/2020 à 17:30

Ce qui est ironique, c’est que- corrigez moi si je me trompe- durant les années de gloire des Bains Douches, la GS était devenue aussi ringarde que le club était branché. J’ai en tête d’un côté la voiture de vieux, de « Gégé » avec navettes, butées de porte et bouliers de siège, la voiture de Jugnot en raté dans « Une époque formidable » (Bien que GSA), de l’autre The place to be de la Hype parisienne…
Pour être dans le thème, une 5turbo ou un Espace 1 en Van de luxe auraient été plus cohérents…

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