DAF 600 : l’innovante citadine et son Variomatic

Mercredi 19 juillet 2017
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Pour beaucoup, DAF n’est qu’un constructeur de camion, et ils auront raison : c’était l’activité initiale (depuis 1928) et ça l’est toujours, même si la marque appartient aujourd’hui au groupe américain Paccar. Pour moi, c’est l’automobile de mon enfance : pas celles dans lesquelles je montais (essentiellement des Peugeot 104 – dont une ZS – 304, 504, 305 puis 405, ou bien des Citroën, notamment GS et CX), non, mieux, celle que je conduisais. Ma tante Babet’ (la sœur de ma Grand-Mère) semblait avoir besoin d’une voiture « facile » et, avant l’invasion de la boîte automatique, la DAF et sa transmission « à variateur » sans pédale d’embrayage, était la voiture rêvée de la femme libérée « de l’époque ». Sa vieille Daf 33 (remplacée entre temps) resta longtemps « plantée » dans le garage de la Girarderie, offrant à tous les cousins des heures de conduites gratuites et statiques ! Mais aujourd’hui, je vais vous parler de son ancêtre, la Daf 600.

J’avoue avoir hésité à « commettre » cet article : je connais un fou furieux de la marque, propriétaire d’un paquet de modèle (je préfère même pas dire le nombre), qui pourrait bien me reprendre sur les erreurs possibles/probables/inévitables. Tant pis, je me lance ! Parlons peu, mais parlons Daf. En fait, la marque en tant qu’entité automobile n’aura vécue que très peu de temps. Née en 1958 avec la 600, elle sera rachetée en 1975 par Volvo, ses derniers avatars se transformants en batavo-suédoise sous le sobriquet de série 300 (lire aussi : Volvo 340/360).

En 1958, on en est pas encore là. Chez Daf, on a l’ambition d’attaquer le marché de l’auto par le biais de la simplicité, avec un boîte automatique étonnante, appelée Variomatic. En fait, il s’agit d’une boîte qui fonctionne comme un élastique. Ca marche aussi bien à l’avant qu’à l’arrière (ce qui permet des vitesses hallucinantes en marche arrière), sans changement de vitesse, et donc sans à coup. Pas besoin non plus d’embrayage, juste un levier avant/neutre/arrière. Aujourd’hui, on veut pas se la jouer DAF, alors on appelle ça CVT, une transmission qui se veut l’héritière de la Variomatic.

Daf, marque néerlandaise de camion, cherche à arriver sur le marché avec une vraie innovation : ce n’est pas idiot, l’occident se motorise, et avec lui une flopée de femmes emmerdées (à raison) avec de dures pédales d’embrayage nécessitant des mollets d’athlètes. Regardes les photos de presse illustrant cet article : il y a toujours une femme à côté de la DAF 600. La cible est toute trouvée : la femme libérée, ou en passe de l’être, en cette fin des années 50 et début des années 60.

Facilité, compacité, la DAF 600 a tout compris, et se paye le luxe de n’être pas si moche, si l’on compare avec la concurrence dans le domaine des petites voitures. Une petite tendance américaine, mêlée à une retenue toute batave, donne une petite batave pas si dégueu avec un peu de recul (et d’objectivité).

Au menu ? Un flat Twin de 590 cm3 développant la bagatelle de 22 chevaux, autorisant un petit 96 km/h : largement suffisant pour la cible visée (oui, on était un peu macho à cette époque). Et mine de rien, la sauce va prendre, avec une commercialisation en 1959, et 30 563 exemplaires produits jusqu’en 1963, avant que l’épopée DAF ne se poursuive avec la 750 plus luxueuse (et plus puissante, comme son nom l’indique), puis la 33 précédemment citée.

Voiture facile, économique, plutôt jolie, la 600 et ses descendantes offriront jusqu’au rachat par Volvo une possibilité jusqu’alors réservée aux grosses américaines : se passer de transmission manuelle ! La DAF, par cette innovation (le Variomatic n’est pas tout à fait la même chose que l’automatique), aura rapidement un qualificatif de voiture de minettes, ou de vieilles (comme ma grand-tante).

Aujourd’hui, plus personne ne s’intéresse à DAF, à part le fou furieux dont je vous parlais, qui se « rattrape » en aimant les Saab et en bossant dans le milieu « fermé » de l’automobile. Il en faut des comme ça, qui préservent le patrimoine, insensibles aux quolibets. Le même dispose aussi d’une 4L Sinpar dans laquelle j’ai pu monter : un homme éclectique, évidemment, de bon goût, assurément !

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17 commentaires

Quentin R.

Le 19/07/2017 à 17:07

Je serais curieux d’essayer une DAF un jour… A l’époque, en Belgique et aux Pays-Bas, certains organisaient des courses… en marche arrière!!! C’était à celui qui roulait l’plus vite.
Paul, le doux-dingue des bretelles à qui tu dédies l’article, ne serait-ce pas lui dont quelques-unes de ses autos ont-été présentées dans Youngtimers il y a deux ans environ?

