Aston Martin Vanquish : démonstration de force
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Aston Martin Vanquish : démonstration de force

Par Paul Clément-Collin - 10/12/2018

La naissance : la Virage comme précurseur

En cette fin des années 90, il devenait urgent de renouveler le haut de gamme d’Aston Martin représenté jusqu’alors par la Virage, une voiture lancée en 1988 et techniquement dépassée malgré d’intéressantes performances et un charme très britannique. La DB7, née en 1993, avait déjà dépoussiéré l’image de la vénérable marque britannique et il était temps d’enfoncer le clou avec un nouveau modèle. Adieu Virage, place à la Vanquish.

L’Aston Martin Project Vantage de 1998, dessinée par Ian Callum, préfigure la Vanquish de série

Même si la Virage pouvait paraître encore relativement récente au milieu des années 90 (puisque sortie en 1988) et que ses évolutions Vantage ou V8 Coupé lui donnait un petit coup de jeune cosmétique, elle restait malgré tout un mélange technique d’une Aston Martin Lagonda (pour le châssis) et d’une V8 (pour le moteur). Aux côtés de la pimpante et moderne DB7, cela commençait à se voir. Certes, elle trouvait bon an mal an quelques dizaines de clients fidèles, fortunés et excentriques, mais elle n’était plus ni iconique, ni même rentable. Un véhicule construit à la main de façon très artisanale à Newport Pagnell, les descendantes de la Virage ne séduisaient plus vraiment les foules.

Avec la DB7 V12 Vantage, Aston Martin avait déjà renoué avec la GT de luxe et sportive, mais il fallait aller encore plus loin pour montrer à tous et particulièrement à la concurrence que la marque britannique était bien là, prête à en découdre avec les italiennes ou les allemandes. L’idée était simple : renouer avec une tradition perdue depuis la DB5 en proposant une nouvelle Aston réellement sportive mais aussi exclusive et luxueuse.

Le développement : la performance du nouveau modèle au moteur V12

Ian Callum, alors en poste chez TWR Design (le bureau de style de l’entreprise fondée par Tom Walkinshaw) venait de signer l’excellent dessin de la DB7. On lui demanda naturellement de réfléchir à une “grosse” version Aston Martin au style proche de la récente GT. Dans un premier temps, il réalisa un concept car nommé Project Vantage Concept afin de recueillir les réactions du public. Présentée en janvier 1998 au Detroit Motor Show, cette Aston Martin Vantage Concept poussait encore plus loin le design de la DB7. Musculeuse et galbée, elle ringardisait en un instant la série V d’Aston Martin (Vantage, V8 Coupé ou Volante) pourtant encore en production.

Devant les louanges de la presse et du public, le feu vert était rapidement donné pour le développement de cette future Vanquish dont le nom traduisait les nouvelles ambitions d’Aston Martin (to Vanquish veut dire vaincre) face à la concurrence. Pour cette nouvelle voiture, il fut décidé de concevoir un nouveau châssis (mixant aluminium et fibre de carbone) avec l’aide d’un autre petit constructeur anglais, Lotus.

L’Aston Martin Vanquish S proposait 60 chevaux de plus, et un petit lifting

Pour la carrosserie, Aston Martin cherche là-aussi à combattre le poids en utilisant de l’aluminium, de la fibre de carbone et des matériaux composites. Malgré tous ces efforts, la Vanquish pesait tout de même 1 835 kg. Pour offrir des performances de premier ordre, la Vanquish recevait le V12 déjà aperçu sur la DB7 V12 Vantage conçu par Ford en collaboration avec Cosworth Racing. Pour lui donner encore plus d’exclusivité, celui-ci gagnait 40 chevaux (pour un total de 460), signant définitivement la fin du V8 signé Tadek Marek introduit en 1969 sur la DBS.

