365 kilomètres au compteur, et une estimation qui grimpe jusqu'à 10,5 millions d'euros
Le prochain rendez-vous des enchères à Monterey, orchestré par RM Sotheby’s, mettra sous les projecteurs une Ferrari Daytona SP3 pas comme les autres. Cette sportive, encore fraîche de l’usine et affichant un kilométrage minimal, cristallise la spéculation et l’admiration autour des productions exclusives de Maranello. Un engouement qui fait basculer la hiérarchie entre le prestige traditionnel des anciennes Ferrari et la cote fulgurante des modèles récents les plus convoités.
Une production limitée qui renverse la donne
L’intérêt suscité par cette Daytona SP3 découle avant tout de sa très grande rareté. Limitée à 599 unités, la version présentée lors de la vente du 15 août à Monterey a quitté les chaînes de montage en juillet 2023. Elle fut d’abord livrée neuve en Floride début 2024 sans réellement parcourir de distance, puisque l’odomètre affiche seulement 227 miles soit près de 365 kilomètres. L’automobile a ensuite changé de propriétaire en octobre 2025, restant quasiment intacte.
Une configuration sur-mesure pour collectionneur exigeant
Impossible de passer à côté de la configuration très exclusive de cet exemplaire. Sa carrosserie revêt la teinte Giallo Triplo Strato, rehaussée de bandes noires et d’un motif évoquant le drapeau italien. L’intérieur, résolument inspiré de la course, marie le noir de la sellerie à des surpiqûres jaunes. Le programme Ferrari Atelier a supervisé la personnalisation, intégrant un toit en carbone amovible, des parties basses et des rétroviseurs en fibre, des jantes noires mates ainsi que des étriers et des emblèmes également spécifiques. Ce souci du détail renforce son attractivité sur un marché avide d’exclusivité.
Un V12 en voie de disparition sous le capot
La Daytona SP3 n’est pas qu’un simple objet de collection esthétique. Troisième modèle de la série Icona, elle rend hommage aux prototypes à moteur central ayant brillé lors des 24 Heures de Daytona 1967. Derrière ses formes racées, on découvre le fabuleux V12 F140 de 6,5 litres, poussé à 840 chevaux. Associé à une boîte double embrayage à sept rapports et propulsant exclusivement les roues arrière, cet ensemble promet un 0 à 100 km/h abattu en 2,85 secondes et une vitesse de pointe de 340 km/h. Aucune assistance hybride ni turbo n’interfère avec la noblesse mécanique, une caractéristique devenue précieuse à l’époque du downsizing généralisé.
Des enchères à la hauteur des plus grandes icônes
L’estimation de la Daytona SP3 oscille entre 9 et 10,5 millions d’euros, soit près de quatre fois son tarif catalogue initial. À ce niveau, elle surpasse non seulement des modèles emblématiques comme l’Enzo ou la LaFerrari mais aussi les F40 et F50 stradales. Si le prix maximal est atteint, il s’agirait du record pour une Ferrari moderne « de série » proposée aux enchères, un statut habituellement réservé à des voitures bien plus anciennes ou à des éditions ultra-spéciales.
Le précédent caritatif et la valeur du modèle « de série »
Un précédent notable avait déjà marqué les esprits à Monterey en 2025 : un exemplaire caritatif baptisé « 599+1 », conçu en plus de la production normale, s’était envolé pour 26 millions de dollars soit environ 24 millions d’euros. Personnalisé directement par Ferrari et vendu au bénéfice d’œuvres de charité, il avait décroché le titre de voiture neuve la plus chère jamais adjugée. Toutefois, ce record reste exceptionnel, n’étant pas représentatif de la « valeur marché » d’une Daytona SP3 typique. La mise en vente actuelle, d’un exemplaire « standard » bien que très personnalisé, permet donc d’appréhender plus justement la cote réelle de ce modèle hors du commun.
Un nouveau sommet pour les Ferrari contemporaines ?
Quelques chiffres aident à situer la Daytona SP3 sur l’échiquier des sportives d’exception. Une LaFerrari quasiment neuve avec seulement 54 miles, adjugée en 2025 lors de la même manifestation, n’atteignait « que » 5,23 millions de dollars, soit près de 4,8 millions d’euros. Les F40 se monnaient traditionnellement entre 2,8 et 3,7 millions d’euros, rares exceptions mises à part pour les versions F40 LM GTC, lesquelles frôlent les 9,2 millions d’euros. La Daytona SP3, nettement plus récente, vise donc un palier inédit, d’autant plus convoité qu’elle allie historique transparent, kilométrage dérisoire et configuration Atelier recherchée par les puristes. Pour de nombreux investisseurs, acquérir une telle voiture, presque neuve et dotée d’un V12 atmospheric non électrifié, revient à placer ses fonds dans un authentique coffre-fort roulant. Rendez-vous le 15 août pour découvrir jusqu’où ce modèle d’exception repoussera les limites du marché chez RM Sotheby’s.


