LOTUS en vente

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Histoire de la marque Lotus

L’histoire de Lotus est intimement liée à celle de son fondateur, Anthony Colin Bruce Chapman, dont on retrouve les initiales sur le logo de la marque – mais dont seul le deuxième prénom est passé à la postérité. Le nom qu’il a choisi pour son entreprise, en 1952, a une origine romantique puisque, selon une légende tenace, il proviendrait du tendre surnom de sa fiancée, Hazel, qu’il appelait « fleur de lotus ». Né en 1928, Colin Chapman est un ingénieur et non pas un motoriste ; il s’intéresse avant tout à la légèreté de ses automobiles, selon le principe, qu’il rendra célèbre, du « Light is right », que l’on pourrait traduire par « Le poids, c’est l’ennemi ». Toutes les voitures conçues sous la férule de Chapman reflètent cette préoccupation majeure ; Chapman se soucie davantage du rapport poids/puissance que de la puissance pure et conçoit des voitures de sport et de course fidèles à cette philosophie. Après avoir fait de premières tentatives sur base d’Austin Seven, Lotus accède à la notoriété avec la Seven lancée en 1957, et qui ne cessera d’évoluer jusqu’à l’arrêt de sa production sous sa marque originelle, en 1972 – Caterham, jusqu’alors concessionnaire Lotus, en rachètera la licence et continue de construire le modèle de nos jours. Mélange de roadster et de cyclecar, la Seven conquiert immédiatement le cœur des sportsmen en délivrant des sensations uniques, compensant la puissance limitée de ses moteurs Ford par un poids de seulement 500 kilos sur les premières versions.

Parallèlement, Colin Chapman crée son écurie de Formule 1 dès 1958. Durant les vingt années qui s’ensuivent, le Team Lotus va écrire l’une des pages les plus glorieuses de l’histoire du sport automobile, remportant notamment sept titres de champion du monde des constructeurs et six titres pilotes, parmi lesquels Jim Clark, Graham Hill, Jochen Rindt ou Emerson Fittipaldi. Plus innovantes que leurs rivales, les Lotus dominent la F1 durant deux décennies mais l’écurie entame un lent déclin après la mort prématurée de Chapman, survenue en 1982, même si Ayrton Senna lui donne la joie de son ultime victoire en Grand Prix en 1987. L’aventure du Team Lotus originel s’achève tristement en 1994, même si le nom de Lotus a, depuis lors, été réutilisé par des écuries sans lien avec Lotus Cars. Durant les années 1960, les nombreuses victoires accumulées sur les circuits renforcent le prestige des Lotus de route ; pourtant, celles-ci ne s’éloignent pas des préceptes édictés par Chapman. Le coupé Elite de 1957, puis l’Elan, qui en prend la succession en 1962, disposent de moteurs quatre-cylindres d’une puissance modérée, ce qui ne les empêche pas de dispenser un grand plaisir de conduire. Toutefois, le lancement de l’Esprit, en 1975, marque un tournant radical pour la firme, qui innove avec une berlinette à moteur central arrière dessinée par le designer italien Giorgetto Giugiaro et animée par un brillant moteur 2 litres à quatre soupapes par cylindre conçu par Lotus.

Produite jusqu’en 2004 à un peu plus de dix mille exemplaires, l’Esprit, profondément restylée en 1987, permet à Lotus de monter en gamme car, si l’auto ne dispose que d’un quatre-cylindres, sa légèreté et l’équilibre de son châssis lui permettent très vite de rivaliser avec les Porsche 911 ou Ferrari 308 – en particulier à partir de 1980, quand la première Esprit Turbo fait son apparition. La voiture achèvera sa carrière nantie d’un V8 biturbo de 355 ch. Entretemps, Lotus avait été cédée à l’industriel italien Romano Artioli, sous l’égide duquel apparut l’Elise en 1996. Incarnation même de la philosophie Lotus adaptée à la modernité, l’auto conquiert d’emblée tous les amateurs de pilotage. Compacte, d’une admirable légèreté, dépourvue de toute sophistication superflue, aussi réjouissante à mener sur route ouverte que sur circuit, l’Elise va se décliner en trois générations et connaître de multiples dérivés jusqu’en 2021. C’est à ce moment que la stratégie de Lotus, désormais contrôlée par le groupe chinois Geely, opère son virage vers l’électrification. Seule la berlinette Emira, présentée en 2022, et qui sera l’ultime Lotus à moteur thermique, perpétue l’héritage des anciens modèles. Le SUV Eletre et la berline Emeya, à propulsion électrique, dessinent l’avenir de la marque.