La mystérieuse Mercedes d’un dignitaire nazi surgit : découverte qui divise l’opinion
Lorsqu’une Mercedes 540 K cabriolet ayant appartenu au bras droit d’Adolf Hitler réapparaît après des années d’oubli, l’émotion dépasse largement le cercle des amateurs de belles mécaniques. Précieuse par sa fabrication aussi bien que par son histoire, cette voiture se trouve aujourd’hui au cœur d’un projet de restauration d’envergure en Australie. Un véhicule d’exception dont le destin accidenté fait écho à une page controversée de l’histoire du XXe siècle.
Un symbole de pouvoir à la fois luxueux et unique
Hermann Göring, qui fut l’un des personnages majeurs du régime nazi, acquiert ce cabriolet Mercedes 540 K en juillet 1941. À ce moment-là, il occupe déjà plusieurs des fonctions les plus influentes du IIIe Reich, ayant fondé la Gestapo, dirigé la Luftwaffe, siégé au gouvernement et présidé le Reichstag. La vie fastueuse de Göring est soutenue par ses rémunérations officielles et ses méthodes de spoliation, notamment aux dépens des populations juives, lui permettant ainsi de s’entourer de biens de prestige, parmi lesquels châteaux, bijoux et automobiles de grand luxe.
La 540 K exceptionnelle : mécanique et raffinement sur mesure
Si la Mercedes 540 K figure au sommet de la production d’avant-guerre du constructeur allemand entre 1936 et 1940, l’exemplaire de Göring se distingue encore davantage. Commande spéciale, ce modèle unique marie le châssis de la 580 K – une évolution jamais produite en série – avec le moteur originel de 540 K, un huit-cylindres en ligne compressé affichant 5,4 litres de cylindrée. Cette configuration permet de développer 180 chevaux et d’atteindre la vitesse de 170 km/h, des chiffres remarquables à l’époque. La carrosserie a été façonnée sur mesure et l’habitacle personnalisé, apportant un surcroît d’opulence à une base déjà prestigieuse. Cette voiture aurait été la dernière utilisée personnellement par Göring lors de ses déplacements officiels et lors des parades militaires.
Un parcours mouvementé entre continents et décennies
Quand la guerre s’achève et que les troupes alliées pénètrent en Allemagne, le cabriolet est confisqué puis utilisé par l’armée américaine. Il prend ensuite le chemin des États-Unis où il est revendu en 1958 à un particulier qui le conserve jusqu’en 2013. Longtemps considérée comme perdue, voire détruite, la 540 K refait alors surface. Deux professionnels de la voiture de collection l’acquièrent dans l’optique de la restaurer, mais leur projet avorte.
Une restauration titanesque en terres australiennes
C’est ainsi que la Mercedes, partiellement démontée, traverse une nouvelle fois la planète pour rejoindre l’Australie, sans que la raison exacte de ce périple ne soit éclaircie. Actuellement, elle se trouve entre les mains de l’équipe de Sleeping Beauties à proximité de Brisbane. La remise en état nécessitera de reconstituer ou de retrouver de nombreuses pièces rares, un défi qui devrait mobiliser les artisans de l’atelier pendant quatre à cinq ans. Il faut dire qu’un modèle classique de 540 K atteint déjà des valeurs proches du demi-million d’euros sur le marché, alors que cet exemplaire historiquement chargé pourrait dépasser un à deux millions d’euros en cas de vente.
Cet épisode montre à quel point l’automobile de collection peut être traversée par l’histoire, jusque dans ses aspects les plus sulfureux.


