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Chevrolet Beretta : une petite américaine canon

PAUL CLÉMENT-COLLIN - 8 nov. 2017

Voilà une américaine qui me faisait de l’oeil à l’époque (j’étais ado). Une ligne réussie, une taille contenue, un look plutôt sportif, le tout avec un puissant 4 cylindres ou de petits V6 (enfin, pour l’Amérique) en mode traction : la Chevrolet Beretta singeait en somme les européennes, et moi j’aimais bien ça.

La Beretta, parue en 1987, était la version coupé de la berline Corsica, à laquelle fut offert le côté « sportif ». Malgré son air de ressemblance, la Beretta partage peu de pièces de carrosserie avec la Corsica. La ligne est superbe, tendue, et le traitement du pilier C et de coffre est de toute beauté: avec la Beretta, Chevrolet sublime sa fade berline Corsica. Les noms de ces deux modèles prouvent en tout cas qu’ils étaient clairement « typés » européens (enfin, l’idée que s’en faisait les américains). Un peu comme l’autre marque du groupe GM, Cadillac, s’offrait un cabriolet « à l’italienne » à la même époque (lire aussi : Cadillac Allanté).

En parlant de nom, revenons sur celui de notre coupé : Beretta, cela ne vous rappelle rien ? Ca y est, vous l’avez ? Un célèbre flingue italien, fabriqué par la Fabbrica d’Armi Pietro Beretta SpA, et dont le PDG, Pier Giuseppe Beretta vit d’un très mauvais œil l’utilisation de son nom sur une voiture (et ce sans que GM ait demandé l’autorisation). La voiture à peine lancée, les italiens attaquèrent les américains, et près de deux ans de lutte judiciaire s’en suivirent : le 25 mai 1989, la paix fut enfin signée de façon symbolique (Pier Giuseppe Beretta se vit offrir une Beretta GTU tandis que Roger Smith, le patron de GM, reçut un fusil et un pistolet signés Beretta) et de façon financière (GM s’engagea à verser 500 000 $ à la fondation Beretta pour la recherche contre le Cancer).

Revenons à notre coupé Beretta. Lors de son lancement, il fut proposé en 3 versions et 2 motorisations. La Beretta de base offrait un 4 cylindres de 2 litres et 90 chevaux, tandis que la GT et la GTU proposaient un V6 de 2.8 litres et 125 chevaux. La GTU se distinguait de la GT par un habillage plus sportif, avec des jantes alu de 16 pouces, un kit carrosserie et un aileron arrière différent. Mais tout cela restait un peu mou du genou.

C’est en 1990 que tout changea. D’une part, le 4 cylindres de l’offre « basique » gonflait à 2.2 litres et 95 ch, tandis que le V6 passait de 2.8 à 3.1 litres et 141 chevaux. Bon c’était déjà ça, mais surtout, la GTU fut remplacée par la GTZ, qui récupérait un 2.3 litres « Quad 4 » d’origine Oldsmobile développant tout de même près de 182 chevaux. Mieux, elle s’équipait d’une boîte manuelle 5 vitesses Getrag. A partir de cette année-là, les Beretta furent importées en France (en version GT V6 ou GTZ, pour 163 200 F, miam).

La gamme restera identique jusqu’en 1994, date à laquelle la GT et la GTZ furent remplacées par un seul modèle, la Z26 disponible soit en V6 (dont la puissance passait alors à 160 ch) soit en Quad 4 (dont la puissance chutait à 170 chevaux). Cette année-là sera d’ailleurs la dernière année d’importation en France. La Beretta commençait à sentir le poids des années et poursuivit sa carrière calmement aux USA avec un V6 repassant à 155 chevaux dès 1995. La dernière voiture tombera des chaînes le 30 juillet 1996.

La Beretta n’aura jamais connu de dérivé cabriolet. Il y eut bien des projets, ainsi qu’une modèle unique à arceau destiné à jouer les Pace Cars aux 500 miles d’Indianapolis, mais qui restera un modèle unique. Dommage car un tel dérivé aurait pu titiller la concurrence Chrysler et sa LeBaron (lire aussi : Chrysler LeBaron). A moins que la priorité fut donnée à la version cabriolet de la Cavalier ?

Peu importe. Ce qui est sûr c’est que l’importation en France pendant presque 4 années rendra plus grandes vos chances d’en trouver, et surtout vous dispensera d’une fastidieuse importation parallèle, youpi. Ces voitures ne sont pas vraiment recherchées, et se négocient donc à des tarifs tout à fait raisonnables. A bon compte, vous vous offrirez alors soit un V6 onctueux « à l’américaine », soit un 4 pattes Quad 4 bien rauque et puissant à souhait (182 ch à cette époque, c’était pas rien). N’oubliez donc pas de jeter un œil vers cette américaine lors de vos prochaines recherches.

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