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Ford Everest : le véritable remplaçant des Peugeot P4 (et tant mieux !)

PAUL CLÉMENT-COLLIN - 9 mai 2017

Que n’a-t-on pas dit au moment de la première tranche de « remplacement » des Peugeot P4 (lire aussi : Peugeot/Panhard P4) par des Ford Ranger (lire l’essai ici : l’essai du Ford Ranger). Lorsque j’avais démontré (du moins je l’espère) point par point la pertinence du choix de l’Armée Française, il s’en trouvait encore pour mettre en avant un nationalisme totalement hors de propos (lire aussi : Ford Ranger de l’Armée Française). Et pourtant, la deuxième tranche du contrat signée en décembre 2016 n’a provoqué ni remous ni réactions au delà des cercles autorisés et des forums spécialisés. Car pour le reste, ce sera le Ford Everest qui remplacera la vieille P4 !

Il était temps que notre bon vieux P4 prenne sa retraite ! Son coût de maintenance devenait faramineux pour un véhicule des années 70 !

Avant de commencer à crier haut et fort au scandale, autant le dire tout de suite : si les Ranger sont arrivés avec très peu de changements par rapport à la série (mis à part quelques détails comme des grilles de protection des phares), les Everest devront subir une militarisation poussée, et tout cela se fera en France. Au total, 3700 exemplaires passeront par Saint Nazaire pour y recevoir leurs attributs militaires pour une somme d’environ 15 000 euros par véhicules (le coût unitaire de chaque Everest est quant à lui de 35 000 euros hors remise « volume », prix catalogue quoi, soyez sûrs qu’une « négo » sera passée par là pour diminuer le coût unitaire). Acmat ? Oui, cette filiale de Renaut Trucks Defense (RTD), elle-même filiale de Volvo Trucks, produisait déjà pour l’Armée les fameux VLRA (lire aussi : Acmat VLRA), entre autres.

Pouvait-on acheter franco-français pour cette deuxième tranche ?

La question en soi est un piège : aujourd’hui, rien n’est franco-français, et encore moins dans les matériels militaires, même si on réduit souvent la provenance au badge. Comme ces Ford Everest seront badgés Acmat, on pourrait les trouver aussi français qu’une P4, qui je le rappelle dérive du classe G produit en collaboration entre Mercedes et Puch (lire aussi : Mercedes Classe G). Peugeot, puis Panhard, pour le compte de Peugeot d’abord, et de façon indépendante ensuite, n’en assurait que l’assemblage, la peinture, et la fourniture d’un moteur de 504 et d’une boîte de vitesse de 604. Par la suite, Panhard continuera à fournir l’Armée (et surtout le COS) avec des G à moteur Mercedes (lire aussi : Panhard VPS). Si l’on remonte plus loin, les Jeep Hotchkiss n’étaient que des licences américaines (Kaiser Industries puis AMC/Jeep). Dans une autre logique, longtemps des Marmont américains ont équipé nos armées pour le transport et la logistique.

La Hotchkiss n’était pas plus française que la P4 ou que… l’Everest et le Ranger !

Sans parler de l’armée de l’Air (et de certains unités de la Gendarmerie notamment) qui se s’est équipée en Land Rover Defender sans que personne n’y trouve rien à redire. Le problème est surtout qu’aucun constructeur français n’étant réellement compétent pour fournir l’Armée, il faut bien chercher ailleurs ce que l’on a pas. Certains ont proposé le Duster, militarisé certes, mais il ne répondait qu’à une infime partie du cahier des charges.

Le cahier des charges justement, parlons en !

Il ne faut jamais prendre les militaires pour des cons. Tous patriotes qu’ils soient, ils souhaitent avant tout l’efficacité opérationnelle. Après s’être traîné une P4 sous motorisée, chère à l’entretien, et plus adaptée aux contraintes modernes depuis 1980, il était temps de changer de monture. Tout comme dans les années 70, et puisque nous n’avons pas de constructeur capable de répondre à la demande, on est allé voir ailleurs : Ford aujourd’hui, Mercedes/Puch hier. Et avec la même résultante industrielle (une origine étrangère, mais une adaptation faite en France).

le Ford Ranger

Aujourd’hui (et j’ai l’impression de me répéter), les obligations tactiques ne sont plus les mêmes que dans les années 70 et 80. L’organisation militaire était alors très classique, avec des Armées, Corps d’Armées, Divisions, Brigades et Régiments, agissant de concert dans un affrontement de masse dans les grandes plaines de l’Allemagne et de l’Est face à une Armée Rouge du même acabit. De façon très binaire, on a remplacé un véhicule (la Jeep Hotchkiss) par un autre (la Peugeot P4), dans son rôle de transport de troupe léger, de véhicule de liaison ou de commandement.

