
Collection Magnus Walker : plusieurs Porsche 911 iconiques partent aux enchères
Le 15 février 2026, l’annonce est tombée : Magnus Walker met en vente une partie majeure de sa collection Porsche lors d’une vente en ligne organisée par RM Sotheby’s, du 18 au 25 mars 2026. Intitulée “Magnus Walker The Outlaw Collection”, elle regroupera environ 160 lots, dont plusieurs 911 emblématiques. Pour les passionnés, ce n’est pas une simple dispersion. C’est la mise sur le marché d’un pan entier de la culture Porsche contemporaine.
Un personnage, une vision
Né à Sheffield et installé à Los Angeles, Magnus Walker s’est imposé comme une figure à part dans l’univers Porsche. Là où certains traquent le matching numbers parfait et la restauration concours, lui revendique la patine, les kilomètres et les modifications assumées. Son approche dite “Outlaw” ne consiste pas à dénaturer une 911, mais à l’adapter pour rouler fort et longtemps. Suspensions revues, élargisseurs, détails esthétiques inspirés de la compétition. Le tout sans effacer l’histoire de l’auto. C’est cette philosophie qui donne aujourd’hui une valeur particulière aux exemplaires proposés.
Les premières 911, cœur historique de la vente
Parmi les pièces les plus anciennes figure une 911 de 1965, estimée entre 150 000 et 200 000 dollars. Les premiers millésimes à empattement court sont recherchés pour leur légèreté et leur pureté mécanique. Flat six refroidi par air, environ 130 chevaux à l’origine, boîte manuelle à cinq rapports. Une 911 de 1966 est également annoncée entre 100 000 et 150 000 dollars. Quant à la 911 S de 1967, estimée entre 150 000 et 200 000 dollars, elle marque l’entrée de la 911 dans une dimension plus sportive, avec une puissance supérieure et un tempérament plus affirmé. Ces modèles incarnent la genèse d’un mythe, bien avant l’arrivée des turbos et des assistances modernes.
La Carrera 2.7 MFI et l’ère pré Turbo
Plus avancée dans la chronologie, la 911 Carrera 2.7 MFI de 1976 s’annonce comme l’une des vedettes, avec une estimation comprise entre 200 000 et 250 000 dollars. Son moteur à injection mécanique dérive de la mythique Carrera RS 2.7. Ce système d’injection Bosch, plus précis que la carburation, permettait une réponse plus franche et une meilleure montée en régime. Pour les puristes, c’est l’une des 911 atmosphériques les plus désirables de l’ère pré Turbo.
La 930 Turbo, le choc des années 70
La 911 Turbo de 1976, type 930, est estimée entre 175 000 et 200 000 dollars. Première 911 suralimentée de série, elle introduit le turbo KKK et un caractère explosif devenu légendaire. À l’époque, le temps de réponse du turbo rendait la conduite exigeante. En dessous d’un certain régime, rien. Puis tout d’un coup, une poussée brutale. C’est cette personnalité sans filtre qui séduit encore aujourd’hui les collectionneurs.
Flat Nose et esprit custom
Plus atypique, une 911 Carrera 1974 Flat Nose Widebody Conversion est proposée entre 75 000 et 100 000 dollars. Inspirée des 935 de compétition, avec son nez aplati et ses ailes élargies, elle illustre parfaitement l’esthétique “Outlaw” chère à Walker. Dans un marché parfois obsédé par l’origine stricte, ces conversions assumées rappellent que la culture Porsche a aussi été façonnée par la personnalisation.
Les modernes, GT2 et GT3
La vente ne s’arrête pas aux anciennes. Une 911 GT2 de 2002 est estimée entre 125 000 et 150 000 dollars. Propulsion, biturbo, 462 chevaux, boîte manuelle. La 996 GT2 est réputée pour être l’une des Porsche les plus exigeantes à piloter, sans transmission intégrale pour canaliser la puissance. Une 911 GT3 de 2004, estimée entre 100 000 et 125 000 dollars, complète la sélection moderne. Son flat six atmosphérique de 381 chevaux, sa boîte manuelle et son châssis affûté en font l’une des dernières GT3 véritablement analogiques.
Plus qu’une vente
Au delà des chiffres et des estimations, chaque voiture porte une part de l’univers Magnus Walker. Ce ne sont pas seulement des Porsche 911. Ce sont des autos choisies, roulées, modifiées avec une vision. Quand une collection de cette nature se disperse, elle ne disparaît pas. Elle se diffuse. Et dans chaque garage qui accueillera l’une de ces 911, il restera un peu de l’esprit Outlaw.