Aston Martin : les aventures de B549 WUU
Classics
Anglaise
Aston Martin
Coupé

Aston Martin : les aventures de B549 WUU

Par Nicolas Fourny - 07/10/2025

« L’AM V8 est généreusement pourvue en gadgets et adresse de sympathiques clins d’œil à la DB5 »

Capture-decran-2025-02-03-091825.jpg

En près de soixante ans et vingt-cinq films « officiels », James Bond n’a pas roulé qu’en Aston Martin, loin s’en faut ; pourtant, dans la mémoire collective, l’agent secret le plus célèbre du monde demeure à tout jamais associé à la vieille firme britannique, demeurée dans les limbes d’une certaine confidentialité jusqu’à ce que la DB5 truffée de gadgets apparaissant dans Goldfinger la propulse sous les projecteurs, au propre comme au figuré. Si cette dernière est devenue depuis longtemps une légende et même un personnage à part entière, l’AM V8 qui nous intéresse aujourd’hui n’a pas démérité pour autant, en apparaissant dans deux films de la série à 34 ans de distance !

Capture-decran-2025-02-03-091717.jpg
Capture-decran-2025-02-03-092119.jpg
Capture-decran-2025-02-03-091738.jpg

Les amateurs avertis connaissent bien l’histoire du modèle, lequel a revêtu plusieurs appellations plus ou moins officielles depuis sa première apparition en 1972. Dérivant directement de la DBS, l’AM V8 (ou V8 Saloon) a profondément marqué l’histoire de la firme puisque sa fabrication ne s’est interrompue qu’en 1989, cédant alors la place à une Virage à la physionomie inédite mais qui, sur le plan technique, lui devait beaucoup. De longues années durant, les fidèles lecteurs des hors-série annuels de l’Auto-Journal, de l’Automobile Magazine ou de la Revue Automobile suisse eurent la certitude de retrouver, dans chaque numéro, la vieille Aston, évoluant tranquillement et produite chaque année à quelques dizaines d’unités dans l’usine de Newport Pagnell. Vendue trois fois plus cher qu’une Jaguar XJ-S, l’auto n’était pas beaucoup plus rapide ni plus efficace sur la route, mais sa rareté, l’artisanat de sa fabrication et son raffinement général la rapprochaient d’un autre monde – celui des Rolls-Royce ou Bentley Corniche, voire des Bristol Britannia ou Brigand, celui des connaisseurs indifférents à la suprématie technique des constructeurs allemands et qui étaient alors sans doute les seuls à se rappeler son existence…

Les amateurs avertis connaissent bien l’histoire du modèle, lequel a revêtu plusieurs appellations plus ou moins officielles depuis sa première apparition en 1972. Dérivant directement de la DBS, l’AM V8 (ou V8 Saloon) a profondément marqué l’histoire de la firme puisque sa fabrication ne s’est interrompue qu’en 1989, cédant alors la place à une Virage à la physionomie inédite mais qui, sur le plan technique, lui devait beaucoup. De longues années durant, les fidèles lecteurs des hors-série annuels de l’Auto-Journal, de l’Automobile Magazine ou de la Revue Automobile suisse eurent la certitude de retrouver, dans chaque numéro, la vieille Aston, évoluant tranquillement et produite chaque année à quelques dizaines d’unités dans l’usine de Newport Pagnell. Vendue trois fois plus cher qu’une Jaguar XJ-S, l’auto n’était pas beaucoup plus rapide ni plus efficace sur la route, mais sa rareté, l’artisanat de sa fabrication et son raffinement général la rapprochaient d’un autre monde – celui des Rolls-Royce ou Bentley Corniche, voire des Bristol Britannia ou Brigand, celui des connaisseurs indifférents à la suprématie technique des constructeurs allemands et qui étaient alors sans doute les seuls à se rappeler son existence…

Mourir peut toujours attendre

Il fallut attendre 1987 pour que l’AM V8 soit brutalement extirpée des grimoires poussiéreux jalousement préservés par les amateurs d’exotisme pour se retrouver en pleine lumière. Cette année-là, en effet, la société EON Productions, propriétaire des droits intellectuels sur le personnage de James Bond, présenta la quinzième aventure de l’agent 007, intitulée The Living Daylights et, outre l’arrivée d’un nouvel acteur pour succéder à Roger Moore en la personne de Timothy Dalton, le film fut aussi l’occasion de renouer avec la grande époque des Aston gadgétisées à outrance par le département Q. Immatriculées B549 WUU, les V8 apparaissant à l’écran (un cabriolet Volante, propriété de Victor Gauntlett, le patron d’Aston à l’époque, et un coupé Saloon, censées être une seule et même auto, ce qui ne pouvait tromper que les béotiens) reprenaient un fil interrompu depuis On Her Majesty’s Secret Service, dix-huit ans plus tôt. Souvenez-vous de la DBS V8 de George Lazenby (lequel incarnait Bond pour la première et la dernière fois), très proche de l’AM V8, qui ne jouait qu’un rôle anecdotique mais dans laquelle son épouse Tracy trouvait une mort tragique… Par la suite, la période Moore fit la part belle aux Lotus Esprit – plus modernes, plus incisives, plus sportives, et ainsi de suite – et c’est pourquoi le retour d’Aston aux affaires constitua une vraie surprise.

