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Peugeot 508 "2018" : et si la berline traditionnelle redevenait tendance ?

PAUL CLÉMENT-COLLIN - 1 mars 2018

A l’heure de la SUVisation de la société automobile, la naissance d’une berline fait toujours plaisir, surtout quand il s’agit d’un de nos constructeurs nationaux. Si Renault l’avait joué discret avec sa Talisman clairement transitoire, ce n’est pas le cas de Peugeot à l’heure du remplacement de la 508, brandissant sa nouvelle berline avec autant de confiance qu’au lancement des 3008 et 5008, un carton commercial. Est-ce à dire que Peugeot croit à nouveau à ce segment longtemps délaissé au profit des allemandes ?

Ces dernières années auront été claires en terme de tendance « de masse » : l’heure était au SUV. Pourtant, de petits indices laissaient à penser que la berline classique n’était pas totalement morte, malgré des parts de marché déclinantes. Outre les constructeurs teutons toujours présents en masse sur ces segments (que ce soit chez BMW, Mercedes, BMW mais aussi Volkswagen), preuve s’il en était de l’importance de tels modèles dans la gamme, ne serait-ce qu’en terme d’image, on a vu Alfa Romeo effectuer son come-back avec la Giulia, bien avant le Stelvio , Renault donc revenir sur la pointe des pieds avec une Talisman plutôt bien née, bien qu’un peu effacée, Jaguar se pointer sur le segment inférieur avec la XE, Volvo doubler sa gamme de SUV avec des berlines/breaks toujours alléchantes, S90 et V90, et désormais S60 et V60, tandis qu’Opel persistait avec l’Insignia et que Kia jouait les trouble-fête avec son étonnante Stinger. Ne manquait plus que Peugeot pour compléter le bal des berlines, avec cette nouvelle 508.

Peugeot, marque statutaire et bourgeoise, s’était toujours bien débrouillé sur le segment de la « grande berline » avec des voitures bien dessinées et bien nées, comme la 504 puis la 505. Malgré le passage à la traction avant, la 405 avait enfoncé le clou grâce à son style résolument moderne. La 604 quand à elle s’était un peu foirée, tout comme la 605 qui se rattrapait cependant par un style particulièrement réussi et encore moderne aujourd’hui.

La 406, elle, perdait la finesse du trait pour un peu plus de mollesse stylistique, par rapport à la 405, mais restait dynamique, et gagnait (comme la 504) un coupé « image » du plus bel effet. La 607 en revanche introduisait un style un peu lourdingue qui sera décliné sur toute la gamme pour toucher la 407 (qui eut aussi droit à son coupé) : entre un style difficile à appréhender, l’explosion des monospaces, et l’apparition des SUV, il n’en fallait pas plus pour faire décliner Peugeot (comme d’autres constructeurs généralistes) sur ce segment, au point de remplacer deux voitures (407 et 607) par une seule, la 508.

Commercialisé début 2011, la première 508 relevait un peu la tête, question style justement. Pour le reste, elle fit le job, sans grand défaut ni grande qualité. Une honnête voiture qui tint bon pendant 7 ans, pour finir sa carrière comme porte-étendard du mouvement VTC : un bon moyen d’écouler des stocks en fin de carrière ! Peugeot ayant décidé de rester bloqué au 8, c’est donc sous ce même numéro qu’apparaît la nouvelle lionne.

Lorsque Peugeot frôlait la faillite, c’est avec la 308 que la marque se relança : une berline. Pour se relancer, le duo de SUV 3008/5008 était une évidence. Mais plutôt que de s’attaquer à plus bas et au remplacement de la 208 (un créneau que Citroën a récupéré en priorité, avec les C3 et C3 Aircross), c’est sur le créneau de la grande berline que la marque repart à l’offensive, justifiant ainsi son nouveau positionnement plus haut de gamme que Citroën (qui au passage, aura vu la C5 quitter les chaînes de production sans remplaçante, pour l’instant).

