
Youngtimers
Autobianchi Y10 Turbo "AC" Chardonnet : la bombinette ultime
Par Paul Clément-Collin - 24/05/2014
Il fut un temps ou les importateurs d’automobiles en France étaient de vrais passionnés. Je vous avais déjà parlé de Jacques Poch (lire aussi : Jacques Poch), mais il y eut aussi (et surtout) André Chardonnet. Je me réserve son histoire pour un futur article, mais il avait la passion automobile dans le sang, et ne se contentait pas d’importer des voitures (essentiellement d’Italie) : il en faisait des séries spéciales pour mieux les vendre en France, créant par ricochet des collectors aujourd’hui.
<p>C’est le cas avec l’<strong>Autobianchi Y10 Turbo</strong> (lire aussi : <a href="https://www.carjager.com/blog/article/.html">Autobianchi / Lancia Y10</a>). Cette petite <strong>bombinette à l’italienne</strong> fut produite de <strong>1985 à 1989</strong>, et disposait d’un turbo faisant passer son moteur d’originie Fiat do Brasil de 55 ch à <strong>85 ch</strong>. Vu son poids (<strong>840 kg</strong>), il y avait de quoi s’amuser. Pourtant, la Y10 Turbo ne fut pas vraiment un succès, avec seulement <strong>13 190 exemplaires</strong> produits : la faut sans doute à un chassis pas au niveau qui la rend difficile à conduire (voire dangereuse).</p>
<p>Fidèle à son habitude, <strong>André Chardonnet</strong> décide en <strong>1986</strong> de proposer une <strong>série spéciale</strong> baptisée « Yearling » afin de doper les ventes de cette mini Gti. Cette initiative n’arrangea pas les choses, puisqu’elle se contentait d’ajout d’un kit carrosserie (spoilers avant et arrière, bas de caisse) pas de très bon goût. Conscient que le comportement de la Y10 était en cause dans sa mévente, André Chardonnet décida d’en proposer une <strong>version améliorée</strong> à sa sauce, qui portera son nom, en toute modestie : ainsi naquit en <strong>1987</strong> l’<strong>Autobianchi Y10 Turbo AC</strong> (pour « André Chardonnet).</p>
La Y10 Turbo d’origine
<p>Si l’Y10 Turbo pêchait par son chassis, l’AC, elle, fit l’objet d’un très gros travail permettant de profiter d’un moteur lui aussi retravaillé afin de délivrer <strong>125 ch</strong>. L’AC disposait aussi d’une moitié de kit carrosserie « yearling » (seuls les boucliers avant et arrière). Elle offrait des <strong>capacités incroyables</strong> pour l’époque, bien au dessus des 205 GTI voire 405 Mi16 (selon Vincent de Fresquet, président de l’Autobianchi Club de France), et permettant de dépasser les <strong>200 km/h</strong>.</p>
<img decoding="async" loading="lazy" src="https://public.carjager.com/content/2014/05/12133329/Y10-06-Turbo1.jpg" alt="" width="1000" height="663">
<p>Sur le papier, cette <strong>Y10 Turbo AC</strong> avait tout pour plaire… Tout ? Pas son prix, puisqu’elle se vendait <strong>plus de 100 000 francs</strong> (contre 63 000 F pour la Turbo de base). Il faut dire que les transformations étaient conséquentes, mais une 205 Gti 1,6 litres 115 se vendait à l’époque 83 000 F. Inutile de vous dire que la Turbo AC fit un flop, avec <strong>deux exemplaires vendus</strong>, dont un seul a survécu.</p>
<p>Vous pouvez retrouver la présentation de l’Autobianchi Y10 Turbo AC par Vincent de Fresquet au salon Rétromobile ici :</p>
<br>

Paul Clément-Collin
Paul Clément-Collin est une figure reconnue du journalisme automobile français. Fondateur du site culte Boîtier Rouge, sacré meilleur blog auto aux Golden Blog Awards 2014 et cité parmi les médias auto les plus influents par Teads/eBuzzing et l’étude Scanblog Advent, il a ensuite été rédacteur en chef de CarJager et collaborateur de Top Gear Magazine France. Journaliste indépendant, spécialiste des voitures oubliées, rares, iconiques ou mal-aimées, il cultive une écriture passionnée et documentée, mêlant culture auto, design, histoire et anecdotes authentiques, et intervient également sur des événements majeurs comme le Mondial de l’Auto.