Peugeot 204 Coupé : la nostalgie des sixties
par Paul Clément-Collin le 18 août 2022Peugeot, qui s’était toujours montré conservateur, lance donc en 1965 son premier élargissement de gamme depuis l’après-guerre. Jusque-là, la marque sochalienne s’était contentée de respecter à la lettre un plan Pons devenu caduque dès la fin des années 50. La 204 permet enfin à Peugeot de s’ouvrir à une nouvelle clientèle de plus en plus nombreuse : les jeunes, les nouvelles familles, et les primo-accédants à l’automobile. Traction, moteur transversal en alliage léger, 4 roues indépendantes, freins à disque puis moteur Diesel : la 204 n’est pas un modèle bidouillé à la va-vite, mais une vraie nouveauté, moderne et séduisante.
La 204 révolutionne Peugeot
Modernité, séduction, deux mots qui vont conduire la direction de Sochaux à lancer un cabriolet fort réussi et un coupé aux lignes étonnantes, dans la grande tradition de Peugeot (qui proposait dans sa gamme un coupé 404, ainsi qu’un cabriolet). Au cabriolet, charge est de conquérir les cœurs des femmes et de la jeunesse, au coupé le soin de séduire les amateurs d’une “certaine sportivité”. Mission réussie pour ce duo dessiné en interne (et non par Pininfarina comme pour les 404) même si le 1,1 litre de 55 chevaux n’offre pas la sportivité que la ligne du coupé laisse entendre.
Le coupé 204 ne restera au programme de Peugeot que 3 années puisque dès 1970 sort le coupé 304 qui le remplace après 42 756 exemplaires produits. En fait, il s’agit globalement de la même voiture qui change de calandre et prend un nouveau chiffre sur le capot. En tout cas, les chiffres de vente prouvent le bien-fondé de son lancement en 1967 : pour un prix contenu (à peine 20 % de plus que la berline), il offre le style, l’espace (4 vraies places) et un certain dynamisme.
Aujourd’hui, la Peugeot 204 Coupé est moins recherchée que sa sœur cabriolet, mais elle retrouve les faveurs des collectionneurs qui apprécient son style élégant et étonnant (hatchback), sa polyvalence et sa fiabilité. Elle est en outre, comme le prouve notre vaillant équipage, pour des courses historiques comme le Tour Auto, le tout sans se ruiner.

Paul Clément-Collin
