
Ferrari vient de dévoiler sa voiture la plus chère, et personne ne sait comment la décrire
Ferrari vient d’entrer dans une ère que beaucoup pensaient presque impossible. La Luce est la première voiture de série entièrement électrique de la marque. Longue de 5,02 mètres, forte de 1 050 chevaux et vendue 550 000 € en Italie, elle ne ressemble à aucune Ferrari connue. Mais une Ferrari peut elle encore surprendre quand elle abandonne le moteur thermique ?
La Ferrari Luce marque une rupture majeure dans l’histoire du cheval cabré. Depuis l’annonce du projet, cette première Ferrari de série 100 % électrique nourrissait toutes les spéculations, d’autant que les premières vues de son habitacle, conçu avec d’anciens designers vedettes d’Apple, avaient déjà beaucoup fait parler. Avec les images complètes de la voiture, le choc est encore plus net : la Luce ne reprend ni les codes habituels de Maranello, ni même l’allure du Purosangue, alors qu’elle partage avec lui une certaine idée de la Ferrari familiale.
Une silhouette impossible à ranger dans une case
La Luce repose sur un châssis spécifique, distinct de celui des autres Ferrari actuelles. Voilà déjà un signal fort. Mais c’est surtout sa carrosserie qui surprend. Difficile de lui attribuer une catégorie précise. Elle évoque par moments une berline haute, parfois un coupé allongé, et sous certains angles presque un monospace sportif. Ferrari n’a jamais rien produit de vraiment comparable depuis sa création.
Ses dimensions confirment ce positionnement inédit. La Luce mesure 5,02 mètres de long. Elle dépasse donc légèrement le Purosangue, annoncé à 4,97 mètres, tout en restant un peu plus courte que la nouvelle Mercedes AMG GT Coupé 4 Portes électrique, qui atteint 5,09 mètres.
La première Ferrari pensée pour cinq occupants
L’habitacle suit la même logique de rupture. Son dessin s’éloigne radicalement de celui des autres modèles de la marque, comme si Ferrari avait voulu éviter toute continuité trop visible avec ses sportives thermiques.
La grande nouveauté se trouve aussi dans l’aménagement. La Luce devient la première Ferrari de l’histoire à proposer cinq vraies places. L’absence d’une transmission classique envoyant la puissance vers l’arrière libère de l’espace et permet cette configuration inédite pour Maranello. C’est un changement symbolique. Ferrari ne se contente plus d’ajouter des sièges arrière utilisables, comme sur certains modèles à vocation plus polyvalente. Elle entre dans une logique de voiture réellement habitable.
Une batterie de 122 kWh et quatre moteurs
Sous l’habitacle, Ferrari installe une batterie NMC de 122 kWh. Elle fonctionne avec une architecture électrique de 800 volts, devenue la référence pour les modèles capables d’encaisser de fortes puissances de charge. Cette batterie alimente quatre moteurs, chacun placé au niveau d’une roue. Ferrari retient ici une technologie à flux radial, proche de celle utilisée sur les blocs électriques de la Ferrari F80. Le choix n’est pas anodin. La Luce n’utilise pas de moteurs à flux axial, contrairement à la Mercedes AMG GT Coupé 4 Portes. Ferrari avait pourtant déjà recours à des composants de ce type fournis par la société britannique Yasa sur la 296 GTB, tandis que Lamborghini les utilise aussi sur les Revuelto et Temerario. Mais Yasa appartient désormais au groupe Mercedes. Le constructeur allemand ne souhaite plus partager cette technologie avec ses rivaux, ce qui explique en partie l’orientation technique retenue par Ferrari.
1 050 chevaux, mais une concurrence déjà au niveau
La fiche technique reste spectaculaire. En mode Launch Control, la Ferrari Luce développe jusqu’à 1 050 chevaux. Le couple atteint 990 Nm. Le poids, lui, grimpe à 2 260 kg. C’est beaucoup pour une Ferrari, même si l’auto reste moins massive que certaines rivales électriques de très haut niveau. Les performances parlent d’elles mêmes. La Luce passe de 0 à 100 km/h en 2,5 secondes, atteint 200 km/h en 6,8 secondes et peut filer jusqu’à 310 km/h. Ces chiffres impressionnent, mais ne bouleversent pas la catégorie. La nouvelle Mercedes AMG électrique revendique un dixième de mieux sur le 0 à 100 km/h, une valeur identique sur le 0 à 200 km/h et la même vitesse maximale.
La vraie promesse sera dans le comportement
Ferrari mise donc moins sur une domination brute que sur le ressenti au volant. La présence d’un moteur par roue ouvre des possibilités très poussées en matière de vectorisation de couple. En clair, la voiture peut doser précisément la puissance envoyée à chaque roue afin d’améliorer l’agilité, la motricité et l’efficacité en virage. C’est sur ce terrain que la Luce sera particulièrement attendue. Le son n’est pas oublié, même si l’époque change. Ferrari prévoit un système qui amplifie dans l’habitacle les bruits produits par les moteurs électriques. Cette fonction ne sera disponible que dans les modes de conduite les plus sportifs.
530 kilomètres d’autonomie annoncés
Côté usage, Ferrari annonce une autonomie maximale de 530 kilomètres. La puissance de charge en courant continu peut atteindre 350 kW. La batterie de 122 kWh pourra récupérer 70 kWh en 20 minutes. Le chiffre place la Luce dans la bonne moyenne des voitures reposant sur une plateforme 800 volts, sans toutefois la placer au sommet. La Mercedes AMG GT Coupé 4 Portes électrique annonce une charge de 10 à 80 % en 11 minutes. BYD et Denza vont encore plus loin avec leur système Fast Charging, capable de passer de 10 à 97 % en 9 minutes sur des batteries de 122 kWh elles aussi.
Cela ne devrait pas forcément inquiéter Ferrari. Les clients de la Luce ne choisiront probablement pas ce modèle d’abord pour gagner quelques minutes à la borne. Au moins, les chiffres annoncés évitent à cette première Ferrari électrique de paraître dépassée face au marché actuel.
550 000 € pour la Ferrari de série la plus chère
Le positionnement tarifaire confirme l’ambition du modèle. En Italie, la Ferrari Luce sera facturée 550 000 € TTC, avec une TVA de 22 %. Cela en fait la Ferrari de série la plus chère de la gamme actuelle. Elle se place très nettement au dessus du Purosangue, de la 12cilindri et de la 849 Testarossa. Ce tarif dit beaucoup de la stratégie de Maranello. La Luce n’est pas présentée comme une électrique d’accès, ni comme une simple alternative écologique. Elle arrive comme un objet statutaire, technologique et volontairement déroutant.
Une Ferrari qui va diviser
Reste la question centrale : les clients Ferrari accepteront ils une voiture aussi éloignée des codes historiques de la marque ? La Luce cumule les ruptures, entre motorisation électrique, silhouette difficile à définir, cinq places et ambiance intérieure totalement nouvelle. Mais Ferrari sait aussi transformer la controverse en événement. Chaque détail de cette voiture semble conçu pour provoquer une réaction, qu’elle soit enthousiaste ou sceptique. La Ferrari Luce ne cherche pas seulement à entrer dans l’électrique, elle veut imposer une nouvelle idée de Ferrari, quitte à laisser tout le monde sans voix.