Shelby Mustang GT350 1965 : poney frappé du cobra
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Shelby Mustang GT350 1965 : poney frappé du cobra

Par Paul Clément-Collin - 07/12/2017

Je vais vous paraître dingue, mais je ne serai jamais collectionneur de Ford Mustang… Malgré ma participation en juin dernier aux Mustang Days à Magny-Cours, où j’ai pu apprécié l’ambiance américaine et bon enfant des amateurs de poneys sauvages, je ne suis toujours pas convaincu par la bête. Attention, je n’ai pas dit que je n’aimais pas, ni qu’elle n’avait pas des qualités, mais je trouve presque « trop facile » de la collectionner : zéro prise de risque, cote d’amour toujours au top, acheter une Mustang c’est autant un plaisir qu’un placement. Je sais, j’exagère, mais vous voyez sans doute ce que je veux dire : aimer les Mustangs est à la portée de tout le monde, et n’importe qui dans la rue saura dire « oh une Mustang ». Pourtant, je l’admets, un modèle en particulier sort du lot à mes yeux : la Shelby Mustang GT350 de 1965 !

Vous allez me dire que moi aussi je rentre dans la facilité : tout le monde aime la Mustang, et a fortiori tout le monde aime la Shelby GT350 ! C’est vrai, tout cela n’a rien de rationnel pour moi, juste que s’il fallait ne garder qu’un seul petit poney, ce serait celui-là, sans doute parce qu’il est frappé du cobra qui rend fou ? Sûrement, car le nom de Caroll Shelby rajoutée à celui de Mustang satisfera mon côté snob : « Tu roules en Ford Mustang ? »… « Non désolé, je roule en Shelby ». Ca fait tout de suite beaucoup plus classe. C’est mesquin, je sais, mais ça vous pose déjà un peu plus en spécialiste.

Il y a aussi la parfaite antinomie entre une Ford Mustang et une Shelby Mustang. Celle frappée de l’ovale bleue est une « fausse » sportive qui en a plus le look que l’esprit, dédiée à la masse populaire et vendue à bas prix (du moins aux Etats-Unis dans ces années là) : un pur produit marketing de masse comme seuls les américains savaient le faire. Il ne fallu pas attendre longtemps pour que la Mustang soit un succès populaire qui heurte mon besoin d’exclusivité. A contrario, la celle frappée du Cobra est un produit de niche, dédié à la performance, perdant ses attributs de voiture à la mode pour se concentrer sur la performance (à l’américaine, on s’entend). Pas de version cabriolet ou coupé hard top, que du fastback. Adieu les 4 places confortables, n’en restent plus que 2 pour un plaisir égoïste (laissant place à la roue de secours. Adieu aussi le confort, tout est a minima, un confort que les versions 1966 regagneront un peu, d’où mon choix du millésime 1965. Enfin, pas de choix de couleur autre que le Wimbledon White, agrémenté d’un strip bleu sur le bas des ailes siglé GT 350 ! La classe.

Bon en option, on pouvait tout de même rajouté les bandes bleues sur le capot et sur le toit, appelées « Le Mans Stripe ». Ce qui est assez rigolo d’ailleurs, c’est qu’à l’époque, moins d’un tiers de client choisira cette option, alors qu’aujourd’hui, tous les modèles survivants ou presque en sont dotés, la plupart du temps rajoutés a posteriori. C’est évidemment avec ces bandes que je la choisirais, tant elles renforcent l’impression de sportivité et de muscle qui se dégage pourtant naturellement de la GT350. Autre et dernière option : des jantes Cragar spécifiques.

Toutes les GT 350 1965 sont dotées d’une boîte manuelle à 4 vitesses Borg Wargner (une boîte manuelle aux USA à l’époque, c’était l’apanage des sportives et des européennes, voire des deux), d’un capot moteur en fibre de verre (histoire d’alléger encore un peu plus). Sous le capot, on retrouve le V8 Windsor K-Code de 289 ci (environ 4,7 litres) poussé de 275 ch à l’origine à 310 chevaux sur ces versions Shelby. Avec l’allégement de la voiture, et les améliorations diverses (autobloquant « Detroit Locker », freinage amélioré avec des tambour de Ford Galaxie à l’arrière et des disques Kelsey-Hayes à l’avant etc), la Shelby Mustang GT350 était une vraie sportive, virile à conduire (sans direction assistée) et absolument inconfortable.

Normal, il s’agissait de produire un modèle justement destiné à la course pour le championnat SCCA, catégorie B production. Ford ayant bien compris le potentiel image d’une Mustang en compétition, s’était donc tourné dès 1964 vers Shelby pour concocter cette GT350 aux petits oignons. D’entrée de jeu, deux versions sont disponibles : la GT350 « classique » destinée à être vendue en concession, et la GT350R (R pour Race) conçue réellement pour la compétition qu’elle gagnera 3 années d’affilée. 34 exemplaires de la R seront produits, tandis que la version route s’écoulait à 528 exemplaires. Les Mustang prélevées sur la chaîne à San José était envoyées chez Shelby à Venice Beach pour y être modifiées.

Puissance, rareté, logo désirable (elle était contemporaine de l’AC Cobra, produite elle aussi par Shelby et disposant du même moteur), silhouette et couleurs reconnaissables entre toutes, choix de spécialiste, produite sur une seule année (les modèles 1966 récupéraient déjà trop de confort, et s’offraient plusieurs couleurs), autant de petites choses qui sont sans doute des détails pour vous, mais qui pour moi veulent dire beaucoup.

Bien entendu, il n’est pas question de casser ma tirelire pour une Shelby Mustang GT350 : pas besoin puisqu’elle est vide, et que le prix d’un tel jouet dépasse l’entendement, mais peu importe, car il s’agit pour moi de la Mustang ultime, avec pour vocation de rester dans le domaine du rêve. Un rêve bien agréable à l’oeil, à l’oreille et pour tous les sens d’ailleurs.

Je ne suis pas le seul sans doute à désirer une telle bête puisque Ford n’hésite pas à proposer aujourd’hui aux USA (et au compte-goutte en Europe) une variante GT350R de sa nouvelle Mustang, variante que nous avions pu tester en juin dernier (lire aussi : Ford Shelby Mustang GT350 R 2017).

Paul Clément-Collin

Paul Clément-Collin

Paul Clément-Collin est une figure reconnue du journalisme automobile français. Fondateur du site culte Boîtier Rouge, sacré meilleur blog auto aux Golden Blog Awards 2014 et cité parmi les médias auto les plus influents par Teads/eBuzzing et l’étude Scanblog Advent, il a ensuite été rédacteur en chef de CarJager et collaborateur de Top Gear Magazine France. Journaliste indépendant, spécialiste des voitures oubliées, rares, iconiques ou mal-aimées, il cultive une écriture passionnée et documentée, mêlant culture auto, design, histoire et anecdotes authentiques, et intervient également sur des événements majeurs comme le Mondial de l’Auto.

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