
Bugatti lui facture 13 000 € pour un simple bouton : il le remplace pour 2 €
Fabriquée entre 2005 et 2015 à seulement 450 unités, la Bugatti Veyron incarne l’excès maîtrisé. Moteur W16 quadriturbo de 8,0 litres, 1 001 chevaux dans sa version initiale, plus de 400 km h en pointe. Une vitrine technologique du groupe Volkswagen. Mais derrière la démesure mécanique se cache une réalité moins glamour : l’entretien peut atteindre des sommets vertigineux. L’histoire récente d’un simple bouton facturé 13 000 euros en est l’illustration parfaite.
Une icône technique devenue mythe moderne
Quand la Veyron apparaît au milieu des années 2000, elle redéfinit les standards. Ferdinand Piëch, alors patron du groupe Volkswagen, voulait une voiture capable de dépasser les 400 km h en conservant un confort digne d’une Bentley. Le résultat est connu. Un W16 composé de deux blocs VR8 assemblés, quatre turbocompresseurs, dix radiateurs pour gérer les flux thermiques, une transmission intégrale et une boîte double embrayage capable d’encaisser plus de 1 250 Nm de couple. Tout, dans la Veyron, est complexe. Et la complexité coûte cher.
Un devis à 13 000 euros pour un bouton
En juin 2025, Carl Hartley, héritier du concessionnaire britannique Tom Hartley basé à Birmingham, découvre un dysfonctionnement du bouton de réglage de rétroviseur sur sa Veyron. Contacté, le service après-vente Bugatti établit un devis d’environ 13 000 euros pour remplacer le moteur du miroir, sans changer l’ensemble du rétroviseur. Sur le principe, la somme surprend. Non pas parce qu’il s’agit d’une Bugatti, mais parce que la pièce en question n’a rien d’exceptionnel technologiquement. À l’époque, la marque appartenait au groupe Volkswagen, et de nombreux éléments secondaires provenaient de la banque d’organes interne.
La pièce à 2 euros
Plutôt que d’accepter le devis, le propriétaire se tourne vers un mécanicien indépendant spécialisé dans les véhicules haut de gamme. En vingt-cinq minutes, la pièce défectueuse est remplacée. Elle correspond à un composant utilisé sur un Volkswagen Transporter. Prix d’achat : moins de 2 euros. Le contraste est saisissant. D’un côté, un devis à cinq chiffres justifié par la rareté et l’exclusivité. De l’autre, une solution simple, issue d’un modèle utilitaire.
L’entretien d’une Veyron, une autre dimension Ce cas particulier ne doit pas masquer une réalité. Entretenir une Veyron reste objectivement onéreux. Une simple vidange du W16 peut atteindre près de 20 000 euros, en raison du temps de main-d’œuvre annoncé, environ 27 heures, et des procédures spécifiques exigées par la marque. Les pneumatiques Michelin spécialement développés pour supporter les vitesses extrêmes représentent eux aussi un poste budgétaire conséquent. La Veyron n’est pas une supercar ordinaire. C’est une machine conçue pour repousser les limites physiques. Et chaque intervention nécessite un niveau d’expertise et de précaution cohérent avec ses performances.
Exclusivité ou marge confortable
L’affaire du bouton révèle cependant une tension bien connue dans l’univers des hypercars modernes. Lorsque certaines pièces proviennent d’une base industrielle partagée, leur coût réel peut être très éloigné du tarif appliqué dans un réseau officiel. La justification avancée repose sur la traçabilité, la garantie constructeur et la responsabilité engagée. Mais pour les propriétaires avertis, la connaissance des origines techniques du modèle peut ouvrir d’autres options. La Bugatti Veyron restera toujours un monument d’ingénierie, mais même un chef-d’œuvre à 400 km h peut parfois être sauvé par une pièce d’utilitaire à 2 euros.