45 000 à 90 000 € : cette Bentley cache un détail fascinant
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45 000 à 90 000 € : cette Bentley cache un détail fascinant

Par Camille Delcourt - 30/03/2026

Une Bentley peut-elle devenir une pièce de collection rien que par son premier propriétaire ? Quand Giorgio Armani entre dans l’équation, la valeur s’envole déjà. Avec seulement 1 343 exemplaires produits, la Brooklands cultive la rareté. Et à Monaco, les enchères pourraient bien dépasser toutes les attentes.

Dans l’univers feutré des ventes aux enchères, certaines automobiles attirent autant pour leur fiche technique que pour leur histoire. C’est précisément le cas de cette Bentley Brooklands de 1996, passée entre les mains de Giorgio Armani, qui s’apprête à changer de propriétaire lors de la vente RM Sotheby’s organisée à Monaco fin avril 2026. Une berline déjà exclusive à l’époque, aujourd’hui sublimée par un pedigree hors norme.

Une Bentley rare dès sa naissance

Produite entre 1993 et 1997, la Brooklands n’a jamais été conçue pour envahir les routes. Sa diffusion confidentielle en témoigne avec environ 1 343 unités assemblées, dont seulement 153 en conduite à gauche pour l’année 1996. L’exemplaire présenté ici possède une histoire particulière. Livré neuf à Rome en mars 1996 par le concessionnaire Sa.Mo.Car, il a été immatriculé dès l’origine sous la plaque AG138SE. Un détail loin d’être anodin puisqu’il fait directement écho aux initiales du célèbre couturier italien, une signature administrative restée inchangée jusqu’à aujourd’hui.

Le grand tourisme à l’anglaise

Sous son long capot, cette Bentley reste fidèle à la tradition de Crewe. On y retrouve le mythique V8 de 6,75 litres, ici associé à un turbocompresseur pour développer environ 305 chevaux. Plus que la performance pure, c’est la philosophie qui prime. Avec près de 2,5 tonnes sur la balance, la Brooklands privilégie une poussée constante et un confort de marche remarquable. Le 0 à 100 km/h est abattu en moins de dix secondes, tandis que la vitesse maximale avoisine les 225 km/h. Des chiffres honorables, mais surtout au service d’une conduite souple, pensée pour les longues distances plutôt que pour la sportivité brute.

Une atmosphère digne d’un salon privé

Visuellement, cette Brooklands joue la carte de l’élégance discrète. Sa teinte Royal Blue s’étire sur une silhouette typique des grandes berlines des années 90, soulignée par un filet clair subtil. À bord, l’ambiance évoque davantage un club londonien qu’un habitacle automobile. Le cuir beige Parchment habille les sièges, les boiseries en ronce de noyer apportent de la profondeur, et les moquettes épaisses renforcent cette impression de cocon luxueux. Chaque détail rappelle le positionnement très haut de gamme du modèle.

Une vie italienne parfaitement documentée

Giorgio Armani aurait utilisé cette Bentley durant quelques mois seulement, avant de s’en séparer dès septembre 1996. La voiture est ensuite restée en Italie, passant entre les mains d’un second propriétaire situé près de Rome, sans jamais quitter le pays. Aujourd’hui, elle rejoint le catalogue de RM Sotheby’s pour la vente des 24 et 25 avril 2026 à Monaco, avec un passage sous le marteau prévu le 25 avril. Particularité notable, elle est proposée sans prix de réserve, laissant le marché décider librement de sa valeur finale.

Une cote dopée par le prestige

Sur le marché actuel, une Bentley Brooklands de cette génération s’échange généralement autour de 21 000 euros lorsqu’elle ne présente pas d’historique particulier. Mais dans ce cas précis, la dimension émotionnelle et symbolique change totalement la donne. Les estimations avancées oscillent entre 45 000 et 90 000 euros. Une valorisation pouvant multiplier le prix par deux, voire quatre, grâce à un ensemble d’arguments solides. Production limitée, configuration recherchée en conduite à gauche, historique limpide et surtout une première vie associée à l’une des figures majeures de la mode. Reste désormais à observer jusqu’où les enchères grimperont, portées par les amateurs de youngtimers de luxe autant que par les collectionneurs sensibles aux objets liés aux grandes personnalités. Une chose est certaine, lorsque mécanique britannique et signature italienne se rencontrent, la valeur dépasse largement le simple objet automobile.

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