
853 voitures de luxe, 77 ventes “inexpliquées”… que se passe-t-il chez Scotti ?
Peut-on vraiment passer à côté d’elles ? Dans les années 80, Renault ose une double offensive avec deux silhouettes pour une même ambition. Jusqu’à 115 chevaux pour rivaliser avec les GTI… mais avec une approche plus confortable. Et si les Renault 9 et 11 Turbo étaient aujourd’hui les oubliées les plus attachantes de leur époque ?
Au tournant des années 80, Renault prépare activement la succession de la Renault 14 avec une idée simple mais ambitieuse : couvrir un maximum de besoins avec une seule base technique. De cette réflexion naissent deux modèles complémentaires, la Renault 9 et la Renault 11, bientôt déclinés en versions Turbo. Derrière cette stratégie se cache une volonté claire de revenir à l’ADN de la marque tout en s’attaquant frontalement au marché des compactes sportives dominé par les GTI.
Une réponse à une succession délicate
Malgré une carrière honorable entre 1976 et 1983 avec près d’un million d’exemplaires produits, la Renault 14 n’a jamais pleinement convaincu. Son image a souffert, et sa conception partagée avec Peugeot a déstabilisé les fidèles du losange. Renault décide alors de reprendre la main. Le projet est confié à Robert Opron, designer reconnu pour ses créations chez Citroën, capable d’insuffler de la personnalité sans trahir l’identité de la marque. À l’intérieur, Marcello Gandini apporte sa touche. Résultat : deux voitures distinctes mais complémentaires. La Renault 9 adopte une silhouette tricorps classique pour séduire une clientèle plus conservatrice, tandis que la Renault 11, avec son hayon, s’adresse aux habitués des modèles pratiques comme les Renault 4 ou 16. La première apparaît en 1981, la seconde prendra le relais sur le segment des cinq portes à partir de 1984.
Retour aux moteurs maison
Avec cette nouvelle génération, Renault abandonne les compromis techniques précédents et réintroduit son moteur Cléon Fonte, installé ici en position transversale. Mais pour se positionner face aux références sportives du moment, la marque va plus loin. Fidèle à son expertise en matière de suralimentation, développée notamment en Formule 1, Renault choisit le turbo pour dynamiser ses modèles. Les 9 et 11 Turbo héritent ainsi du bloc 1 397 cm³ déjà vu sur la Renault 5 Alpine Turbo, associé à un turbo Garrett. La puissance atteint 105 chevaux à l’origine, puis grimpe à 115 chevaux en 1986 avec la phase 2. De quoi rivaliser sur le papier avec les stars du segment.
Une autre vision de la compacte sportive
Face à des rivales comme les Peugeot 205 GTI ou Volkswagen Golf GTI, les Renault 9 et 11 Turbo adoptent une philosophie légèrement différente. Moins radicales dans leur comportement, elles misent davantage sur la polyvalence et le confort. Leur gabarit plus généreux leur confère une habitabilité supérieure, tandis que leur équipement, inspiré des finitions haut de gamme TXE, renforce leur positionnement plus “bourgeois”. Trois types de carrosseries sont proposés à partir de 1985, avec trois, quatre ou cinq portes. Le châssis entièrement nouveau se révèle particulièrement efficace et servira plus tard de base à la Renault 19. Pour les amateurs de sensations plus marquées, un kit Ferry permet même d’augmenter les performances. Et pour les amateurs de style typé années 80, une série spéciale Zender ajoute une touche visuelle très marquée.
Un succès discret face à une concurrence féroce
Malgré des qualités indéniables, les Renault 9 et 11 Turbo ne parviennent pas à s’imposer durablement. Leur carrière est éclipsée par d’autres modèles de la marque, comme la Renault 18 Turbo puis la Supercinq GT Turbo, mais aussi par une concurrence de plus en plus affûtée. Peugeot frappe fort avec la 205 GTI, puis enfonce le clou avec les 309 GTI et GTI-16. Dans ce contexte, les 9 et 11 Turbo restent en retrait, sans chiffres précis de production permettant d’évaluer pleinement leur diffusion. La Renault 11 Turbo en version trois portes semble la plus répandue, tandis que la version cinq portes reste plus confidentielle, limitée à certains marchés. La Renault 9 Turbo, elle, est aujourd’hui particulièrement rare et gagne en intérêt auprès des collectionneurs.
Des alternatives à redécouvrir
Il faudra attendre la Renault 19 16S pour voir Renault réellement s’imposer sur le segment des compactes sportives, avec une approche différente abandonnant le turbo au profit des moteurs multisoupapes. Aujourd’hui, alors que les icônes GTI voient leur cote s’envoler, les Renault 9 et 11 Turbo apparaissent comme des options séduisantes. Plus accessibles, plus spacieuses et dotées d’un caractère bien à elles, elles offrent encore un réel plaisir de conduite. À noter enfin une curiosité outre-Atlantique : l’Alliance GTA, équipée d’un moteur 2 litres de 95 chevaux, proposée en coupé et cabriolet.
Les Renault 9 et 11 Turbo n’ont peut-être jamais dominé leur époque, mais elles incarnent une vision différente de la sportivité, plus discrète mais tout aussi attachante.