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Jeep Willys MB : le 4x4 victorieux

PAUL CLÉMENT-COLLIN - 14 mai 2020

S’il est bien un véhicule identifiable entre tous et par tous, c’est bien la Willys MB. Symbole de l’Amérique toute puissante, mais surtout de la victoire alliée en 1945, elle a gravé l’imaginaire des gens de son époque, mais aussi celle des générations suivantes, soit par les films de guerre (comme Le Jour le plus long ou Un pont trop loin, voire, plus tard, Il faut sauver le soldat Ryan), soit tout simplement par le passage obligé qu’était le service national. Son surnom, Jeep, deviendra une marque à part entière et sa silhouette caractéristique sera maintenue jusqu’à aujourd’hui avec la descendance Wrangler. Fruit d’une compétition aussi intense que rapide et produite par deux constructeurs en même temps, la Jeep est à elle seule toute une histoire.

A l’origine, on trouve la Bantam BRC-60, qui deviendra par la suite BRC-40

Tout commence en juillet 1940. La situation en Europe vient de basculer : la France a capitulé face à la furie allemande, l’Angleterre se réfugie sur son île et le IIIème Reich, dirigé par un Hitler avide du fameux “espace vital”, règne sur un continent déjà dévasté. En Asie, le Japon ne cesse d’étendre son empire avec la même logique de domination territoriale et afin de se procurer les ressources naturelles dont l’archipel est dépourvu. Aux États-Unis, les partisans de la neutralité sont nombreux et l’entrée en guerre n’est pas encore au programme. Cependant, on sait bien outre-Atlantique qu’il faudra, un jour, s’occuper des affaires du monde. L’armée américaine n’a pas encore la puissance qu’on lui connaît, et en prévision, on se prépare à la guerre.

La Bantam BRC-40 en pleine action

Se préparer à la guerre

Les combats de mai et juin 40 en France ont mis en lumière l’absence de moyens de déplacement rapides et modernes pour la liaison ou le transport d’hommes et de matériel, capables de franchir les obstacles aussi bien qu’un blindé. L’armée américaine lance donc un appel d’offre pour un véhicule de liaison léger et quatre roues motrices, capable de transporter quatre hommes et leur matériel, de tirer une remorque ou même un canon antichar. Ce cahier des charges est envoyé à 135 entreprises liées à l’automobile dans le pays le 11 juillet, avec remise des offres le 22 juillet : on ne mégote pas avec les délais. Pire, il faut livrer un premier prototype en 49 jours seulement, et produire 70 véhicules d’essai en 75 jours : un vrai tour de force.

La MA est la proposition de Willys

Ces contraintes limitent inévitablement le nombre de participants : seuls trois constructeurs répondent à l’appel d’offre, Bantam, Willys et Ford. Contre toute attente, c’est Bantam qui remporte la mise, seul constructeur acceptant sans broncher les délais insensés de l’armée américaine. Il faut dire que Bantam, produisant des dérivés d’Austin, voit en ce contrat sa planche de salut tant ses difficultés financières sont grandes depuis quelques années déjà. Les plans d’un petit 4×4 utilisant un maximum de pièces issues d’Austin sont donc livrés dès le 22 juillet, et la construction d’un prototype s’engage alors. Il est livré le 23 septembre pour évaluation, sous le nom de BRC-60.

Le Ford Pygmy donnera naissance ensuite au Ford GP (à qui l’on attribue parfois l’origine du nom Jeep) Ford propose enfin le GP

Vers la production de masse

Cependant, la situation militaire et les futurs besoins de l’armée américaine nécessitent une production de masse, production que n’est pas capable d’assurer Bantam. Certes, il a été le plus rapide, mais derrière, la logistique ne suit pas. L’armée se rend compte rapidement qu’il faut réviser un peu les choses. Willys et Ford, qui n’ont pas encore lâché l’affaire, sont alors encouragés à continuer le développement de leurs modèles d’essai. Le “Pygmy” chez Ford, le Quad chez Willys, poursuivent donc leur chemin vers l’expérimentation, avec la réalisation de 70 véhicules d’essai pour chacun. En cette fin 1940, la situation ne cesse d’empirer en Europe, mais surtout en Asie, et l’armée américaine se rend compte qu’il ne lui reste plus beaucoup de temps avant une possible entrée en guerre. Devant la pression, elle va alors, fait extraordinaire, valider les prototypes des trois constructeurs, commandant à chacun 1 500 exemplaires de pré-série.

Une Willys MB de 1941 première version de la lignée.

