Il découvre une Ferrari F40 unique dans une grange, elle vaut 2,75 millions d'euros
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Il découvre une Ferrari F40 unique dans une grange, elle vaut 2,75 millions d'euros

Par Camille Delcourt - 13/05/2026

Certaines Ferrari F40 restent des icônes de salon. Celle-ci a connu la piste, les excès des années 1990, puis l’oubli dans une grange anglaise. Préparée avec l’aide de Peter Sauber, elle développe aujourd’hui jusqu’à 720 ch. Comment une machine aussi rare a-t-elle pu disparaître avant de renaître pour Monaco 2026 ?

Il existe des Ferrari F40 préservées, des F40 préparées, et puis il y a cet exemplaire au parcours presque romanesque. Sortie de Maranello en 1990 comme une F40 européenne classique, livrée neuve en Allemagne, cette voiture va rapidement quitter le simple statut de supercar de collection pour devenir une véritable arme de circuit. Après une carrière en compétition en 1996, puis de longues années d’abandon en Angleterre, elle s’apprête désormais à passer aux enchères à Monaco, estimée entre 2,25 et 2,75 millions d’euros.

Une F40 née pour rouler

À l’origine, cette Ferrari F40 n’a rien d’une voiture de course. Elle quitte l’usine en 1990 dans une configuration européenne et rejoint l’Allemagne, où son propriétaire, passionné de la marque, ne se contente pas de la contempler. L’auto est exposée, mais elle roule aussi sur circuit. Mugello et Spa font partie des pistes où elle se dégourdit les roues. Une première vie déjà active, avant une transformation bien plus radicale au milieu des années 1990.

Hamann voit grand, Sauber entre en scène

En 1994, la Ferrari est confiée à Hamann Motorsport. Le préparateur allemand est alors davantage associé aux BMW, mais le projet dépasse largement une simple modification esthétique. Pour tirer tout le potentiel de la F40, Hamann s’entoure d’un nom autrement plus évocateur dans le monde de la compétition : Peter Sauber, futur patron de l’écurie de Formule 1 qui portera son nom. Sous cette supervision, le V8 biturbo reçoit une préparation sérieuse. Les turbos KKK deviennent plus imposants, la pression de suralimentation augmente et plusieurs composants sont renforcés. L’objectif est clair : transformer la supercar de Maranello en vraie machine de course.

Jusqu’à 720 ch aujourd’hui

À l’époque, la puissance atteint environ 700 ch, soit un bond considérable par rapport à la F40 de série. Depuis sa renaissance, la mécanique a encore évolué grâce à une gestion électronique moderne MoTeC. Le moteur peut désormais fonctionner selon trois niveaux de puissance : environ 550 ch, 650 ch ou 720 ch. Une façon de préserver une certaine souplesse d’usage, tout en conservant l’option la plus spectaculaire lorsque la piste s’y prête.

La transformation ne concerne pas seulement le moteur. L’avant s’inspire de la F40 LM, l’aileron arrière devient massif et les trains roulants sont revus. Les freins et les suspensions sont également améliorés. Le résultat n’est plus une simple F40 modifiée, mais une voiture pensée pour encaisser un usage intensif sur circuit.

Une vraie ligne au palmarès en 1996

Beaucoup de préparations extrêmes restent des démonstrateurs. Pas celle ci. En 1996, cette F40 est engagée en BPR Global GT Series, championnat considéré comme l’un des ancêtres des grandes compétitions GT modernes.

Elle prend notamment le départ des 4 Heures du Nürburgring et des 4 Heures de Spa Francorchamps. L’aventure se révèle difficile, comme souvent pour les équipes privées de cette période. Au Nürburgring, un souci mécanique provoque l’abandon. À Spa, la Ferrari voit l’arrivée à la 26e place. Le classement n’a rien de triomphal, mais l’essentiel est ailleurs : cette F40 a réellement couru dans un championnat international de premier plan.

De la compétition à l’oubli

Après sa carrière sur circuit, la voiture change plusieurs fois de mains en Allemagne. Au début des années 2000, elle part au Royaume Uni. C’est là que son histoire bascule dans une zone plus sombre. Avec les années, la Ferrari est peu à peu délaissée, puis remisée dans une grange du nord de l’Angleterre. Une F40 unique, préparée avec l’implication de Peter Sauber et chargée d’histoire, finit ainsi oubliée sous un toit discret. Elle ne réapparaît qu’en 2012, lorsqu’un passionné la retrouve. Le détail est savoureux : cet amateur de Ferrari avait lui-même possédé une F40 neuve par le passé, avant de regretter de l’avoir vendue.

Une restauration à la hauteur du mythe

La voiture est confiée à Moto Technique, au Royaume Uni, pour une remise en état complète. Le diagnostic est sévère. Les suspensions sont détruites, le freinage doit être intégralement repris, les réservoirs sont en mauvais état et des traces d’incendie électrique sont relevées. Plutôt que de se limiter au minimum, le chantier devient une reconstruction en profondeur. Chaque pièce est restaurée, refaite ou remplacée selon les besoins.

Des spécialistes reconnus interviennent sur le projet. Michelotto apporte son aide pour certains éléments, tandis que Crosthwaite and Gardiner prend en charge le moteur. Le V8 est entièrement reconstruit, puis associé à l’électronique MoTeC actuelle.

La carrosserie fait elle aussi l’objet d’un travail complet. La structure carbone Kevlar d’origine est reprise, afin de respecter l’identité profonde de l’auto tout en assurant une restauration solide.

Une F40 unique pour Monaco 2026

Aujourd’hui, cette Ferrari F40 revient sur le devant de la scène. Elle sera proposée aux enchères à Monaco le 25 avril 2026, avec une estimation comprise entre 2,25 et 2,75 millions d’euros. Ce prix s’explique par un assemblage rare de qualités. L’auto est une F40, déjà mythique. Elle a été transformée dans les années 1990 avec l’implication de Peter Sauber. Elle a couru en BPR Global GT Series. Elle a connu l’abandon, puis une restauration totale menée par des spécialistes.

Radicale, imparfaite, sauvée de l’oubli et plus puissante que jamais, cette F40 concentre toute la démesure des années 1990 dans une seule carrosserie rouge.

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