En 2000, quelques prototypes de la Vanquish avaient déjà été construits pour le développement de l’auto ou les crash tests. A leur vue, le tout nouveau PDG Ulrich Bez fut très déçu par l’intérieur du véhicule. Par souci d’économie, on avait fait appel à la banque d’organes Ford, notamment les aérateurs en provenance directe d’un modèle de Ford Ka. Pour le nouveau PDG, la Vanquish devait être plus exclusive et respirer le luxe à l’anglaise. On modifia donc ce qui pouvait l’être, avant de produire 70 exemplaires de pré-série durant la fin de l’année 2000. En octobre de cette année-là, et après de multiples recherches, la Vanquish était présentée à la presse, tandis que le public la découvrait de visu en mars 2001 au Salon de Genève, où de nombreux amateurs sont venus profiter de la vue de cette dernière version d’Aston Martin sur le site.

La Vanquish : un luxe exclusif

Pour la marque Aston Martin, la Vanquish devait rester relativement exclusive et l’on n’envisageait pas une production de masse : il s’agissait avant tout d’un véhicule d’image vendu relativement cher (plus de 230 000 euros à l’époque) et qui devait rester un objet rare et unique. Les premiers véhicules furent livrés à l’été 2001. Cette première mouture fut produite jusqu’en 2004 à 1 492 exemplaires. Cette année-là, Aston Martin se fit un peu de publicité au Salon de Genève en présentant une autre version de la Vanquish : la Vanquish Convertible, un modèle réalisé par Zagato (sur la base d’un exemplaire de pré-série de 2000).

La vraie nouveauté vint au Salon de Paris 2004, quelques mois plus tard. La Vanquish cédait sa place à une Vanquish S légèrement restylée et dont le V12 était porté à 520 chevaux. Cette deuxième série sera produite jusqu’en 2007 à 1 086 exemplaires. Sa production sera ensuite remplacée par la nouvelle Aston Martin DBS. Que ce soit en version normale ou en S, la Vanquish était en tout cas une vraie sportive de qualité, plaisante à conduire grâce à sa boîte séquentielle et à son V12 coupleux à souhait et capable d’excellentes performances (notamment une vitesse de pointe de 306 km/h).

Une notoriété retrouvée pour la marque Aston Martin

Le duo des voitures DB7 / Vanquish fut l’artisan du renouveau d’Aston Martin, tant du point de vue du style que de la technique. Entre 1987 (date du rachat par Ford) et 2007 (date de la revente d’Aston Martin à un groupe d’investisseurs emmenés par Prodrive et David Richards) l’image du constructeur automobile britannique avait bien changé, passant de celle d’un petit artisan confidentiel et poussiéreux à celle d’une fabricant d’automobiles de sport et de grand luxe. La Vanquish y contribua grandement, notamment par ses apparitions au cinéma (notamment en 2002 dans le James Bond Die Another Day – Meurs un autre jour où la voiture livre un combat sur glace avec la Jaguar XK8 SFX1. Reflétant ainsi le prestige du nom Aston Martin enfin retrouvé.

Aujourd’hui, la cote d’une belle Vanquish tourne autour de 100 000 euros (2022). Cela représente un achat d’une certaine somme, certes, mais c’est toujours un prix plus de deux fois moins cher qu’au lancement de la voiture. En outre sa ligne intemporelle fonctionne encore très bien (et peut-être même mieux que les modèles actuels d’Aston Martin) tandis qu’elle vous offrira toute la puissance de son V12 atmosphérique (un type de moteur devenu rare dans la production actuelle et futur).

Découvrez aussi la nouvelle Aston Martin Vanquish 25 by Callum

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Paul Clément-Collin

Paul Clément-Collin

Paul Clément-Collin est une figure reconnue du journalisme automobile français. Fondateur du site culte Boîtier Rouge, sacré meilleur blog auto aux Golden Blog Awards 2014 et cité parmi les médias auto les plus influents par Teads/eBuzzing et l’étude Scanblog Advent, il a ensuite été rédacteur en chef de CarJager et collaborateur de Top Gear Magazine France. Journaliste indépendant, spécialiste des voitures oubliées, rares, iconiques ou mal-aimées, il cultive une écriture passionnée et documentée, mêlant culture auto, design, histoire et anecdotes authentiques, et intervient également sur des événements majeurs comme le Mondial de l’Auto.

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