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Tatra Trucks: le retour du camion tchèque

PAUL CLÉMENT-COLLIN - 3 janv. 2018

Si je suis depuis longtemps un fan absolu des automobiles Tatra, m’inquiétant de leur disparition en 1997 (lire aussi : Tatra T700), je me faisais moins de soucis pour les camions. Non qu’ils ne m’intéressaient pas, mais c’était moins ma tasse de thé, n’ayant pas le permis poids-lourds. Mais à force de développer la rubrique éponyme, j’ai fini par me demander ce que devenait la firme de Koprivnice. En cette rentrée 2017, je me suis donc intéressé au cas de Tatra Trucks, nouveau nom de l’entreprise depuis 2013 !

Deux T815 dans deux configurations, dans les années 80

Pour beaucoup d’amateurs de voitures, Tatra s’est rendue célèbre avec les Tatraplan, T603 (lire aussi : Tatra T603) et autres 613 (lire aussi : Tatra T613): des voitures hors-normes (du moins occidentales), avec des V8 placés à l’arrière et refroidis par air, un truc qui ne pouvait pas survivre dans l’ère moderne. Pourtant, cela faisait des lustres que l’entreprise Tatra ne dépendait pas des voitures pour vivre. A la fin des années 80, la firme tchèque produisait près de 15 000 camions, contre moins de 500 voitures par an !

De la 603 à la 613/700, l’histoire automobile de Tatra s’est arrêtée en 1998

D’ailleurs, les amateurs de sport automobile, eux, connaissaient la marque sous un autre angle : le Dakar, où les camions Tatra trustèrent les podiums pendant deux décennies, entre 1986 et 2006. Mais ces victoires ne pouvaient cacher une situation incertaine. La chute du mur et la fin du Comecon faillirent porter un coup fatal à la marque Tchèque. Adieu l’immense marché de l’Empire Soviétique et de l’Europe de l’Est, préférant désormais se fournir en camions occidentaux, plus modernes.

Le T810 militaire aujourd’hui

Pourtant, Tatra ne manquait pas d’atouts, avec des camions dont la rusticité devenait une qualité, et surtout tous équipé de transmissions 4×4, 6×6, voire 8×8 ! Un camion idéal pour les marchés émergents, moins chers que la concurrence, résistant et passant partout (ce que le Dakar prouvait bien). Mais il ne suffit pas d’avoir un bon produit : il faut aussi remplir beaucoup de conditions pour exister sur un marché du poids-lourd plutôt concurrentiel !

Le T815, dans ses version forestières ou minières

Or si Tatra disposait d’atouts, elle traînait pas mal de handicap : une image inexistante en Occident (malgré le Dakar), pas de réseau de distribution, une organisation à la soviétique calibrée pour une production de 15 à 20 000 camions sans logique de rentabilité, plus de 7500 salariés au début des années 90, et bien entendu la perte des marchés civiles et militaires de l’ex-Bloc Soviétique. Surtout, elle connaîtra une valse d’actionnaires plus ou moins sérieux ou douteux. Malgré cela, l’entreprise réussira à survivre aux années 90 et 2000 grâce notamment à des contrats militaires tchèques (notamment en 2007) mais aussi et surtout indien (dont l’armée possède 7000 camions Tatra en activité encore aujourd’hui, une fidélité bienvenue pour une petite marque). Entre temps, l’entreprise nouera des accords avec Renault Trucks pour utiliser ses cabines.

Un T79 militaire sans sa cabine

En 2007 et 2008, l’entreprise arrive à repasser au delà des 1000 camions produits par an. Mais la crise financière va rattraper une entreprise lourdement endettée (60 millions d’euros de dettes). En 2012, la production tombait à 496 camions seulement. Pourtant, suite à des accords avec DAF remplaçant ceux noués avec Renault, Tatra sortait un camion vraiment intéressant, dénommé Phoenix : cabine et moteur de DAF, mais châssis et transmission maison, pour un camion solide, éprouvé, et bénéficiant du réseau du néerlandais pour les réparations ou les pièces moteurs. Certains concessionnaires DAF n’hésitaient d’ailleurs pas à devenir représentant Tatra.

Le Phoenix, véritable renaissance pour Tatra

Mais 2012 était l’annus horribilis : malgré la présentation du Phoenix, les indiens, premier client de la marque, mirent un embargo sur les camions Tatra à la suite de soupçon de corruption lors des précédentes ventes. Les créanciers mirent en outre la pression pour récupérer leur du, obligeant la société à déposer le bilan en 2013. C’est l’entrepreneur slovaque Marek Galvas qui remportera la mise en rachetant la société pour 6,5 million d’euros. Une société qui avait déjà pas mal dégraissé son personnel avant, passant alors de plus de 2000 salariés à 1000, apurée de ses dettes, avec un produit intéressant et de nouvelle perspectives : la bonne affaire pour Galvas, via sa société Trucks Development !

Miracle : en 2014, l’Inde invitait Tatra à reprendre les négociations pour de nouveaux contrats, tandis que les marchés brésilien, jordanien ou égyptien redevenaient plus actifs. Sans compter de nouveaux concessionnaires occidentaux, en zone alpine, intéressés par la distribution de ces camions très à l’aise en milieu montagnard (Suisse, Autriche, Alpes françaises, Slovénie, Italie).

Résultat, l’année 2016 s’est terminé sur un record : 1326 camions livrés (+56 %, première année depuis 2008 à dépasser la barre symbolique des 1000 véhicules produits), un bénéfice net de 15 millions d’euros pour un chiffre d’affaire de 137 millions. 350 salariés ont été embauché, faisant passer les effectifs à 1350 salariés.

Une bonne nouvelle pour Tatra Trucks, porté par sa gamme Phoenix déclinée à toutes les sauces, et quasiment fabriqués sur-mesure pour des clients aux besoins spécifiques (comme des 6×6 avec le dernier essieu moto-directeur, ou des 8×8/6 à 6 roues directrices, pour améliorer la maniabilité en zone difficile). L’accord avec DAF est aussi intéressant, le néerlandais ne proposant pas dans sa gamme des 4×4 / 6×6 ou 8×8. Ne reste plus qu’à attendre les résultats financiers de 2017 pour voir si Tatra a bel et bien confirmé cette tendance. La marque tchèque revient dans tous les cas de loin !

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17 juin 2023 - 18:39
BOUDEHEN

Heureux de savoir le Tchèque de Jablonec Nad Nisou reprend du poil de la bête. Si la cabine DAF fait renouer la firme Tchèque vers la réussite, j’espère qu’il en sera longtemps ainsi ne serait-ce que pour la mémoire des LEDWINKA.