
Cette Porsche 911 des années 90 renaît avec 500 ch et une carrosserie entièrement en carbone
Avec la PR964, Pogea Racing pousse le restomod allemand dans une direction radicale : fibre de carbone, posture de GT3 et jusqu’à 500 chevaux. Face à Singer et Gunther Werks, cette 911 venue des bords du lac de Constance joue une partition plus brutale, plus démonstrative. Mais une 964 transformée à ce point reste-t-elle encore une classique ou devient-elle une supercar déguisée en ancienne ?
En mai 2026, Pogea Racing a levé le voile en Allemagne sur la PR964, une réinterprétation très poussée de la Porsche 911 type 964. Le projet part d’une base bien connue des amateurs, la 964 refroidie par air produite entre 1989 et 1994, mais le résultat s’éloigne franchement de la recette discrète du restomod traditionnel. Avec sa carrosserie en fibre de carbone, ses moteurs pouvant atteindre 500 chevaux et son style très affirmé, cette création entend se mesurer aux références du genre, Singer et Gunther Werks, tout en assumant une personnalité nettement plus musclée.
Une 964 démontée, scannée puis reconstruite
La PR964 naît chez Pogea Racing, préparateur allemand installé près du lac de Constance et déjà remarqué pour ses travaux sur Alfa Romeo 4C ou Ferrari 488 GTB. Pour ce programme, la branche Pogea Classics sert de point d’entrée dans l’univers du restomod Porsche. La base reste une 911 type 964, mais la voiture d’origine ne conserve pas simplement une carrosserie modernisée. La coque est mise à nu, le châssis est démonté, inspecté, puis numérisé avant d’être retravaillé en profondeur. L’idée est de repartir d’une structure saine, capable d’encaisser un niveau de performance très supérieur à celui d’une Carrera des années 90.
Une robe en carbone et un style sans timidité
Toute la carrosserie métallique laisse place à des éléments en fibre de carbone. Ce choix permet de réduire le poids, mais il donne aussi à la PR964 une présence visuelle très éloignée d’une 964 standard. L’avant s’inspire clairement d’une 911 GT3 moderne de génération 992.2. Les prises d’air sont larges, le bouclier est plus tendu et l’ensemble donne à cette ancienne base une allure presque contemporaine. À l’arrière, les ailes gagnent environ 8,8 cm et évoquent les 911 Turbo, tandis que les ouvertures latérales annoncent une mécanique sérieusement musclée. Cette Porsche ne cherche donc pas l’élégance effacée. Là où certains restomods préfèrent la nostalgie raffinée, Pogea Racing choisit une silhouette plus spectaculaire, presque agressive, en accord avec son image de préparateur.
Un habitacle moderne, mais configurable
À bord du premier exemplaire présenté, l’ambiance mélange cuir noir, surpiqûres, touches blanches et rouges, sièges baquets contemporains, volant à trois branches et inserts en carbone. Chaque client peut toutefois configurer son intérieur selon ses goûts. La PR964 conserve ainsi l’idée d’une réalisation sur mesure, indispensable dans cet univers, même si l’approche reste plus sportive et démonstrative que luxueuse au sens Singer du terme.
Trois mécaniques, jusqu’au 4,0 litres bi turbo
Pogea Racing prévoit trois niveaux de motorisation pour sa PR964. Le premier repose sur un flat 6 atmosphérique de 3,6 litres, destiné aux conducteurs attachés à une réponse directe et à un comportement plus analogique, sans suralimentation. Le deuxième cran adopte un 3,6 litres turbo développant environ 400 chevaux. Cette version dépasse déjà une Porsche 964 Turbo 3.6 d’époque, qui affichait 360 chevaux.
Au sommet de l’offre, le préparateur propose un flat 6 de 4,0 litres bi turbo porté jusqu’à 500 chevaux. C’est deux fois la puissance d’une 964 Carrera de série, annoncée à 250 chevaux. Le message est clair : la PR964 ne se contente pas de moderniser une icône, elle veut la propulser dans une autre catégorie.
Châssis affûté et freinage carbone céramique
Pour tenir cette cavalerie, Pogea Racing ne se limite pas à la puissance moteur. La PR964 reçoit des combinés filetés KW Clubsport réglables, une solution pensée pour adapter finement le comportement de la voiture. Le freinage passe également à un niveau supérieur avec de gros disques carbone céramique. Ce type de frein, plus endurant et plus léger que l’acier, se justifie sur une machine annoncée comme une véritable street machine tournée vers la performance.
Une rivale plus provocante que Singer
La comparaison avec Singer et Gunther Werks est inévitable. Singer traite la 911 comme une pièce d’art mécanique, avec un luxe artisanal très travaillé et une forte dimension patrimoniale. Gunther Werks, de son côté, pousse l’approche performance très loin, notamment avec sa 911 Speedster bi turbo capable d’atteindre 840 chevaux et pensée avec un esprit plus orienté circuit. Pogea Racing se place ailleurs. Sa PR964 semble moins précieuse qu’une Singer, moins extrême sur piste qu’une Gunther Werks, mais plus proche d’une préparation radicale assumée. Elle revendique un côté tuner haut de gamme, avec une apparence très expressive et une fiche technique taillée pour impressionner.
Un tarif encore inconnu, mais un public évident
Pogea Racing n’a pas encore communiqué le prix de cette PR964. Il ne faut toutefois pas s’attendre à une automobile accessible. Dans le monde des restomods Porsche 911, certains projets atteignent des montants à sept chiffres en dollars, ce qui correspond aussi à des sommes à sept chiffres en euros. La clientèle visée est donc très réduite. Il s’agit de passionnés fortunés, déjà familiers des Porsche anciennes et à la recherche d’une 964 transformée sans retenue, aussi spectaculaire à observer qu’à conduire.
Avec la PR964, Pogea Racing signe une 911 carbone de 500 chevaux qui ne cherche pas à plaire aux puristes les plus sages, mais à ceux qui veulent une 964 devenue machine de caractère.