Ne jugez pas trop vite, les premiers contents seront les militaires, une partie de l’argent reviendra à une entreprise française (même si Volvo est l’actionnaire, NDLR), avoir un avis c’est bien, savoir ce qu’on fait du véhicule, c’est mieux

Cette situation n’a plus lieu d’être aujourd’hui : l’Armée Française a besoin de différents types de véhicules, protégés (VP) ou non protégés (NP). Pour les VP, on a opté pour français, avec les PVP (Petit véhicule Protégé) construit notamment pas Panhard : une sorte de douche froide malgré l’origine « du cru » puisque certains militaires l’appellent le « Petit Véhicule Pourri » ! Cela ne l’empêche pas d’avoir pris la place de la P4 dans certaines situations opérationnelles (OPEX notamment), puisqu’il existe un vrai danger avec les IED (engins explosifs artisanaux).

Pour les besoins annexes, ne nécessitant ni blindage, ni militarisation, le Ministère de la Défense a fait le choix du Ranger, un pick-up moderne, aux capacités tout terrain bluffantes, disposant d’un confort et d’une capacité d’emport suffisante (contrairement au Duster) pour une disponibilité immédiate et des missions type Vigipirate, Sentinelle, etc. Un choix tout à fait logique, tant militairement (il remplit le cahier des charges, il est référencé par l’UGAP, et surtout il est moins cher). Les patriotes mal informés auront crié au scandale (« on se vend aux Etats Unis » qu’ils disaient) alors qu’il était fabriqué en Afrique du Sud ou en Thaïlande (pour nos modèles), avec un moteur TDCi issu d’un partenariat Ford/PSA, et des boîtes de vitesse fabriquées à Bordeaux.

Dans le même ordre d’idée, la deuxième tranche, moins urgente mais tout de même, avait un cahier des charges plus « militaire » : un véhicule aux capacités de franchissement, facilement transformable, adapté à nos routes, relativement bon marché, et répondant aux souhaits de nos militaires qui n’en peuvent plus de l’antédiluvienne P4. Plutôt que d’aller chercher le « m’as-tu-vu », l’Armée s’est penché sur le cas de l’Everest, lui aussi référencé UGAP, mais non commercialisé en Europe : un véhicule dédié à l’Afrique ou l’Asie du Sud Est, de même gabarit qu’en Europe, mais aux capacités incroyables pour le prix (on trouvera toujours meilleurs, mais pas dans la même gamme de prix d’achat ni de prix d’entretien).

Et le prix dans tout ça ?

Justement, comme le révèle l’excellent blog TRE-Blog (La Succession du P4), les coûts qui paraissent excessifs ne sont pas les coûts unitaires, mais les coûts dans la durée de chaque véhicule (maintenance et pièce de rechange comprise sa durée de vie). Hors négociation, un Everest « Armée Française » coûte 35 000 euros + 15 000 euros de militarisation (chez Acmat, en France) + 75 000 euros maintenance et pièces pendant X années + 10 000 euros de frais divers = 135 000 euros pour X années d’utilisation et non pas 135 000 euros unitaire.

Ford a sans doute fait des efforts pour gagner ce marché, Acmat c’est mis dans la boucle pour « franciser » le contrat (sachant que la maintenance se fera chez eux), et l’Armée Française reste cohérente avec des produits très similaires en terme de pièce de rechange, de maintenance et de formation des personnels (le Ranger et l’Everest sont très proches, et utilisent le même moteur.

Dès 2017, entre 100 et 200 ex seront livrés, puis 500 en 2018, et enfin 1000 ex par an jusqu’à atteindre le volume prévu (3700 ex) en 2021. Entre temps, la P4 aura fait ses adieux aux armes, et croyez moi, c’est tant mieux.

Je remets le lien vers l’excellent article de TRE-Blog.fr : La Succession du P4

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