Aston Martin Vanquish : le V12 est éternel
GT et Supercars

Aston Martin Vanquish : le V12 est éternel

Par Nicolas Fourny - 14/11/2025

"Contre toute attente, le V12 biturbo Aston parvient une fois encore à survivre"

Placée, par intermittence, au faîte du catalogue Aston Martin depuis 2001, la Vanquish n’en finit pas de mourir puis de ressusciter – avec une constante, toutefois : dans ses itérations successives, l’auto n’a jamais connu autre chose qu’un V12, ce qui lui confère l’essentiel de son intérêt au moment où la firme anglaise se repose essentiellement sur le V8 d’origine AMG. D’une manière générale, les GT à moteur avant animées par un moteur douze-cylindres se raréfient, à tel point qu’après le renoncement de Bentley, il ne subsiste plus, à ce jour, que la bien nommée Ferrari 12Cilindri et la Vanquish qui nous occupe aujourd’hui. L’amateur se trouve donc confronté à un choix difficile : du V12 britannique ou de son rival italien, lequel l’ensorcellera-t-il à coup sûr ?

Un modèle à éclipses

On l’a dit, la Vanquish – à l’instar de la DBS, autre appellation maison disparaissant puis réapparaissant à intervalles irréguliers et à tour de rôle – n’a pas connu l’irréfutable longévité d’une Porsche 911 ou d’une Mercedes-Benz SL. Dévoilée il y a près d’un quart de siècle, la toute première Vanquish (ce qui signifie « vaincre » dans la langue de Shakespeare) trônait déjà tout en haut de la gamme Aston et se voyait gratifiée du V12 inauguré par la DB7 Vantage deux ans auparavant. Pour autant, et en dépit d’un indiscutable air de famille, l’auto différait profondément de son aînée, avec son châssis spécifique conçu en collaboration avec le bureau d’études Lotus et sa carrosserie au design tout aussi exclusif. Délivrant la très confortable puissance (pour l’époque) de 460 ch, la Vanquish originelle se rapprochait à cet égard de la Ferrari 550 Maranello – laquelle reprit néanmoins bientôt ses distances sous la forme de la 575, de toute façon plus efficace sur la route, de l’avis général, que la voiture de Newport Pagnell, construite à un peu plus de 2500 unités en six ans avant d’être remplacée par la DBS de 2007, qui céda la place, cinq ans plus tard, à la Vanquish de deuxième génération, elle-même occise par la DBS Superleggera en 2018 ! Vous suivez ?

L’éternel retour

Depuis la DBS deuxième du nom – celle que Daniel Craig a malmenée dans Casino Royale –, Aston a perpétué la tradition d’une GT sommitale étroitement dérivée de son modèle le plus emblématique du moment. De la sorte, les DB11 et DB12 ont, elles aussi, connu des variantes plus épicées, mieux motorisées et au caractère sportif plus affirmé. Et l’actuelle Vanquish, qui a fait son retour depuis 2024, ne fait pas exception à la règle, même si l’auto se distingue dorénavant davantage de la DB12 que feue la DBS Superleggera ne se différenciait de la DB11. Si la confusion demeure possible lorsqu’un profane considère la voiture de face, elle devient impossible au niveau de la poupe, très peu « Aston » dans l’esprit pour le coup, mais très impressionnante, avec un arrière très massif, de type « Kamm tail », autrement dit à pan coupé, serti de feux verticaux.

Deux salles, deux ambiances

Mais c’est bien sûr sous le capot que se blottissent les modifications les plus significatives. Exit le V8 allemand, devenu la seule option possible pour les acquéreurs de la DB12 ; contre toute attente, le V12 biturbo Aston parvient une fois encore à survivre grâce à la Vanquish III, même si la firme de Gaydon n’en produira qu’un millier par an. Et l’objet continue de nous fasciner, pas seulement par sa rareté – après tout, les moteurs à douze cylindres ont toujours incarné une forme d’aristocratie mécanique très difficilement surpassable et marginale par essence – mais aussi par ses caractéristiques qui, une fois encore, invitent à la comparaison avec qui-vous-savez. Certes suralimenté mais se dispensant de tout soutien électrique, le V12 anglais ne rend pas les armes face à son rival italien, au typage très divergent : avec 835 ch à 6500 tours/minute et 1000 Nm, le 5,2 litres de la Vanquish, sensiblement amélioré par rapport à sa précédente itération (dans la DBS 770 Ultimate, il délivrait soixante-cinq chevaux de moins), parvient même à toiser la 12Cilindri (pour mémoire : 830 ch à 9250 tours et 678 Nm tirés d’un non moins extraordinaire 6,5 litres atmosphérique).

Gaydon ou Maranello ?

Mais qu’importe ! À ce niveau, les quelques chevaux ou newtons-mètres d’écart, de même que les dixièmes de seconde grappillées ici ou là n’ont plus aucune importance. Choisir l’Aston plutôt que la Ferrari (ou l’inverse), c’est avant tout une question d’ordre esthétique – tout comme, il y a soixante ans, l’on pouvait hésiter entre une DB5 et une 275 GTB. Si la 12Cilindri existe en berlinette ou en spider à toit escamotable en dur, la Vanquish est pour sa part proposée sous la forme d’un coupé ou d’un cabriolet à capote en toile. C’est cette version dont Sport Auto a publié l’essai dans son numéro de septembre 2025, sous la plume de Sylvain Vétaux. « Le V12 de la 12Cilindri est plus mélodieux ? Probablement mais, en matière de force brute, il n’offre pas cette sensation de tumultueux torrent » écrit l’essayeur, avant de conclure que le V12 Aston figure parmi les cinq meilleurs moteurs du monde… Plus rigoureuse que la DBS 770, cette GT de haut vol est tout aussi capable d’arsouiller que de vous emmener dans des voyages au long cours dont le souvenir vous éblouira longtemps. Puisse cette magie nous envoûter encore très longtemps !

5204 cm3Cylindrée
835 chPuissance
344 km/hVmax
Nicolas Fourny

Nicolas Fourny

Nicolas Fourny est rédacteur indépendant pour Car Jager, diplômé de l'ESJ Paris (École Supérieure de Journalisme). Passionné par l'automobile sous toutes ses formes, il explore le passé et le présent des plus grandes mécaniques avec une plume exigeante et documentée. Nicolas met son expérience journalistique au service d'une écriture à la fois précise, évocatrice et fiable. Chaque article est le fruit d'une recherche approfondie et d'un regard passionné, porté par une connaissance fine de l'histoire automobile. Rigueur, style et curiosité guident son travail, dans une quête permanente de justesse éditoriale, au service des lecteurs exigeants et des passionnés.

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