Chez Bantam, le BRC-60 s’améliore encore et devient BRC-40. Chez Willys, le Quad devient MA tandis que chez Ford, le Pygmy devient GP. La production des pré-séries est lancée en mars 1941. Bantam va produire jusqu’en décembre près de 2 605 véhicules. Chez Willys, on fabrique dans un délai un peu plus court 1 555 modèles MA (dont beaucoup partiront pour l’URSS dans le cadre d’un contrat prêt-bail). De son côté, Ford produit 4 458 GP ! Mais il faut bien l’avouer, c’est un beau bordel et les Américains n’aiment pas cela : il leur faut un produit, réunissant le meilleur des trois, et capable d’être produit à des centaines de milliers d’exemplaires.

La Ford GPW, une Willys MB produite sous licence chez Ford

Willys remporte la mise

C’est finalement la Willys MA qui est choisie, notamment grâce à son moteur plus puissant ! Mais elle va recevoir de nombreuses améliorations issues des modèles Ford et Bantam. L’armée tient enfin sa bête de somme pour la future armée. Certes, le Japon n’a pas encore bombardé Pearl Harbour mais dans les “milieux autorisés”, chacun s’accorde à dire que la guerre est inévitable, et on s’y prépare activement. Le rouleau compresseur est en marche, avec la “Jeep” comme fer de lance.

Une MB post 1942, avec à son bord le président Roosevelt (en haut) ou Winston Churchill (en bas)

Mais pourquoi Jeep au fait ? Plusieurs hypothèses existent. La première, la plus souvent avancée, voudrait que cela soit un dérivé de GP, le modèle Ford ayant été fabriqué en plus grand nombre, ou bien de GP pour “General Purpose”. Mais beaucoup avancent le lien avec “Eugene the jeep”, le petit singe malin du dessin animé Popeye, qui aurait donné son nom au tout nouveau véhicule passe-partout. Enfin, d’autres remarquent l’utilisation antérieure du mot Jeep, désignant argotiquement tout véhicule militaire en test (Jeep désignant aussi les “bleus”, les nouveaux). Chacun choisira la thèse qui lui va le mieux.

Ford à la rescousse

En juillet 1941, Willys est donc désigné vainqueur et commence la production de la MB mais rapidement, il semble évident que la marque ne pourra pas seule répondre aux besoins militaires. Ford est donc rappelé à la rescousse pour produire sous licence la MB : elle prendra alors le nom de GP-W (le W correspondant à la licence Willys). Il était temps car en décembre 1941, les États-Unis entrent enfin en guerre après l’attaque de la base maritime de Pearl Harbour, à Hawaï. Dès lors, la fabrication entre dans une dimension industrielle incroyable : entre la fin 1941 et la fin de la guerre, en 1945, Willys produira 361 339 exemplaires (dont environ 50 000 partiront en URSS) et Ford 277 896 unités. 

À partir de 1942, la MB et son clone GP-W vont écumer tous les champs de bataille, sous les couleurs américaines, soviétiques, anglaises, canadiennes, australiennes ou françaises. Dès 1943, Willys flaire le filon futur et dépose la marque Jeep. Malin. Rapidement, la Jeep devient le symbole de l’Amérique triomphante, de la résistance à la barbarie mais démontre surtout l’intérêt de quatre roues motrices sur un si petit véhicule. Celui-ci illustre bien l’organisation américaine et sa façon de faire la guerre : elle démontre toute l’importance du mouvement et de la logistique. Adieu side-cars et autres chevaux de 1940, place à la Jeep qui deviendra le véhicule type de toutes les armées du monde à partir de 1945. 

Vers une carrière civile et internationale

Dès la fin de la guerre, Willys pense aussitôt à une déclinaison civile, qui prendra le nom de CJ (Civilian Jeep) tandis que partout, des productions sous licence permettront aux armées du monde entier de s’équiper : en France, ce sera Hotchkiss qui remplacera les 22 000 vieilles MB usées par la seconde guerre mondiale, mais aussi par celle d’Indochine. Elle produira donc la M201, une version à peine évoluée de la MB, preuve que le modèle était encore pertinent même en 1955. Au Japon, Mitsubishi produira aussi la J3, comme tant d’autres constructeurs en Asie.

Aujourd’hui, les Jeep se collectionnent autant pour leur valeur historique que pour leurs capacités tout terrain. Sachez en tout cas que plus le modèle sera authentique (notamment ceux fabriqués pendant la guerre), plus il vaudra cher. Sans même parler des modèles de pré-série devenus quasiment introuvables aujourd’hui. 

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