Désormais, le cœur de Peugeot se positionne plus haut : certes la 208 aura une remplaçante, et elle sera certainement cruciale, mais force est de constater qu’aujourd’hui, la priorité semble être aux gammes supérieures. Et la nouvelle 508 que nous présente Peugeot aujourd’hui est plutôt séduisante, forte de l’expérience acquise avec la 308 et surtout la 3008. Place à un dessin affirmé mais classe, dans la lignée des « vraies » Peugeot.

Si la cible affirmée et assumée (jusque dans le communiqué de presse) est bel et bien l’Audi A5, les références au passé plutôt glorieux sont là : dans le dessin de cette nouvelle berline, la calandre verticale fait écho aux 504 et 505, tout en offrant un profil plus aérien, proche de celui d’un coupé 406. Le style est valorisant, sans doute plus que celui d’une Talisman, sa plus proche concurrente, et s’il reste visuellement « tri-corps », Peugeot a opté pour un faux coffre puisqu’il s’agit en fait d’un hayon : une première sur une berline signée par le Lion.

C’est vraiment par le style que cette « Pigeot » se démarque. S’inspirant des concepts Exalt et Instinct (qui préfigure peut-être un break, un coupé, voire un break de chasse qui sait?), elle reprend des éléments distinctifs déjà vus sur les 308, 3008 et 5008, notamment les phares avant ou les feux arrières, toute en rehaussant l’impression de luxe. A l’intérieur, le i-cockpit est toujours là, tandis que l’intérieur du 3008 est étiré et amélioré (du moins visuellement) pour donner un vrai standing à la voiture. Voilà en tout cas un bel exercice de style qui préserve une unité de marque sans pour autant ressembler trait pour trait à ses devancières. Petit bémol cependant : cette signature lumineuse avant, ces deux dents de morse qui sur-jouent la sportivité, comme s’il fallait en rajouter pour se rassurer.

La petite révolution se trouve sous le capot, avec une puissance maxi dépassant les 200 chevaux ! Les amateurs d’allemandes ricaneront mais c’est un signe : avec un 1.6 THP de 225 chevaux (déjà vu récemment sur la 308) et la nouvelle boîte EAT8, la 508 s’offre une cure de puissance par rapport à la précédente du même nom, en attendant une version hybride rechargeable à transmission intégrale de 300 chevaux ! D’aucun regretteront les V6 d’antan (les mêmes qui fustigeaient le PRV ou l’ES9) mais l’heure n’est plus à la concurrence frontale avec les allemandes « premium », du moins pour l’instant. Au bas de la gamme, un diesel et un essence de 130 chevaux histoire de faire du volume, et un diesel et un essence 180 chevaux !

Oh bien sûr, avec cette 508, on est pas encore vraiment en train de taquiner la teutonne, mais on avance vers le premium, avec une voiture placée au cœur du segment, prête à assurer le renouveau de l’image Peugeot. L’outil industriel permet aujourd’hui de produire à moindre coût des « dérivés » break (à coup sûr) ou coupé (on sait jamais, le dessin général s’y prête), et à terme, la 508 pourrait bien être un best-seller, au moins sur ses terres, et pourquoi pas aller se frotter à l’exportation à des marques comme Volkswagen ou bien Skoda. Nul doute enfin qu’une version frappée du blitz pourrait être une bonne héritière de l’actuelle Insignia en Allemagne, voire sous le blason Vauxhall en Grande Bretagne.

La 508, n’en doutons pas, est une étape qui, le succès aidant, pourrait permettre à Peugeot de voir plus loin, plus grand. Mais cette mouture pose aussi question : son positionnement plutôt huppé (à défaut de haut de gamme) hypothèque le retour de Citroën sur ce créneau malgré le concept Cxpérience. Pire, où situer DS maintenant que Peugeot semble de plus en plus premium (et de meilleur goût) ? Si la 508 est réjouissante pour le Lion et semble déclinable chez Opel (pour des questions de marchés), peut-on sérieusement imaginer une troisième berline pour les chevrons, et une quatrième pour DS ? Pas sûr : si 4 SUV sont possibles vue la taille du marché (3008/5008, C5 Aircross, DS7 Crossback, Grandland X), est-ce raisonnable sur un marché convalescent des berlines ? L’avenir nous le dira !

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