Pourquoi Ferrari détruit volontairement sa voiture à 550 000 € avant même les premières livraisons
La Ferrari Luce marque déjà une rupture par sa motorisation entièrement électrique, mais son histoire ne s’arrête pas là. Selon 01net, ce modèle deviendra aussi la première Ferrari envoyée volontairement aux tests de collision Euro NCAP. La démarche est d’autant plus étonnante que cette évaluation n’est pas obligatoire pour vendre une voiture en Europe, comme le rappelle Automobile Propre. Ferrari aurait donc pu éviter de sacrifier plusieurs exemplaires d’un modèle facturé 550 000 €, mais la marque semble vouloir rassurer une clientèle nouvelle, plus familiale, attentive à la sécurité autant qu’au prestige.
1Une décision rare dans l’univers Ferrari
Dans le monde automobile classique, passer par l’Euro NCAP est presque devenu un passage obligé. Les grands constructeurs comme les nouveaux acteurs chinois y voient un moyen de prouver leur sérieux et de viser les cinq étoiles, devenues un argument commercial puissant.
Chez les marques de supercars et de luxe, la logique est différente. Les volumes sont faibles, les modèles coûtent très cher et les clients regardent rarement la note Euro NCAP avant de signer un chèque. Surtout, un mauvais résultat pourrait abîmer l’image d’une marque qui vend autant du rêve que de la performance. Ferrari choisit donc ici une voie inhabituelle. L’annonce a été confirmée par un représentant de la marque lors de la présentation de la Luce à Rome, en Italie. Ce choix montre que le constructeur veut installer son premier modèle électrique sur un terrain plus large que celui de la seule performance.
2La Luce vise un autre usage
La Ferrari Luce n’est pas une berlinette radicale pensée uniquement pour deux personnes et quelques bagages. Elle adopte une architecture plus pratique, avec quatre portes et cinq places. Elle a donc été imaginée pour un usage quotidien, y compris familial. Ce positionnement change tout. À l’arrière, la présence de deux points de fixation ISOFIX pour sièges enfants confirme que Ferrari s’adresse aussi à des clients qui veulent voyager avec leur famille. Dans ce contexte, la sécurité devient un sujet beaucoup plus visible.
La marque ne cherche donc pas seulement à prouver que sa voiture électrique est rapide. Elle veut aussi montrer qu’elle protège ses occupants avec le même sérieux qu’un grand constructeur généraliste ou premium.
3Quatre voitures détruites pour une note
Obtenir une évaluation Euro NCAP ne consiste pas à sacrifier un seul exemplaire. Au moins quatre véhicules sont nécessaires pour mener l’ensemble des essais. Pour une voiture affichée à 550 000 € pièce, la facture symbolique devient immédiatement spectaculaire.
On parle donc de plusieurs millions d’euros immobilisés et détruits pour démontrer la solidité de la Luce. À l’échelle de Ferrari, l’effort reste maîtrisable, mais l’image est forte. Peu de constructeurs de ce niveau acceptent de voir plusieurs voitures aussi chères finir contre des barrières de test. Cette somme pourrait même faire de la Luce l’un des modèles les plus coûteux jamais passés entre les mains de l’Euro NCAP. L’organisme teste rarement des voitures situées au delà de 200 000 à 250 000 €.
4Un pari calculé pour viser les cinq étoiles
Ferrari ne se lance probablement pas dans cette démarche sans avoir anticipé le résultat. La Luce a sans doute été conçue dès le départ pour répondre aux exigences de ces tests, avec une structure capable de gérer les contraintes liées à son poids et à sa technologie.
La voiture annonce 1 035 chevaux, une énorme batterie de 122 kWh et une masse de 2,3 tonnes. Ces chiffres imposent un travail très sérieux sur l’absorption des chocs, la protection des passagers et la gestion de la batterie en cas d’accident.
Reste à savoir si la Luce obtiendra les cinq étoiles. Mais en acceptant de se soumettre volontairement à l’Euro NCAP, Ferrari veut déjà envoyer un signal : son électrique familiale ne doit pas seulement impressionner par ses performances, elle doit aussi rassurer par son niveau de protection. En sacrifiant quatre Ferrari Luce à 550 000 €, Maranello achète surtout une chose précieuse pour son avenir électrique : la confiance.
