
Classics
Citroën DS/ID Cabriolet « Usine » : un rêve inaccessible
Par Paul Clément-Collin - 04/08/2022
Je vais vous parler aujourd’hui d’une voiture française qui ne sera pas à la portée de toutes les bourses, mais qui en fera saliver plus d’un. Si la berline Citroën DS représenta à partir de 1955 le haut de gamme à la française dans l’esprit de tous, que dire alors de sa version cabriolet ? Enfin de ses versions !
<p>Car il existe plusieurs versions cabriolet de la DS, mais aujourd’hui, je voudrais vous parler du <strong>modèle officiel</strong>, dit « usine ». Cela dit, que ce soit en versions non officielles (Croisette, Caddy, Palm Beach ou Cabriolet, produits à <strong>236 exemplaires</strong> entre 1958 et 1972) on en version « usine », tous les <strong>cabriolets DS</strong> dignes d’intérêts furent fabriqués par un seul et même « constructeur » : <strong>Henri Chapron</strong>.</p>
<p>Ce sont d’ailleurs les réalisations « non-officielles » de Chapron qui mirent Citroën sur la voie d’une <strong>version officielle</strong>, intégrée à la gamme et distribuée par le réseau. Deux ans après la présentation des Croisette et Cabriolet, Citroën lance donc la <strong>DS Cabriolet</strong> (en août 1960) et sa version moins « technologique » ID. A son lancement, la DS19 Cab dispose du <strong>4 cylindres 1,9 litres</strong> de 75 ch, tandis que l’ID reçoit un moteur identique mais moins puissant (63 ch), mais très rapidement, les deux modèles reçurent le même moteur développant <strong>83 ch</strong>.</p>
<p>L’ID19 Cab sera retirée du catalogue en 1965, tandis que la DS continuera à être produite jusqu’en 1971, recevant petit à petit des <strong>évolutions moteurs</strong> : en 1965, la DS21 (109 ch puis <strong>115 ch</strong> en 1968) remplace la DS19, puis recevra l’<strong>injection électronique</strong> en 1969 portant la puissance à <strong>123 ch</strong>. Stylistiquement, le <strong>cabriolet DS</strong> recevra les mêmes évolutions que la berline, recevant notamment en 1968 les nouveaux phares carénés.</p>
<p>Malgré le label Citroën et la distribution au sein du réseau de la marque aux chevrons, les <strong>DS et ID Cabriolets</strong> ne seront produits qu’à <strong>1365 exemplaires</strong>. Il faut dire que le passage chez un carrossier extérieur fait gonfler les prix, près de <strong>deux fois le prix</strong> de la berline. Autant dire qu’elle était déjà chère à l’époque, et l’est encore plus aujourd’hui.</p>
<p>Sa <strong>rareté</strong> et l’engouement pour la DS explique ces <strong>prix hors du commun</strong> : comptez entre <strong>150 et 200 000 euros</strong> pour vous offrir ce <strong>haut de gamme</strong> de l’automobile française. Les autres productions de Chapron, encore plus rares, se négocient dans les même zones de prix. Autant dire qu’elle ne sera pas accessible au commun des mortels comme moi. Dommage car en plus de toutes les qualités de la DS, tellement Citroën et révolutionnaire à l’époque (et parfois encore maintenant), elle propose la classe, car la ligne ne perd absolument pas de son éclat malgré l’ablation du toit. Dommage qu’une aussi faible production à l’époque la rende si <strong>inaccessible aujourd'hui</strong>.</p>
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Paul Clément-Collin
Paul Clément-Collin est une figure reconnue du journalisme automobile français. Fondateur du site culte Boîtier Rouge, sacré meilleur blog auto aux Golden Blog Awards 2014 et cité parmi les médias auto les plus influents par Teads/eBuzzing et l’étude Scanblog Advent, il a ensuite été rédacteur en chef de CarJager et collaborateur de Top Gear Magazine France. Journaliste indépendant, spécialiste des voitures oubliées, rares, iconiques ou mal-aimées, il cultive une écriture passionnée et documentée, mêlant culture auto, design, histoire et anecdotes authentiques, et intervient également sur des événements majeurs comme le Mondial de l’Auto.