
Alors que Porsche doute, Audi officialise l’arrivée de sa sportive électrique
Le 18 février 2026, Audi a officiellement confirmé le lancement en 2027 de la version de série du Concept C. L’annonce intervient alors que Porsche, de son côté, étudie la possibilité de revoir ou de réduire ses propres projets de 718 électriques. Comme l’architecture devait être partagée, les rumeurs d’un effet domino ont circulé. Audi a choisi de couper court. Le projet continue. Et il ne s’agit pas d’un modèle de niche anodin, mais d’un véritable “halo car”, chargé de porter l’émotion et le design de la marque.
Une survivante dans un climat d’incertitude
Ces dernières semaines, les interrogations autour des Boxster et Cayman électriques ont semé le doute. Réduction des coûts, repositionnement stratégique, remise en question de certains choix industriels. Or le futur coupé Audi devait reposer en partie sur une base technique commune. Forcément, l’inquiétude était légitime. Gernot Döllner, patron d’Audi, a confirmé en interne que la livraison de la plateforme par Porsche n’était pas remise en question et que le développement se poursuivait en coopération entre les équipes des deux marques. Le message est clair. Quelle que soit l’évolution de la stratégie Porsche, la sportive Audi électrique reste programmée pour 2027.
Un héritage lourd à porter
Remplacer à la fois la TT et la R8 n’est pas anodin. La première génération de TT, lancée en 1998, avait redéfini l’image d’Audi par son design radical signé Peter Schreyer. La R8, apparue en 2006 avec son V8 puis son V10 atmosphérique, incarnait la crédibilité sportive acquise en endurance. Le Concept C ne promet pas de faire revivre les moteurs thermiques. Audi a fermé la porte à tout retour à l’essence pour cette lignée. La propulsion électrique est assumée comme la solution technique cohérente avec les futures contraintes réglementaires et la stratégie globale du groupe.
Une plateforme PPE profondément revue
Techniquement, le futur coupé reposera sur une version retravaillée de la Premium Platform Electric, déjà utilisée par plusieurs modèles électriques du groupe. La différence majeure tient au positionnement de la batterie. Au lieu d’être placée sous le plancher, elle serait installée derrière les sièges, à l’emplacement typique d’un moteur central sur une sportive thermique. Ce choix est loin d’être cosmétique. Il permet d’abaisser la hauteur de caisse, de retrouver une position de conduite plus basse et de viser une répartition des masses plus favorable. En clair, Audi cherche à recréer les sensations d’équilibre d’un coupé traditionnel, malgré l’architecture électrique.
Un manifeste stylistique
Le Concept C inaugure également le nouveau langage de design porté par Massimo Frascella. Avec environ 4,50 m de long, 1,98 m de large, 1,27 m de haut et un empattement de 2,54 m, il se situe entre les proportions d’une TT et celles d’une R8. Épaules marquées, profil strictement deux places, face avant verticale affirmée. L’habitacle, lui, tranche avec la mode des écrans géants. L’étude met en avant un écran central de taille modeste et le retour de commandes physiques. Une approche plus épurée, presque minimaliste, qui rappelle que dans une sportive, l’ergonomie compte autant que la diagonale d’affichage.
Un pari d’image plus qu’un pari de volume
Audi sait que les sportives deviennent un marché de niche. L’électrification renchérit les coûts, et le cœur des ventes reste assuré par les SUV. Mais une marque premium ne peut pas vivre uniquement de rationalité. Elle a besoin d’un modèle vitrine. Un objet qui incarne son ambition technique et son identité stylistique. En confirmant cette sportive électrique pour 2027, Audi ne promet pas seulement une nouvelle voiture. Elle affirme qu’à l’ère des batteries et des plateformes modulaires, l’émotion peut encore avoir sa place.