Restée cachée 40 ans, cette voiture rare affole les enchères à 4,3 millions
Aujourd’hui, le monde de la voiture de collection braque les projecteurs sur une Ferrari 250 GT Cabriolet Série I de 1958 qui va prochainement quitter la discrétion où elle demeurait depuis 1985. Véritable trésor pour amateurs de raretés automobiles, elle s’apprête à défiler devant les enchérisseurs de RM Sotheby’s pendant la Monterey Car Week 2026. Entre passé prestigieux, authenticité quasi intacte et palmarès déjà bien garni, ce cabriolet promet d’affoler les compteurs, poursuivant une trajectoire parallèle à celle des modèles mythiques ayant marqué l’histoire du cheval cabré.
Une Ferrari disparue revient sur le devant de la scène
Après avoir passé près d’une génération entière loin des regards, la Ferrari 250 GT Cabriolet Série I, châssis 0809 GT, ressurgit sur la côte californienne. Restée plus de quarante ans dans la même collection privée à partir de 1985, la sportive n’a été dévoilée au public qu’à deux occasions : lors de The Quail, A Motorsports Gathering en 2007 et, bien plus récemment, au prestigieux Pebble Beach Concours d’Elegance 2023 où elle s’est hissée à la deuxième place de la catégorie Postwar Preservation. C’est dans ce contexte que cette Ferrari doit être vendue aux enchères le 14 août par RM Sotheby’s, attendant un nouveau propriétaire lors de la Monterey Auction, point d’orgue de la Monterey Car Week qui se déroulera jusqu’au 16 août.
Une série exclusive façonnée par Pinin Farina
Peu de modèles illustrent à ce point le mariage du style Ferrari de la fin des années 1950 et de l’élégance italienne que cette Série I. Signée par Pinin Farina, la carrosserie adopte les codes esthétiques de la marque tout en cultivant une certaine distinction. De ses 40 exemplaires produits, celui-ci porte le numéro 18, renforçant d’autant plus sa valeur auprès des connaisseurs. Cet exemplaire se distingue également par plusieurs détails recherchés : à l’avant, elle arbore des phares carénés évoquant la compétition ainsi que de petits pare-chocs très appréciés pour leur discrétion et leur côté exclusif.
Voiture de grand tourisme, symbole de raffinement
À l’heure où Ferrari multipliait les séries limitées, la 250 GT Cabriolet Série I proposait une facette différente de sa sœur la 250 GT California Spyder, plus tournée vers l’esprit sportif. Ici, tout est pensé pour le plaisir de conduite empreint de luxe et de confort, à la manière d’une actuelle 12Cilindri Spider, loin du radicalisme d’une 849 Testarossa Spider. Cette GT décapotable s’adresse ainsi aux conducteurs en quête d’élégance et de douceur plutôt qu’aux adeptes de sensations pures sur circuit.
Une mécanique préservée et authentique
Sous le capot, cette Ferrari revendique un moteur V12 Colombo de 3,0 litres, alimenté par trois carburateurs Weber 36 DCL3. Cette configuration délivre une puissance de 240 chevaux, permettant d’atteindre une vitesse de pointe de 252 km/h. Autre atout rare : châssis, moteur, boîte de vitesses et pont arrière porteurs du même numéro d’origine, affichant un pedigree « numbers-matching » que les collectionneurs recherchent ardemment. Outre une ancienne restauration de la peinture dans la teinte d'origine, la voiture n’a quasiment pas été modifiée depuis sa sortie d’usine, offrant ainsi un authentique témoin de son époque.
Un palmarès américain et des propriétaires prestigieux
La trajectoire de ce châssis 0809 GT commence en 1958, année où il fut assemblé pour être exposé au New York International Automobile Show sur le stand de Luigi Chinetti Motors, le représentant de Ferrari à New York. Son premier acquéreur fut le Dr Paul M. Riffert, chirurgien établi en Pennsylvanie. Plus tard, la voiture quitta la côte Est pour rejoindre Norman Silver à High Point en Caroline du Nord, avant d'entrer dans le garage du Texan John W. Mecom Jr, homme d’affaires également à la tête d’une écurie engagée dans de multiples championnats, y compris la Formule 1 durant les années 1960. Ce n’est qu’en 1985 que le cabriolet a trouvé son dernier havre dans la collection actuelle.
Vers de nouveaux sommets aux enchères
Désormais, les projecteurs se réallument sur ce cabriolet lors de la Monterey Car Week, événement phare qui verra également la présentation de modèles emblématiques et de nouveautés au retentissement mondial comme la Lamborghini Revuelto SV orientée piste. L’estimation de prévente pour cette Ferrari oscille entre 4 et 5 millions de dollars, soit 3,45 à 4,3 millions d’euros, faisant de cette 250 GT Cabriolet Série I l’une des attractions majeures de la vente organisée par RM Sotheby’s le 14 août. La légende Ferrari continue de fasciner avec ce cabriolet qui incarne, par son histoire et son authenticité, le rêve automobile suprême.
