
Après près de 40 ans d’absence, la Citroën 2 CV s’apprête à renaître en version 100 % électrique
La 2 CV s’apprête à changer d’époque sans renier sa vocation populaire. Citroën prépare une descendante 100 % électrique, annoncée sous les 15 000 euros. Peut-on encore offrir une mobilité simple, accessible et européenne en 2028 ? Stellantis veut répondre en réveillant l’un des noms les plus aimés de l’automobile française.
Citroën va faire revenir la 2 CV, mais sous une forme adaptée à son époque : une petite voiture électrique abordable, pensée pour redonner accès à une mobilité simple au plus grand nombre. Le projet s’inscrit dans la future « E car » annoncée par Stellantis, avec un tarif visé inférieur à 15 000 euros et une arrivée prévue en 2028. Derrière ce nom mythique, le groupe ne cherche pas seulement à jouer sur la nostalgie : il veut retrouver l’esprit de la Deudeuche, cette voiture populaire qui avait accompagné plusieurs générations d’automobilistes.
Le retour officiel d’un mythe Citroën
Xavier Chardon, patron de Citroën, a officialisé le retour de la 2 CV devant des investisseurs réunis lors de la présentation du plan d’investissements de Stellantis. Les rumeurs circulaient déjà depuis la veille dans la presse, notamment dans Le Figaro, mais la confirmation est désormais venue directement de la marque. Le dirigeant n’a pas caché son enthousiasme. Pour lui, ce projet marque à la fois le retour de Citroën à ses fondamentaux et une manière de regarder vers l’avenir. Fin avril, il avait déjà confié travailler à une renaissance de la 2 CV. Cette fois, le nom est posé, l’intention aussi.
Une petite électrique sous les 15 000 euros
Stellantis avait présenté mardi son projet d’« E car », une voiture électrique compacte et accessible, prévue pour 2028. On sait maintenant que cette petite voiture reprendra le nom et une partie de l’inspiration visuelle de la 2 CV.
L’objectif est clair : proposer un modèle 100 % électrique, produit en Europe, avec un prix inférieur à 15 000 euros. Xavier Chardon parle d’un véritable véhicule populaire, conçu pour la vie réelle. Une formule qui colle assez bien à ce que représentait la 2 CV à son lancement : une automobile simple, économique et utile avant d’être statutaire.
L’esprit de la Deudeuche plus que la copie
La nouvelle venue reprendra le nom et les lignes de la célèbre « Deudeuche », mais il ne faut pas s’attendre à une reproduction figée du modèle historique. L’enjeu semble plutôt de retrouver son esprit : une voiture abordable à l’achat, peu coûteuse à utiliser et pensée pour un public très large.
La Citroën 2 CV originale a été produite à plus de 5 millions d’exemplaires entre 1949 et 1990. Elle a marqué l’histoire de la marque aux chevrons par sa simplicité, sa robustesse et son rapport très direct à l’usage. La future version électrique devra donc moderniser ce message sans tomber dans le pastiche. Il faudra patienter jusqu’au Salon de l’Auto de Paris, organisé du 12 au 18 octobre, pour découvrir la silhouette du modèle. C’est là que Citroën doit lever le voile sur ce que pourrait devenir l’une des voitures les plus populaires de son histoire.
Une production prévue en Italie
Cette future 2 CV électrique sera assemblée en Europe, plus précisément dans l’usine Stellantis de Pomigliano d’Arco, près de Naples. Ce site italien possède une longue histoire industrielle, notamment avec Alfa Romeo, et a aussi accueilli la production de Fiat Panda.
Ce choix de fabrication s’inscrit dans la volonté de Stellantis de proposer une voiture électrique accessible tout en conservant une production européenne. Pour une petite voiture à moins de 15 000 euros, l’équation industrielle sera forcément serrée. Mais c’est justement là que se joue une partie de l’enjeu : rendre l’électrique populaire sans l’éloigner de son marché principal.
La 2 CV comme symbole de démocratisation
Xavier Chardon a rappelé le rôle historique de la 2 CV. En 1948, elle avait permis à des millions de personnes d’accéder plus librement à l’automobile. Quatre vingts ans plus tard, la nouvelle 2 CV aurait pour mission de démocratiser la mobilité électrique. La comparaison est ambitieuse, mais elle dit beaucoup de la stratégie de Citroën. À l’heure où les voitures électriques restent souvent perçues comme chères, lourdes ou trop sophistiquées, la marque veut revenir à une idée simple : une voiture légère, pratique, moins chère, et adaptée au quotidien.
Un enjeu stratégique pour Stellantis
Pour Stellantis, cette future « E car » doit aussi relancer les ventes sur le segment des petites voitures accessibles en Europe. Ce marché s’est fortement contracté ces dernières années, notamment sous l’effet des normes, des coûts de production et de la difficulté à rentabiliser les petits modèles.
Le groupe, qui réunit notamment Peugeot, Citroën, Fiat, Chrysler, Opel et Alfa Romeo, cherche donc une réponse industrielle et commerciale. L’idée d’une petite électrique populaire avait déjà été défendue l’an dernier par John Elkann, président de Stellantis, et Luca de Meo, alors directeur général de Renault, dans un entretien croisé accordé au Figaro.
Avec cette future 2 CV électrique, Citroën tente de transformer un souvenir national en réponse contemporaine à un vrai problème de marché : comment proposer une voiture neuve, électrique, utile et réellement accessible ?
Ressusciter la 2 CV en électrique sera un pari risqué, mais rarement un nom aura aussi bien résumé l’ambition de rendre la mobilité simple à nouveau désirable.