D’Aston à BMW

Dans The Living Daylights, l’AM V8 est généreusement pourvue en gadgets et adresse de sympathiques clins d’œil à son ancêtre : lance-roquettes dissimulés derrière les phares antibrouillard, affichage tête haute, rayons laser dans les moyeux de roues, système de stabilisateurs rétractables permettant d’évoluer sur la glace et réacteur à l’arrière (autorisant des acrobaties rappelant furieusement la série américaine Knight Rider) : le tableau était complet – mais, comme de juste, l’affaire finit mal, Bond choisissant de faire exploser sa voiture après l’avoir plantée dans la neige. Nulle trace d’une Aston dans le film suivant, Licence to Kill, sorti en 1989, échec commercial et critique ayant de surcroît marqué la fin de l’ère Dalton. Après un hiatus de six années, Bond revient en 1995 dans GoldenEye sous les traits de Pierce Brosnan mais, cette fois, c’est avec BMW que les producteurs de la série ont conclu un accord. Trois films durant, 007 va ainsi rouler en roadster Z3, en berline 750iL E38 puis en Z8 avant de revenir à la raison, en 2002, en héritant d’une Aston Martin Vanquish finement présentée par John Cleese sous le nom de Vanish

bond_41.jpg

Attention, spoiler !

Quand, en 2006, Daniel Craig endosse à son tour le smoking de 007, la série connaît son premier reboot, les scénarios évoluent en profondeur mais le partenariat avec Aston se poursuit, la DB5 effectuant un retour très apprécié des fans : elle apparaît dans quatre des cinq films tournés par l’acteur mais, dans le dernier, No Time to Die (2021), l’auto, soigneusement reconstruite par les équipes de Q après avoir été détruite à la fin de Skyfall, se voit rejointe par l’AM V8 dont personne précise la destinée mais qui porte de nouveau l’immatriculation arborée dans The Living Daylights ! Sans doute aura-t-elle reçu, elle aussi, les bons soins du MI6… Toujours est-il que l’auto, récupérée par Bond dès son retour à Londres après six ans d’absence, le véhicule une fois encore jusque sur les routes norvégiennes – mais sans aucun gadget, cette fois. Après la mort de Bond, c’est Madeleine Swann (interprétée par Léa Seydoux) qui en prend le volant pour la scène finale du film, sur les accords mélancoliques de la chanson We Have all the Time in the World, interprétée par Louis Armstrong pour On Her Majesty’s Secret Service, en 1969.

La fin d’une époque

Les voitures utilisées en 1987 ont été vendues depuis longtemps et l’AM V8 qui apparaît de temps à autre dans des expositions consacrées à James Bond n’en est qu’une fidèle réplique. La réincarnation de B549 WUU a, pour sa part, participé à la promotion de No Time to Die qui, on le sait depuis peu, aura été le dernier film produit sous la férule d’EON Productions, aux mains de Barbara Broccoli et de Michael J. Wilson depuis une trentaine d’années. Ce sont désormais les studios MGM, propriété d’Amazon, qui président aux destinées du personnage – et on peut craindre le pire quand on considère ce qui est advenu de la franchise Star Wars ou de l’univers Marvel, surexploités et pressés comme des citrons par le marketing Disney jusqu’à l’épuisement de filières créatives à bout de souffle. Scénarios écrits à la chaîne, adaptation en série, spin off multiples – tout est désormais possible maintenant que les héritiers de « Cubby » Broccoli ne sont plus là pour préserver la substance du personnage. Côté incarnation, les paris sont ouverts depuis trois ans déjà pour la succession de Daniel Craig ; quant aux Aston, aux côtés de l’inévitable DB5, peut-être reverra-ton B549 WUU un jour… Qui vivra verra !

