Une Renault 5 de 1982 avec 12 km au compteur vendue plus de 54 000 €
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Une Renault 5 de 1982 avec 12 km au compteur vendue plus de 54 000 €

Par Camille Delcourt - 14/05/2026

Une simple Renault 5 TL a volé la vedette à des Ferrari, Porsche et Aston Martin. Comment une citadine oubliée dans une grange peut-elle atteindre 54 131 € ? Le 15 mars, chez Aguttes, la surprise est venue d’un compteur figé à 12 km.

Actualisée le 17 mars 2026, la Vente de Printemps 2026 organisée par Aguttes a réuni le 15 mars à l’Espace Champerret, dans le 17e arrondissement de Paris, un plateau très large, mêlant supercars, sportives de collection, prototypes de course, anciennes populaires et youngtimers. Plus de deux mois après l’événement, le résultat le plus marquant reste celui d’une Renault 5 de 1982 presque inutilisée, estimée comme un lot accessible mais finalement adjugée à un niveau spectaculaire, dans une vente où plusieurs voitures prestigieuses sont pourtant restées sans acquéreur.

Une R5 TL figée depuis 1982

La vedette inattendue de la vente n’était ni italienne, ni allemande, ni mue par un V12. Il s’agissait d’une Renault 5 TL bleu Schiste métallisé, livrée neuve en octobre 1982 par la concession Renault Sodirac de Chalon sur Saône, en Saône et Loire.

Sa première propriétaire, Madame M., n’avait pas encore son permis au moment de l’achat. Elle l’obtint ensuite, mais les recherches menées par Aguttes indiquent qu’elle ne s’est jamais vraiment sentie en confiance au volant. Résultat : la petite Renault n’a quasiment pas roulé. La voiture est donc restée plus de quarante trois ans dans une grange, batterie débranchée, avant d’être retrouvée en janvier 2026. Son état de conservation a impressionné, avec une carrosserie sans corrosion, seulement 12 km au compteur, ses plaques provisoires, ses documents d’origine et plusieurs éléments d’époque encore présents.

Une remise en route sérieuse reste indispensable avant de reprendre la route. Mais ce détail n’a pas freiné les enchères. Annoncée entre 5 000 et 10 000 €, la R5 a atteint 54 131 €. À ce niveau, le paradoxe est évident : chaque kilomètre ajouté pourrait peser lourd sur sa valeur.

Deux Alpine A110, deux destins opposés

Chez Renault, l’autre grande attraction venait d’Alpine, avec deux A110 au parcours peu ordinaire. La plus spectaculaire sur le papier était une 1600S ayant appartenu à la Gendarmerie, l’une des onze utilisées par les forces de l’ordre.

Livrée en 1970, cette berlinette fut légèrement accidentée, puis vendue dès 1971. Elle connut ensuite une seconde vie en compétition entre les mains de plusieurs propriétaires, jusqu’en 2003, date de son achat par son détenteur actuel. Celui-ci l'a restaurée en conservant certaines spécificités liées à son passé administratif, ainsi que des améliorations sportives.

Son histoire justifiait une estimation comprise entre 90 000 et 120 000 €. Elle n’a pourtant pas été vendue, peut-être parce que son état actuel s’éloigne trop de la configuration d’origine. La seconde A110 venait d’Espagne. Badgée FASA, du nom du constructeur qui produisit sous licence le coupé français pendant dix ans, elle date de 1972. Son moteur de 1 255 cm³ a été refait en 2024. Cette voiture a également appartenu à un pilote amateur et a reçu plusieurs adaptations, dont des ailes arrière larges et un arceau arrière. Estimée entre 55 000 et 75 000 €, elle a trouvé preneur à 60 020 €.

Citroën en retrait, Peugeot bien placé

Citroën était peu représenté dans cette vacation, ce qui reste assez inhabituel pour une vente de voitures anciennes et de collection. Parmi les modèles présents figurait une 2CV grise type AZ de 1956, issue des premières versions du modèle.

Cette Deuche de troisième main avait été entièrement restaurée. Son estimation, située entre 12 000 et 18 000 €, paraissait cohérente avec le marché actuel. Elle n’a pourtant pas été adjugée. Peugeot, aujourd’hui dans le même groupe que Citroën, affichait une sélection plus fournie. Une 205 GTI Griffe de 1991, modèle recherché, a été vendue 29 028 €. Une 306 Cabriolet de 2000, forte de 135 ch et présentée en série spéciale suisse toutes options, a atteint 17 108 €.

Plus rare encore, Aguttes proposait une Peugeot 905 Spider de 1993. Malgré son nom, cette barquette ne partage presque rien avec la 905 victorieuse aux 24 Heures du Mans et animée par un V10. Ici, il s’agit d’un prototype de course doté d’un quatre cylindres de 220 ch, conçu pour la Spider Cup, un championnat monotype.

L’exemplaire présenté reposait sur un châssis Martini, l’un des cinq fabricants homologués. Il avait permis à Gérard Dillmann de terminer 3e ex æquo de la saison 1994. Estimé entre 60 000 et 80 000 €, il n’a pas trouvé d’acheteur.

Des youngtimers et quelques raretés inattendues

La vente faisait aussi une place à des marques disparues, françaises comme Simca et Delahaye, ou étrangères comme Saab. Dans le registre plus international, une Mercedes 300E de 1986 préparée par Brabus a retenu l’attention.

Discrète mais très rare, cette berline était équipée d’un six cylindres 3.6 maison. Elle a été adjugée 39 160 €. Une autre Mercedes, bien différente, était aussi proposée : une 260 E limousine de 1993, d’origine, produite à seulement 193 exemplaires. Celle-ci n'a pas convaincu les enchérisseurs.

Parmi les youngtimers, on trouvait aussi une Jaguar XKR, une Porsche 968 Club Sport et une Alfa Romeo 166 V6. Cette dernière était annoncée comme la voiture la moins chère de l’événement, avec une estimation comprise entre 1 500 et 3 000 €. Elle a finalement dépassé cette fourchette pour atteindre 5 840 €.

Le catalogue réservait encore quelques curiosités. Un véritable taxi new yorkais Checker Cab a été vendu 9 497 €. Un Messerschmitt KR 200 à trois roues était également proposé, mais son propriétaire n’a pas réussi à s’en séparer.

Les gros lots : Aston Martin, Porsche et Ferrari

Plusieurs voitures dépassaient largement les estimations modestes de la R5. Une Aston Martin V8 de 1972, présentée comme un prototype de préproduction, avait été intégralement restaurée en 2017. Désormais immatriculée en France avec un certificat collection, elle a atteint 286 500 €, soit près de 50 000 € au-dessus de son estimation haute.

Porsche était aussi bien représenté. Parmi les modèles marquants, un coupé 356 Pré A de 1954, équipé et homologué pour participer à des courses historiques, a été vendu 119 620 €.

Le sommet financier de la vente est revenu à une Ferrari 599 GTO de 2010. Cette première main se distinguait par un usage régulier, assez rare pour ce type de modèle. Avec un peu plus de 30 000 km au compteur, elle était estimée entre 750 000 et 850 000 € et a été adjugée 850 316 €.

Au milieu d’un catalogue rempli de machines prestigieuses, la petite Renault 5 de 12 km restera pourtant comme l’image la plus forte de cette vente Aguttes, preuve qu’en collection, l’histoire peut parfois compter autant que le blason.

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