Pur Sang « Bugatti » Type 35 : la réplique parfaite ?
par Paul Clément-Collin le 12 novembre 2025
1Bugatti type 35 replica
Déjà, dans les années 80, le constructeur lyonnais De La Chapelle s’était attaqué au mythe, mais avec plus de libertés, sorte d’évocation plus que de réplique, mais de suffisante qualité pour obtenir du propriétaire de la marque Bugatti d’alors, l’équipementier aéronautique Messier-Bugatti, l’autorisation d’apposer le fameux logo rouge sur les calandres en fer à cheval (lire aussi : De La Chapelle Stimula Type 55). Mais c’est étonnamment en Argentine que le monde de la réplique de Bugatti (et pas une simple évocation) compte son plus emblématique constructeur : Pur Sang Argentina.



Il y a quatre ans, le journal la Charente-Libre s’émouvait devant le plateau Bugatti du Circuit des Remparts d’Angoulême, uniquement composé de répliques (lire aussi : La Charente Libre – Bugatti d’origine incontrôlée). L’article rend assez bien la crispation qu’il existe entre puristes et « répliquistes » (mot inventé par moi mais qui parle de lui-même). Pourtant, il semblerait que depuis, les choses se soient calmées et que les Pur Sang « Bugatti type 35 » soient désormais reconnues à leur juste valeur : il suffit de jeter un œil aux ventes au enchères de ce type de réplique pour s’apercevoir qu’elles s’échangent aujourd’hui à plus de 200 000 euros.
Le 8 en ligne refabriqué par Pur Sang (image: Sportscarsdigest.com)
2Bugatti la légende des Pur sangs
Mais revenons à ce mystérieux constructeur, Pur Sang, situé en Argentine. Tout démarre comme d’habitude par un passionné, Jorge Anadon, qui, n’ayant pas les moyens de s’acheter une Type 35, décide de s’en construire une pour lui, à l’ancienne il y a un peu plus de 20 ans. Devant le succès de sa première réplique, l’argentin se dit qu’il existe un créneau. La Type 35 « d’origine » n’ayant été construite qu’à 38 exemplaires, autant dire qu’elle est rare est chère, d’autant que parmi ses 38 exemplaires, peu sont ceux qui sont restés stricto sensu d’origine. En effet, beaucoup de Bugatti (et donc des type 35) ont été démontées et cachées pendant la guerre pour éviter les réquisitions allemandes. Elles furent reconstruites comme des puzzles avec un patchwork de pièces Bugatti dans les années 50 (on les appelle les « fifties » d’ailleurs).
3L’idée géniale de Jorge Anadon
L’idée géniale de Jorge Anadon (bien aidé par une législation contraignante empêchant l’importation de pièces détachées) sera de proposer des répliques construites avec les mêmes méthodes qu’à l’époque, en refabriquant toutes les pièces détachées. Des carrossiers à l’ancienne s’occupent de l’aspect extérieur, tandis que des mécanos de génie se sont payés le luxe de reconstruire le 8 cylindres en ligne de 2,3 litres compresseur développant 170 ch environ plutôt que de cacher un moteur moderne dans les entrailles du Pur Sang.

4Une publicité Bugatti de 1923 introduisant la notion de « Pur Sang »
Tiens, pourquoi Pur Sang d’ailleurs ? Tout simplement parce que les publicités des années 20 pour les Bugatti s’arrogeaint le titre de Pur Sang des automobiles. La légende des Pur sangs était née, au point qu’une série spéciale de la Bugatti Veyron produite à 5 exemplaires portes ce nom (et pour l’anecdote, Karim Benzema en possède un exemplaire).




Paul Clément-Collin
