
0 à 100 en 2,1 secondes, 799 exemplaires, 3,9 millions : voici la Ferrari F80, première depuis 11 ans
1 200 chevaux, un V6 biturbo inspiré des 24 Heures du Mans et une filiation directe avec la Formule 1. Onze ans après la LaFerrari, Maranello dévoile sa nouvelle hypercar de référence. La Ferrari F80 reprend le flambeau avec une question en embuscade : un six cylindres peut-il faire oublier un V12 ?
Le 17 octobre 2024, Ferrari a levé le voile sur la F80, successeur désigné de la LaFerrari dans la lignée des "ultimate series" de la marque. Le nom s'inscrit dans la continuité de la F40 (1987) et ne laisse aucun doute sur la place qu'occupe cette voiture au sommet de la gamme. La production est fixée à 799 exemplaires, contre 499 pour la LaFerrari et 399 pour l'Enzo. Les premières livraisons sont attendues début 2026, pour un tarif avoisinant 3,9 millions de dollars.
Un groupe motopropulseur né en compétition
Le choix du moteur est la rupture la plus marquante. Là où la LaFerrari embarquait un V12 atmosphérique, la F80 adopte un V6 biturbo de 3,0 litres à 120 degrés. Ferrari revendique une filiation directe avec le groupe motopropulseur de la 499P, double vainqueur des 24 Heures du Mans. Le bloc thermique développe seul 900 chevaux et 849 Nm de couple, avec un régime maximal fixé à 9 200 tours/minute. Trois moteurs électriques complètent l'architecture. Deux sont installés sur l'essieu avant pour assurer le torque vectoring, le troisième est un MGU-K positionné entre le V6 et la boîte à double embrayage à huit rapports, une technologie héritée de la Formule 1. La puissance combinée atteint 1 200 chevaux. Le 0 à 100 km/h est annoncé en 2,15 secondes, et la vitesse maximale est limitée électroniquement à 350 km/h.
Un châssis conçu autour de l'aérodynamique
La F80 pèse 1 525 kilogrammes et génère jusqu'à 1 050 kilogrammes d'appui aérodynamique. L'aileron arrière actif, discret au repos, se déploie en envergure complète sur circuit. À l'avant, un dispositif baptisé "S-Duct" canalise l'air depuis le soubassement et le projette par-dessus le cockpit, un principe emprunté à la monoplace de Formule 1. Les suspensions à double triangulation intègrent chacune un moteur électrique de 48 volts qui pilote l'amortissement en temps réel. Sur route ouverte, le système privilégie le confort. Sur circuit, il abaisse la garde au sol au maximum et supprime le plongeon au freinage pour stabiliser la voiture dans les phases d'entrée en courbe.
Un design entre héritage et radicalisme
Le style extérieur porte la signature du Centro Stile Ferrari dirigé par Flavio Manzoni. L'avant, anguleux et tranchant, reprend le bandeau noir transversal inauguré sur la 12Cilindri, un clin d'oeil à la Ferrari Daytona originale. Les prises d'air derrière les roues avant dessinent une ligne verticale nette. Passé ce point, la carrosserie bascule dans des courbes fluides, avec des hanches arrière qui évoquent les prototypes de course des années 1960 et 1970. Le panneau vertical situé derrière les roues avant est un hommage assumé à la F40. L'habitacle pousse la logique de dépouillement encore plus loin. Le siège conducteur est rouge, le siège passager est noir et légèrement reculé, intégré visuellement au reste de la cabine. Il n'y a qu'un seul écran, derrière le volant. La console centrale est un panneau physique combinant boutons et commandes tactiles. Les poignées de portes sont des tirettes, comme sur la F40. L'ensemble ressemble davantage à un cockpit de course qu'à un habitacle de GT. Face à la McLaren W1 et ses 1 275 chevaux affichés à 2,1 millions de dollars, la Ferrari F80 joue dans une catégorie de prix nettement supérieure, mais Maranello parie sur le fait que le pedigree Le Mans et F1 justifie l'écart. À 3,9 millions de dollars et 799 exemplaires, la F80 ne remplace pas seulement la LaFerrari, elle redéfinit ce que Ferrari considère comme le sommet de son savoir-faire.