
40 000 km en 8 jours : l’exploit électrique que personne n’attendait
40 075 kilomètres parcourus en moins de huit jours, sans une goutte d’essence. Un circuit italien, un prototype AMG, et un record d’endurance qui met en lumière certaines limites et perspectives de l’électrique haute performance. Derrière la performance, Mercedes a surtout exposé une approche technique centrée sur le refroidissement, l’aérodynamique et la recharge rapide. Reste à savoir si ces solutions quitteront un jour la piste pour rejoindre la route.
L’événement s’est déroulé à la fin de l’été 2025 sur l’anneau de Nardò, en Italie. Le concept Mercedes AMG GT XX y a parcouru 40 075 kilomètres en moins de huit jours, établissant un record d’endurance pour un véhicule électrique. Au-delà du chiffre, cette démonstration visait avant tout à illustrer la manière dont un prototype peut maintenir des performances élevées sur la durée, sans dégradation notable, dans des conditions extrêmes.
40 075 kilomètres, et une seule obsession
Tenir près de huit jours à un rythme soutenu sur un circuit à haute vitesse représentait un défi technique majeur. À ces allures, la puissance brute n’est plus le facteur déterminant. La gestion de la chaleur, la résistance aérodynamique et la capacité à recharger rapidement deviennent centrales. Mercedes n’a donc pas cherché à battre un record de vitesse maximale, mais à démontrer une forme d’endurance continue, fondée sur l’équilibre entre les différents systèmes du véhicule.
Un refroidissement pensé comme une architecture globale
Pour maintenir des performances constantes, le constructeur a misé sur un dispositif baptisé « Central Coolant Hub ». Ce système de gestion thermique centralisée permet de distribuer le liquide de refroidissement en fonction des besoins spécifiques de chaque composant : batteries, moteurs électriques et électronique de puissance. Une plaque de refroidissement intégrée au soubassement complète l’ensemble, contribuant à stabiliser les températures tout en limitant les pertes d’efficacité.
Quand l’aérodynamique devient une condition de survie
À environ 300 km/h, Mercedes estime qu’environ 83 % de l’énergie consommée sert à vaincre la résistance de l’air. Le travail aérodynamique du concept AMG GT XX a donc été poussé très loin : capot abaissé, diffuseur allongé et soubassement sculpté pour générer un effet Venturi. Des volets actifs, placés derrière la calandre, restent fermés tant que le refroidissement le permet et ne s’ouvrent qu’en cas de besoin. Cette configuration a permis d’atteindre un coefficient de traînée de 0,19, un chiffre généralement associé à des véhicules bien plus orientés vers l’efficience que vers la performance.
La recharge, nerf de la guerre de l’endurance électrique
Un tel rythme aurait été impossible sans des recharges très rapides. Pour l’essai, Mercedes a installé à Nardò un hub temporaire capable de délivrer plus de 2,5 MW, grâce à une borne Alpitronic développée spécifiquement pour ce programme. Le prototype a ainsi encaissé une puissance de charge moyenne de 850 kW, réduisant fortement les temps d’arrêt. Selon la marque, l’objectif était surtout de valider des solutions destinées à ses futures plateformes électriques hautes performances.
Ce record s’apparente donc davantage à un laboratoire roulant qu’à une fin en soi. Refroidissement centralisé, aérodynamique poussée et recharge ultra-rapide constituent autant de pistes que Mercedes pourrait exploiter, à terme, sur des modèles de série. La question reste ouverte quant au calendrier et aux coûts d’une telle transposition, mais l’expérience de Nardò marque un jalon technique dans la réflexion autour de l’endurance des voitures électriques.