ASC-McLaren Mercury Capri : tuning à l’américaine

Publié le mercredi 11 décembre 2019.
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Quand on dispose d’une voiture assez peu excitante, et qu’on veut pourtant en faire un pur-sang, il suffit parfois de s’associer à un nom reconnu et d’apporter quelques modifications esthétiques pour créer des collectors en puissance. En France, Renault usera de la technique en virilisant sa 11 Turbo grâce au tuner allemand reconnu, Zender. Aux USA, la brave Mercury Capri passera, elle, chez ASC (American Sunroof Corporation) associée à McLaren pour en proposer une version déjantée (en hatchback) voire même décoiffante avec une exclusive version cabriolet.

Nous sommes en 1982 et Madame Muscat, femme de l’ingénieur Peter Muscat en poste chez Ford, se fait refouler du parking de l’usine pour une raison simple : hors de question de voir sa Mercedes SL R107 se pavaner devant un bâtiment portant l’ovale bleu. Le couple est offensé, d’autant qu’il n’existe pas d’équivalent à la Mercedes dans la gamme Ford. La Mustang III, sortie en 1978, s’obstine à ne proposer que deux carrosseries : Notchback (coupé 2 portes trois volumes) et Hatchback (2 volumes avec hayons). Muscat s’attaque donc à une déclinaison cabriolet qu’il propose aussitôt à Ford et découvre qu’une version cabriolet est déjà dans les cartons pour 1983. La direction le pousse cependant à se tourner vers Mercury pour une version cabriolet en petite série de la Capri (qui partage sa plate-forme avec la Mustang).

Une Capri Cabriolet et un coupé déjanté

Chez Mercury, on voit ce cabriolet d’un bon oeil. La marque prépare avec ASC et McLaren une version plus exclusive et plus glamour de la Capri, et un cabriolet pourrait habilement renforcer l’offre ! Ford connaît bien McLaren avec qui elle avait déjà fabriqué la très rare Mustang M81. L’affaire est donc signée d’autant plus facilement qu’ASC est la spécialiste du cabriolet en petite série (c’est elle qui réalisera, peu de temps après, le prototype de la 900 Cabriolet pour le compte de Saab). ASC-McLaren lance donc en 1984 un duo de Mercury Capri Hatchback et Cabriolet exclusifs et modifiés.

La Mercury Convertible façon ASC-McLaren

Les ASC-McLaren reçoivent le V8 5 litres Ford B303, mais légèrement boosté, passant de 200 à 210 chevaux. McLaren travaille sur les suspensions, mais aussi sur les réglages du châssis afin de les rendre un peu plus sportifs. Honnêtement, on est loin d’une sportive à l’européenne, mais par rapport à une Capri un peu mollassonne, c’est toujours ça de pris. En revanche, les ASC-McLaren s’offrent un sérieux lifting.

Une production restreinte

Pour ce qui est du cabriolet, c’est un vrai dérivé de la Capri Hatchback : elle reçoit donc une sévère transformation chez ASC et devient une stricte deux places ! Les deux modèles reçoivent un kit carrosserie spécifique qui transforme le look en simili-sportive, accompagné d’une déco flashy. Des jantes façon nid d’abeille Campagnolo complètent la panoplie un peu voyante, mais n’oubliez pas : nous sommes dans les années 80, une décennie où l’on aime le clinquant.

La production commence en 1984, mais très lentement. Il faut dire que le coupé coûte 14 000 dollars (soit 4 000 de plus qu’une Capri 5.0 de base) tandis que le cabriolet passe à 22 000 dollars, une petite fortune : la faute aux lourdes modifications apportées sur ce dernier modèle. 50 cabriolets et 25 coupés sortent cette année-là. En 1985, la production passe à 257 cabriolets et 180 coupés. Enfin, en 1986, 245 cabriolets et 162 coupés tombent des chaînes, dernière année de production de la Mercury. Au total, 919 exemplaires seulement seront sortis des ateliers d’ASC : une goutte d’eau dans l’océan de la production automobile américaine de l’époque.

Une Mustang en héritière

Malgré ces faibles chiffres, ASC et McLaren sont suffisamment satisfaits pour prolonger leur association. Dès 1987, ils lancent donc avec l’accord de Ford une ASC-McLaren Mustang (disponible uniquement en cabriolet) sur le même principe que celui de la Mercury (en plus discret cependant). En tout, 1 806 exemplaires de cette Mustang revisitée trouveront preneur jusqu’en 1990, mais cela, c’est une autre histoire.

A partir de 1987, la Mustang prend le relais de la Capri chez ASC-McLaren

L’ASC-McLaren Mercury Capri est une bizarrerie qui fleure bon les années 80 et c’est ce qui fait son charme. Il faudra bien sûr fouiner pour trouver un exemplaire à vendre mais on en voit passer quelques-uns dans les petites annonces. Il ne s’agit pas d’une sportive malgré les améliorations apportées par McLaren, mais elle distille ce drôle de parfum de l’Amérique des années 80, et c’est pour cela qu’elle est désirable.

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1 commentaire

Florian

Le 12/12/2019 à 13:26

Je profite de cet article pour vous dire à quel point j apprécie ce que vous faites c’est toujours un plaisir de vous lire et je découvre énormément sur l’automobile, l’histoire des modèles et de certaines bizarreries, continuez comme ça c’est top

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