Fini le secret : le père de Lewis Hamilton met aux enchères 27 trésors de sa collection
Quand les passions se transmettent différemment
On croit souvent que les grands succès ne laissent place qu'à l'accumulation : plus de trophées, plus de souvenirs, plus d'objets précieux. Pourtant, il arrive un moment où l'on s'interroge sur ce que signifie vraiment transmettre. Vous avez sans doute déjà songé à ce que deviendraient vos propres collections ou trésors familiaux. Et si, au lieu d'entasser, la vraie richesse était de savoir passer le flambeau autrement ?
Un patrimoine discret bientôt exposé aux enchères
Lewis Hamilton, le pilote de Formule 1 de tous les records, est aujourd'hui une figure mondiale. Mais dans l'ombre de cette réussite, un autre passionné a bâti, loin des circuits médiatiques, une collection d'automobiles dont peu connaissaient l'existence. Anthony Hamilton, son père, a amassé au fil des années des pièces uniques de l'automobile britannique, une rareté longtemps cachée des regards. Or, cette réserve privée va s'ouvrir : le 25 juillet 2026, la vente de 27 voitures de sa collection, orchestrée par Iconic Auctioneers dans le cadre du BRDC Classic à Silverstone, s'annonce aussi spectaculaire qu'inattendue. Ce chiffre de 27 véhicules, principalement des modèles légendaires, reflète bien plus qu'un simple goût de l'esthétisme ou de la performance. Derrière la mise à prix – estimée à plus de 3 millions de livres, soit environ 3,5 millions d'euros – se dessine l'histoire d'un père qui a tout donné à la carrière de son fils. Est-ce ainsi que se réinvente le sens de la transmission familiale ?
Des modèles rares, témoins d'une histoire extraordinaire La passion automobile d'Anthony Hamilton ne date pas d'hier. Dès 1988, lors de vacances à Ibiza, il fait découvrir le karting à son fils âgé de trois ans. Il sacrifie ensuite son temps, cumulant de nombreux emplois pour offrir un kart d'occasion à Lewis pour Noël alors qu'il n'a que huit ans. À dix ans, les victoires s'accélèrent, au prix d'efforts intenses, allant jusqu'à réhypothéquer la maison familiale afin de soutenir les débuts du futur champion. Avant même l'époque des karts, un modèle télécommandé offert par le père restera chéri par la famille, comme une relique "sans prix" que Lewis domptait dès cinq ans face à des adultes dans les clubs locaux.
Pendant plus de vingt ans, Anthony Hamilton s'est impliqué comme entraîneur puis manager jusqu'en 2010, année où le lien professionnel s'efface pour laisser place à la relation père-fils. Entre-temps, Lewis Hamilton est devenu septuple champion du monde, parmi les sportifs les mieux rémunérés. Parallèlement, le père s'est laissé guider par sa passion, achetant avec patience des voitures de légende. La vente organisée à Silverstone sera d'autant plus forte en symbole qu'elle aura lieu sur la Hamilton Straight – la ligne droite renommée en 2020 en hommage au pilote. Parmi les véhicules vedettes, une Jaguar XJ220 de 1994, l'une des 69 livrées en conduite à droite au Royaume-Uni, totalisant un peu plus de 6 110 km, attire toutes les attentions avec une estimation dépassant les 500 000 $. Vient ensuite une réplique rare de la Jaguar XKSS de 2007, évaluée à 375 000 $. Deux répliques de Jaguar C-Type, reproductions exactes de modèles ayant marqué les 24 Heures du Mans 1951, devraient atteindre chacune environ 225 000 $.
De la collection à la transmission : une évolution naturelle
Au-delà de ces pièces phares, le reste du garage témoigne de la diversité des goûts d’Anthony Hamilton. On y retrouve des modèles iconiques côté Mercedes, comme la 190 SL de 1960, la C63 AMG Edition 507 de 2013 et un 300 SL (R107) ayant appartenu au boxeur britannique Billy Walker. L’univers Aston Martin se décline avec un Lagonda Series 2, un V8 Series 3 de 1974 et un rare V8 Coupé de 1998, produit à seulement 101 exemplaires. Toute la gamme Mini Cooper S des années 1960 s’aligne, du 970 S au 1275 S, à côté des Triumph dont un Italia 2000 Coupé acclamé pour son alliance unique de design italien et de technologie sportive britannique, deux Spitfire, un GT6 MkI et un TR5 déclaré prototype unique et véritable archive sur roues.
Cette dispersion du patrimoine automobile s’inscrit dans la continuité d’annonces récentes : Anthony Hamilton prépare désormais le lancement d’HybridV10, un festival mondial de sport automobile dont la première édition se tiendra entre 2028 et 2029. Il n’est donc pas question d’un simple adieu, mais du début d’un nouveau chapitre, où la passion des moteurs se partage autrement, pour offrir à d’autres l’accès à ces témoignages vivants de l’histoire mécanique.
L'avenir d'une histoire familiale sans cesse réinventée
Ce que l'on retient désormais : la transmission ne se limite pas à l'accumulation. Le choix d’Anthony Hamilton de vendre sa collection change la donne et bouscule la vision classique du legs familial. On découvre ainsi qu’il est possible de célébrer, de transmettre et même de se libérer, tout en inspirant les nouvelles générations à écrire leur propre histoire. La passion, elle, continue de rouler, d’une collection à l’autre.
