
Carnage à Londres : une Porsche à plus d’un million détruit une Aston
Un accident impliquant une Porsche 918 Spyder et une Aston Martin DB12 s’est produit à Londres le 15 septembre 2024. L’événement a fait le tour des réseaux sociaux, moins pour ses circonstances encore floues que pour le symbole qu’il représente. Deux automobiles d’exception, deux époques technologiques, deux définitions du grand tourisme moderne. Au-delà du simple fait divers, cet incident rappelle combien ces machines, aussi sophistiquées soient-elles, restent soumises aux lois très ordinaires de la circulation urbaine.
Une hypercar née pour battre des records
887 chevaux. 2,6 secondes pour atteindre 100 km h. Produite entre 2013 et 2015 à seulement 918 exemplaires. La Porsche 918 Spyder n’est pas une supercar comme les autres. Elle marque, avec la McLaren P1 et la Ferrari LaFerrari, l’avènement des hypercars hybrides du début des années 2010. Sous son allure sculptée, dessinée dans la continuité de la Carrera GT, elle associe un V8 atmosphérique de 4,6 litres à deux moteurs électriques.
Ce choix technique n’est pas qu’une affaire de puissance brute. Il permet un couple instantané, une transmission intégrale électrique à l’avant et une efficacité énergétique alors inédite dans ce segment. Porsche démontrait qu’hybridation pouvait rimer avec performance extrême, et non seulement avec sobriété. Affichée autour de 1,5 million d’euros aujourd’hui selon l’état et la configuration, la 918 est devenue un actif roulant, presque une pièce de collection contemporaine. Chaque choc, même mineur, pèse lourd, mécaniquement comme financièrement.
La DB12, nouvelle ère pour Aston Martin
Face à elle, l’Aston Martin DB12 représente une toute autre philosophie. Présentée en 2023 comme la remplaçante de la DB11, elle inaugure ce que la marque britannique appelle une nouvelle génération de Super Tourer. Son V8 4,0 litres biturbo d’origine Mercedes AMG développe 680 chevaux. Ici, pas d’électrification. Le parti pris est différent. Plus de rigidité structurelle, un châssis profondément revu, une électronique modernisée et un intérieur en net progrès qualitatif. La DB12 n’est pas conçue pour chasser les chronos sur circuit comme une hypercar. Elle vise l’équilibre entre confort, performance et élégance. Une GT capable de traverser l’Europe à haute vitesse dans un raffinement typiquement britannique. Dans cet accident, les images diffusées montrent des dommages importants à l’arrière de l’Aston Martin et à l’avant gauche de la Porsche. Deux architectures, deux implantations mécaniques, deux façons d’encaisser un impact.
Londres, terrain hostile pour supercars
Ce n’est pas la première fois que des supercars se retrouvent impliquées dans des incidents en centre-ville londonien. Entre circulation dense, rues étroites, bus, taxis et piétons, la capitale britannique n’est pas un terrain naturel pour des voitures larges, basses et dotées de puissances démesurées. La séquence exacte des événements reste floue. La vidéo laisse supposer une manœuvre brusque de la Porsche, peut-être pour éviter un obstacle. À ces niveaux de performance, la moindre sollicitation de l’accélérateur ou du volant produit des réactions immédiates. Ce qui fait le charme d’une hypercar sur route dégagée devient un facteur de risque en environnement urbain. Il faut aussi rappeler que ces modèles utilisent des matériaux coûteux et complexes. Fibre de carbone pour la 918, structures en aluminium et éléments composites pour la DB12. La réparation ne se limite pas à redresser une aile. Elle implique souvent le remplacement complet de panneaux, voire des contrôles structurels approfondis.
Quand le prestige rencontre la réalité
Ce choc entre une Porsche 918 Spyder et une Aston Martin DB12 dépasse le simple fait divers automobile. Il met en lumière le paradoxe contemporain de la voiture de prestige. D’un côté, des machines conçues avec un niveau d’ingénierie proche de la compétition. De l’autre, un usage parfois quotidien dans des environnements contraints, où la performance n’a ni espace ni raison d’être. Ces automobiles fascinent par leurs chiffres, leur technologie, leur rareté. Mais elles restent, au fond, des voitures. Et la physique, elle, ne fait aucune distinction entre une citadine et une hypercar à sept chiffres. Même les icônes à 887 chevaux ne sont jamais à l’abri d’un instant d’inattention.