Capture-decran-2025-02-03-091554.jpg
5341 cm3Cylindrée
309 chPuissance
235 km/hVmax
bond_31.jpg
aston-martin-v8-vantage-1977-wallpaper-46e7171b66f8addd3a78dfb3e292505f.jpg
Capture-decran-2025-02-03-092155.jpg
S8-les-voitures-de-mourir-peut-attendre-aux-encheres-pour-feter-les-60-ans-de-james-bond-724377.jpg
DSC08290.webp
Nicolas Fourny

Nicolas Fourny

Nicolas Fourny est rédacteur indépendant pour Car Jager, diplômé de l'ESJ Paris (École Supérieure de Journalisme). Passionné par l'automobile sous toutes ses formes, il explore le passé et le présent des plus grandes mécaniques avec une plume exigeante et documentée. Nicolas met son expérience journalistique au service d'une écriture à la fois précise, évocatrice et fiable. Chaque article est le fruit d'une recherche approfondie et d'un regard passionné, porté par une connaissance fine de l'histoire automobile. Rigueur, style et curiosité guident son travail, dans une quête permanente de justesse éditoriale, au service des lecteurs exigeants et des passionnés.

Autos similaires en vente

Barnes Exclusive
Aston Martin Db6 Mki
Aston Martin Db6 Mki
Aston Martin Db6 Mki
Aston Martin Db6 Mki
Aston Martin Db6 Mki
Aston Martin V8
Aston Martin V8
Aston Martin V8
Aston Martin V8
Aston Martin V8

Carjager vous recommande

Nicolas Fourny / 12 nov. 2025

Ercole Spada : la mémoire d'un créateur

« La beauté sculpturale du dessin d’Ercole Spada expédie directement sa création dans la catégorie des grands mythes automobiles »
Anglaise
Aston Martin
Classic
Nicolas Fourny / 12 nov. 2025

Aston Martin DB4 : les débuts d'une légende

« Le six-cylindres développe 240 ch SAE, permettant à la DB4 de soutenir le rythme d’une Ferrari 250 GT »
Anglaise
Aston Martin
Classic
Nicolas Fourny / 12 nov. 2025

Aston Martin DB6 : le roi Charles III et sa Volante

« En 1969, Charles reçoit en cadeau d’anniversaire par sa mère une Aston Martin DB6 Volante MKII de couleur Seychelles Blue, immatriculée EBY 776J »
Aston Martin
Cabriolet
Classic
Nicolas Fourny / 12 nov. 2025

Retromobile 2024 : CarJager présente cinq sportives remarquables associant hautes performances et excellence mécanique

Tradition bien ancrée, Retromobile Paris, le plus beau garage éphémère du monde, ouvre la saison automobile début février. Chaque édition est une fête attendue dans le monde entier et, une fois encore, l’équipe CarJager est impatiente de vous accueillir sur son stand Hall 1 K094 !
Aston Martin
Bmw
Ferrari
Nicolas Fourny / 12 nov. 2025

Aston Martin DBS (1967-1972) : une légende en transition

« La DBS combine avec bonheur l’école italienne et, sous certains angles, une forme de bestialité digne des muscle cars américains »
Anglaise
Aston Martin Dbs
Classic
Nicolas Fourny / 12 nov. 2025

Sean Connery n'est pas mort (et les autos de James Bond non plus)

« Dans Skyfall, le fantôme de Sean Connery semble planer au-dessus de la lande ; quand la DB5 explose, notre cœur se serre et nous reviennent alors en mémoire tous les exploits du personnage en son jeune temps »
Aston Martin
Classic
James Bond
Nicolas Fourny / 12 nov. 2025

Aston Martin AM V8 : si mourir pouvait attendre

« Les Aston de cette époque parlent un langage qui leur est spécifique ; ce ne sont ni des Jaguar, ni des Bentley, ni des Bristol, ni même le résultat d’une improbable alchimie entre les trois. »
Anglaise
Aston Martin
Classic
Paul Clément-Collin / 12 nov. 2025

Aston Martin DB6 : en attendant la DBS

Michel Saint Josse s’est fait arnaqué : dans Camping, paru en 2006 sur nos écrans, Gérard Lanvin campe ce chirurgien esthétique qui croit s’offrir “la voiture de James Bond” après une vente aux enchères. Un rapide coup d’oeil permet de se rendre compte qu’il n’en est rien, l’homme roulant en “vulgaire” DB6 et non une DB5 comme le héros de Ian Flemming. Signes distinctifs : des feux arrières d’un seul tenant (en lieu et place des 3 petits feux ronds), pare-chocs en deux parties et surtout arrière dit “Kammback”, avec son petit becquet arrière. Si la DB6 semble n’être qu’un restylage de la DB5, il n’en est rien, même si elle partage la même base.
Anglaise
Aston Martin
Db6

Vendre avec CarJager ?

Voir toutes nos offres de vente