Lagonda Virage Saloon et « Les Vacances » : break ou berline, à vous de choisir votre Aston Martin

Vendredi 2 juin 2017
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En 1992, j’avais déjà été impressionné par la version Shooting Brake (break de chasse en français) de l’Aston Martin Virage, summum pour moi de l’élégance et de la distinction (et aussi un peu de l’inutile, mais c’est cela qui faisait son charme). Aussi, lorsqu’en novembre 1993 parurent dans la presse des photos des versions Lagonda 4 portes et break, je décidais unilatéralement, et malgré leur laideur certaine, qu’il s’agissait bien de la berline et du break les plus classes au monde.

J’avais déjà évoqué dans un précédent article ces versions un peu spéciales (lire aussi : Aston Martin Virage Shooting Brake), mais aujourd’hui, j’avais envie de parler un petit peu plus précisément de ces deux versions (en fait, 3, vous le verrez) réalisées par le très secret département Works Service en cette première moitié des années 90.

Idéale pour emmener son chien même en Aston Martin, la Virage Shooting Brake (notez les feux de Renault 21, vous ne regarderez plus votre Nevada comme avant).

Revenons en 1992. Cette année-là, Aston Martin ne vendit que 42 voitures malgré la présence au capital d’un actionnaire majoritaire de poids, Ford (il faudra attendre 1993 pour que le géant américain ne rachète l’intégralité des parts). En attendant la relance de la marque avec le lancement de la DB7 (lire aussi : Aston Martin DB7 part 1 et part 2), il va falloir sérieusement songer à faire rentrer du cash. C’est un peu le concept de la Virage Shooting Brake : si les deux prototypes furent réalisés de toute pièce, les autres modèles n’étaient que des transformations sur des autos déjà achetées par les client. Voiture comprise, la transformation coûtait 165 000 £. Après 4 transformations de ce type, Aston Martin avait compris qu’il y a avait là un créneau intéressant (vos noterez l’habile récupération des feux arrières de la Renault 21).

C’est ainsi que naquirent les Lagonda Virage Saloon et Virage « Les Vacances » (en français dans le texte). Depuis la fin de production de la Lagonda (lire aussi : Aston Martin Lagonda), Aston Martin n’avait plu de berlines dans sa gamme. Mais comme le châssis de la Virage était celui, raccourci, de la Lagonda, en faire une version à 4 portes ou 5 portes n’était pas vraiment un problème. Avec cette manip’, Aston Martin était sûr de pouvoir refiler ses bébés à quelques milliardaires ou princes du pétrole. C’est d’ailleurs ce qui arriva.

Ces deux premières voitures étaient d’ailleurs déjà vendues avant leur fabrication. Un premier client acheta la Saloon (châssis DP2034/5, en fait un des prototypes de la Virage reconditionné), tandis qu’un autre se réservait la « Les Vacances » (châssis 50005, et ce drôle de nom vient justement d’une spécification de ce fameux client). Toutes les deux disposent du V8 dans son évolution 6.3 litres de 465 ch, et sont rallongées de 12 pouces. La « Les Vacances » a une particularité amusante : avec les sièges amovibles situés dans le coffre, elle peut transporter (conducteur compris) 7 personnes, obtenant de fait le titre de l’Aston Martin la plus vaste de tous les temps.

Ce qui devait arriver arriva : attirée pas l’exclusivité de telles voitures, une famille royale (d’Asie du Sud Est, ce qui semblerait indiquer Brunei) contacta Aston Martin. La Saloon fut commandée à 6 exemplaires par ce seul et même riche client. Un autre modèle sera fabriqué par la suite pour un autre client, portant la production totale de cette première Saloon à 8 exemplaires.

La « Les Vacances » connut le même sort : la même famille royale en commanda 6 exemplaires là encore (portant donc la prodution à 7 exemplaires). Mais cette fois-ci, elle demanda un allongement de 16 pouces pour encore plus d’espace. Dans la foulée, cette même famille décidément emballée par la formule, commanda alors 2 exemplaires d’une Saloon étirées elles-aussi de 16 pouces. Au total, on compte donc 10 Saloon (8 en +12 pouces, 2 en +16 pouces), et 7 « Les Vacances » (1 en +12 pouces et 6 en +16 pouces). Voilà ce qui s’appelle de l’exclusivité ! Toutes ces voitures furent construites entre 1993 et 1996.

La Vantage Special Type I

Dans la foulée de ces premiers modèles, d’autres 4 portes (mais pas de break) verront le jour. En 1996, un client commanda 3 Vantage Special Type I, au design inspiré de la Virage Vantage, plus agressive (et dotées du moteur 5.3 de 600 ch). Celles-ci perdaient au passage le blason Lagonda pour redevenir des Aston Martin. Peu de temps après, ce même client commandait 3 autres modèles appelés Vantage Special Type II, au design beaucoup plus personnel. Avec ces 6 nouvelles berlines, les dérivés 4 ou 5 portes de la Virage passaient alors à 23 exemplaires.

L’intérieur luxueux d’une Vantage Special Type I

On peut ne pas aimer le « style » particulier de ces étonnants dérivés, mais à mon sens, ils restent extrêmement désirables ne serait-ce que pour leur rareté et leur histoire. Après, il faudra en dégoter une (et à mon avis, celles de Brunei seront difficiles à racheter) et avoir les moyens de les acheter (sans parler de leur entretien, sachant que ces bestioles artisanales doivent sûrement avoir des petits soucis de conception), mais après tout, si votre banquier vous le permet, alors !

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3 commentaires

Jean

Le 03/06/2017 à 16:54

Ah ces voitures auront bien squatté les pages du Spécial Salon de l’Auto-Journal à une époque.
Quant au style, faut avouer qu’il y a quand même plus malheureux comme transformation et que j’aimerais bien en avoir ne serait-ce qu’un seule!^^
Tu n’as pas d’autres photos de la Vantage spéciale (notamment l’arrière)?

Malo

Le 04/06/2017 à 18:59

Faut dire que les 456gt venice sont plus réussies ! Mais si je devais en choisir une des 2, je ne sais pas laquelle…

Emmanuel

Le 05/06/2017 à 13:36

Les feux de R21 à l’arrière c’est un peu… shocking.

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