Henri Graber

Le 19/07/2017 à 18:20

Précisons que, à partir de la 44, toutes les DAF ont été dessinées par Giovanni Michelotti, et qu’elle furent, après le bicylindre, équipées du Cléon-fonte.

Philippe

Le 19/07/2017 à 21:19

Les 44/55/66 partagent les mêmes caisses à la face avant près , Michelotti a donc dessiné … la 44 🙂
Il y a eu des coach, des coupés, des breaks 2 portes.
Les 55 et 66 furent équipées du Cléon-fonte dont les fameuses « Marathon » qui firent merveille en rallye mais on est hors sujet.
La photo prise avec une Pobeda sur une place qui pourrait être à St Petersbourg constituait-elle une pub sur la capacité de la 600 à parcourir le monde ?

Patrick

Le 19/07/2017 à 19:47

Excellent article, comme toujours, sur les DAF 600. Précisons que ces modèles ne séduisaient pas seulement les femmes mais aussi les hommes invalides de guerre nombreux à cette époque. Ainsi le voisin de mon grand-père possédait une très rare DAF 600 camionnette afin d’aller au jardin et de transporter son matériel. Elle avait la particularité d’avoir la plaque minéralogique arrière située au dessus des portes. Je n’en ai jamais vu d’autres à part sur internet…

Docteur Oliv

Le 29/07/2017 à 11:43

Comme sur une 2CV Camionette ?

Patrick

Le 29/07/2017 à 18:33

Exactement.

CENTiNEX

Le 20/07/2017 à 00:24

« la 600 et ses descendantes offriront jusqu’au rachat par Volvo une possibilité jusqu’alors réservée aux grosses américaines : se passer de transmission manuelle ! »
Mais non mais non, Volvo n’a pas tué la boîte Variomatic, la 340 l’avait en option.
D’ailleurs, c’est précisé dans l’article BR qui va bien.

serge blandin

Le 20/07/2017 à 10:56

ce principe de transmission automatique par variateur ( qui fonctionne comme sur une mob ) est trop souvent pris en exemple par des journalistes qui manquent de connaissances en mécanique pour expliquer avec force conviction le principe « mystérieux » de la Toyota Prius , et l’impression de patinage ressenti à l’accélération .
Il est vrai que c’est plus simple de s’en tenir là , plutôt que s’aventurer à essayer de comprendre comment marche un train épicycloïdal ( déjà rien que l’écrire !! ) , le fameux « mystère » de la Prius !

il me semble que sur certaines Audi haut de gamme début des années 2000 , le principe  » Variomatic » avait été tenté ( amélioré avec , non plus une courroie , mais un genre de chaîne à mailles plates plus à même de résister au couple important ) , on n’en entend plus parler …..

philippe

Le 20/07/2017 à 11:35

On en entend encore parler sur nombre de Japonaise et Coréennes mais les Français n’aiment pas ce glissement permanent. Le nouveau Koleos (made in Korea) en dispose en option.
Qui plus est le CVT est consommateur et pollueur.
Il y en a eu sur les Fiesta aussi, très bruyant – mauvaise maitrise de la chaine métallique à l’époque et il me semble sur des Punto et sans-doute bien d’autres.

Paul

Le 20/07/2017 à 11:38

Je confirme (pour l’avoir testé) que le Koleos dispose bien d’une boîte CVT, dont raffolent les japonais et les asiatiques en général. C’est bizarre, pas désagréable mais franchement pas sportif, mais en revanche très efficace en tout-terrain (pas d’a coup)… Niko est en train de tester au long cours une Honda Civic qui en est aussi équipée. La CVT n’est pas morte donc 😉

serge blandin

Le 20/07/2017 à 14:18

ok , au temps pour moi , je n’avais pas fait le lien entre cette  » renaissance » par Audi , et ce qu’on appelle maintenant CVT , mais si on prend la peine de décrypter  » continuous variation transmission  » , là c’est évident , on retrouve le variateur des mob !

JR

Le 20/07/2017 à 22:56

Elle a je trouve un faux-air de Trabant…

Philippe

Le 20/07/2017 à 23:06

Oui de Trabant P60 mais aussi de LLoyd 600 ou Arabella, DKW Junior et autres petits coaches allemands.

Patrice Lombard

Le 24/07/2017 à 19:09

Mes premiers km de conducteur sur la daf 44 de ma maman (qui avait suivi une 33 et qui fut remplacée par une 46) que de souvenir

Docteur Oliv

Le 29/07/2017 à 11:45

En 1975, il y avait un technicien de l’Atelier de l’INSA de Lyon qui courrait en Rallye Régional et Côte avec une 44

Wolfgang

Le 31/07/2017 à 22:15

J’ai débridé quelques mob dans le passé. Y avait un système de masselottes dans les variateurs. Et y avait moyen de rendre le système beaucoup plus réactif.

Docteur Oliv

Le 01/08/2017 à 07:24

Un embrayage centrifuge comme sur les 2 CV et autres. Sur les anciens variateurs, il y avait la possibilité d’enlever quelques billes pour améliorer la prise de vitesse. ça s’est terminé avec les variateurs à 3 billes !

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