Peugeot prépare un changement radical pour la 208… et cela commence par le volant
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Peugeot prépare un changement radical pour la 208… et cela commence par le volant

Par Camille Delcourt - 04/03/2026

Peugeot prépare pour la prochaine génération de 208 un changement que l’on n’avait plus vu sur une voiture populaire depuis l’arrivée de la direction assistée électrique. Avec son volant rectangulaire Hypersquare et sa direction entièrement électronique, la marque au lion s’attaque à un organe centenaire de l’automobile. Derrière l’effet concept car du Polygon se cache une vraie mutation technique. Reste à savoir si cette innovation est un simple coup de communication ou une étape logique dans l’évolution de la conduite.

Depuis 1894, un cercle presque sacré

Le volant rond s’est imposé très tôt comme une évidence. Plus précis qu’une barre franche, plus ergonomique qu’un guidon, il accompagne l’automobile depuis la fin du XIXe siècle. Même les révolutions techniques majeures, direction assistée hydraulique dans les années 50, assistance électrique dans les années 90, n’ont jamais remis en cause sa forme. Peugeot, qui a déjà bousculé les habitudes avec son i Cockpit lancé en 2012 sur la première 208, franchit aujourd’hui un cap supplémentaire. Après le petit volant tronqué et les compteurs en position haute, voici le rectangle. Ce n’est pas anodin. On touche à l’interface la plus symbolique entre l’homme et la machine.

Steer by wire, comprendre ce que cela change

Le terme peut sembler abstrait. Steer by wire signifie littéralement diriger par câble. En réalité, il n’y a plus de liaison mécanique directe entre le volant et les roues. Dans un système classique, une colonne de direction transmet physiquement le mouvement jusqu’à la crémaillère. Ici, le geste est converti en signal électronique, envoyé à des actionneurs électriques qui orientent les roues. Le conducteur tourne, un calculateur interprète, des moteurs exécutent. Cette technologie n’est pas une première mondiale. Tesla l’utilise sur le Cybertruck. Lexus l’a testée sur le RZ. Mais la voir arriver sur une citadine du segment B change la donne. On passe du démonstrateur technologique à la diffusion de masse. L’avantage principal tient en un chiffre. 175 degrés. C’est l’angle maximal annoncé pour braquer à fond. Concrètement, plus besoin de croiser les bras dans un créneau. Le mouvement est court, direct, presque instinctif. Ce que cela change, c’est la démultiplication. À basse vitesse, la direction peut devenir ultra directe. À vitesse élevée, elle peut au contraire s’adoucir pour plus de stabilité. Tout cela sans contrainte mécanique fixe.

Un choix technique, pas seulement stylistique

Le volant Hypersquare intrigue par sa forme rectangulaire. Mais il est indissociable du steer by wire. Avec un volant traditionnel et une direction classique, une telle géométrie serait pénalisante en manœuvre. Ici, l’angle réduit rend la forme cohérente. Peugeot y voit aussi un intérêt architectural. En supprimant la colonne mécanique, on libère de l’espace sous la planche de bord. Cela permet d’imaginer un affichage tête haute plus imposant, comme sur le concept Polygon avec son immense projection panoramique. On retrouve ici une logique déjà vue dans l’histoire de la marque. Dans les années 80, la 205 avait optimisé son architecture pour offrir plus d’habitabilité dans un gabarit compact. En 2012, l’i Cockpit avait repensé l’ergonomie pour moderniser la perception intérieure. L’Hypersquare s’inscrit dans cette continuité.

Ce n’est pas un gadget isolé, mais une pièce d’un ensemble.

Le précédent Tesla et la prudence de Peugeot Tesla avait imposé son volant Yoke sur la Model S restylée. Les réactions ont été contrastées. Manœuvres moins intuitives, adaptation nécessaire, critiques d’ergonomie. Résultat, la marque a fini par reproposer un volant rond en option. Peugeot semble avoir retenu la leçon. L’Hypersquare devrait être proposé en alternative, et non en obligation. Stratégiquement, c’est plus habile. L’innovation doit séduire, pas contraindre. La question reste celle du coût. Une direction entièrement électronique implique redondances et sécurités multiples. Cela a un prix. Sur une citadine, l’équation économique sera déterminante.

Une petite révolution silencieuse

Ce qui me frappe, c’est le symbole. Introduire le steer by wire sur une 208, modèle central du marché européen, c’est banaliser une technologie jusqu’ici réservée aux véhicules premium ou expérimentaux. Historiquement, les grandes évolutions techniques ont suivi ce chemin. L’ABS, l’ESP, puis l’hybridation ont commencé par le haut avant de descendre en gamme. Si Peugeot réussit son pari, le volant mécanique pourrait, à terme, devenir l’exception. Reste une inconnue essentielle. Le ressenti. La direction, ce n’est pas qu’un angle de braquage. C’est un retour d’information, une sensation de route, une subtilité dans le placement du train avant. Les ingénieurs devront recréer artificiellement ce dialogue que la mécanique offrait naturellement.

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