Citroën BX 4TC : la voiture que Citroën préfère oublier

Mercredi 14 mai 2014
Retour

La Citroën BX 4TC a une histoire particulière que la marque aux chevrons préfère oublier. Pourtant elle est désormais très recherchée, avec une côte relativement haute, et c’est sûrement l’une des plus rares des Citroën.

La BX a été lancée en 1982, et rencontre un beau succès commercial. Guy Verrier, le directeur du service compétition, a décidé de se servir de ce modèle (après avoir hésité avec la Visa, lire aussi: Visa Lotus) pour profiter lui aussi du succès du Groupe B en Rallye, où Peugeot vole de succès en succès avec sa 205 Turbo 16. Ce choix d’aller concurrencer la marque sœur sur le même terrain sportif peut paraître étonnant, surtout que la concurrence y est vive (Lancia et sa S4, Ford et sa RS200, Austin Rover et sa 6R4 , Audi et sa Quattro). Doté d’un budget limité, Citroën va devoir faire des miracles, et contrairement aux autres constructeurs, elle sera la seule « groupe B » vraiment dérivée d’une voiture de série.

L’objectif initial sera d’être prêt pour concourir lors de la saison 1985, mais les délais ne seront pas tenus. Car pour être homologué en groupe B, la BX 4TC doit respecter le règlement exigeant la construction de 200 véhicules de série. Cette « série 200 » (version de série) comme on l’appelle sera construite par Heuliez, tandis que les « Evolution » (version de course) seront construites par le services compétition de Citroën à Trappes.

La BX 4TC utilise un moteur de Peugeot 505 (issu de Simca-Chrysler), un 4 cylindres turbo de 2,2 litres développant 200 ch pour la série 200 et 380 ch pour la série Evolution. L’utilisation de ce moteur implique la modification de l’avant, augmentant le porte à faux, et qui sera en partie responsable du difficile équilibre de la voiture (et accessoirement de sa laideur). Pour respecter le budget, la base est une carrosserie de BX 5 portes, et Citroën va utiliser un maximum d’éléments déjà existant : jantes de CX Gti Turbo, aileron de BX Sport, et boîte de la vitesse de la SM, encore fabriquée pour Lotus (la seule capable d’encaisser la puissance et le couple du moteur).

La BX sort en 1985, et la presse est déçue par ses performances. La faute à un trop grand poids sur le train avant, et à des réglages encore imparfaits. La construction du modèle semble être faite « à l’arrache », et le ressenti des journalistes ne favorisera pas sa carrière, et son engagement sportif non plus.

Au Rallye de Monte Carlo où deux BX sont engagées pour la première fois, elles abandonnent. Au rallye de Suéde, elles terminent 6ème. Citroën décide alors de suspendre son engagement pour mettre au point la voiture, et revenir pour le rallye de l’Acropole. Mais entre temps, au rallye du Portugal, la Ford RS200 de Joaquim Santos sort de la route et tue 3 spectateurs et en blesse de des dizaines. Au rallye de Corse, la Lancia Delta S4 de Toivonen quitte la piste et son réservoir explosa au contact des arbres et des rochers, tuant sur le coup le pilote et le co-pilote : les jours du groupe B sont alors comptés. Au rallye de l’Acropole, les BX sont une fois encore contraintes à l’abandon.

C’en est trop pour Citroën qui décide d’arrêter les frais en compétition. Les séries 200 sont dans un premier temps bradées, sans pour autant arriver à écouler plus de 85 exemplaires. La marque décide alors d’effacer toute trace de ce modèle, et fait détruire le stock restant sous contrôle d’huissier. On dit même qu’elle tenta de racheter les modèles vendus à leurs propriétaires pour définitivement oublier ce modèle. Aujourd’hui, il reste environ 40 exemplaires recensés de la série 200 et 4 de la version Evolution (sur les 20 construits à Trappe). Sachez en tout cas que la cote s’envole, et qu’il faudra mettre la main au portefeuille tout en étant très convaincant pour s’en offrir une !

Lire aussi: Peugeot 305 V6 Rallye

Images: DR, Citroën, Artcurial, Heuliez

Galerie d'image

Voir toute la galerie

Contenu alimenté par

Vous recherchez ou vendez

une auto de collection

Concours

CLASSIC & SPORTS CAR


Tentez de gagner un reportage sur vous et elle dans notre magazine partenaire
Classic & Sports Car France.

Articles associés

4 commentaires

saxoph

Le 15/05/2014 à 11:15

La BX 4TC est exceptionnelle: elle associe la puissance, la traction intégrale débrayable, la suspension hydropneumatique, la direction à rappel asservi Diravi. Sa conduite est un régal. Confort, adhérence, maniabilité étonnante… En particulier cette direction unique au monde (qui équipait SM, CX et XM) est extraordinaire, et ceux qui ne la connaissent pas ne peuvent pas avoir idée de sa supériorité sur les autres directions assistées même les plus modernes.

Paul

Le 15/05/2014 à 18:56

Tout à fait… La BX 4TC méritait juste d’être mieux mise au point. Cependant, on peut dire qu’elle a eu la scoumoune: budget faiblard, mauvais résultats au départ, fin précipitée du groupe B et aucune persévérance de la part de Citroën…

Jérémie

Le 15/05/2016 à 13:46

Peugeotiste dans l’âme, je ne me permettrait pas pour autant de tirer à boulet rouge sur cette BX. Car malgré ces piètres performances en rallye, il fallait reconnaître à Citroen le mérite d’avoir essayé. Il faut aussi reconnaître cependant que le monde du sport automobile n’est pas franchement la spécialité de la firme de Javel.
On se souvient plus volontiers des Citroen pour leur confort ou leurs innovations techniques que pour leurs modèles sportifs. Bref on ne peut pas être bon en tout.
Reste que 30.000 pour une voiture existant à 40 exemplaire, ce n’est encore pas exorbitant pour un modèle dérivé de la compétition, quand on voit les prix d’une 205 T16…

Olivier

Le 11/11/2018 à 09:11

16 titres constructeur, 96 victoires, 12 titres pilotes, 36 victoires en Rallye Raid dont 4 Dakar, 5 titres pilotes, 5 titres constructeur. Heureusement que le sport Automobile n’est pas une spécialité de Citroën ! 😉

Laisser un commentaire