Turbot 2 Turbotraction : du rêve à la réalité !

Publié le mardi 8 septembre 2015.
Mis à jour le lundi 8 juillet 2019.
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La Bande Dessinée est l’un des premiers vecteurs de la passion automobile quand on est enfant. Blake et Mortimer, Lefranc, Tintin, ou Gil Jourdan (entre autres, lire aussi: Jacques Martin et Lefranc mais aussi les chroniques de Starter) ont plus sûrement que l’Auto-Journal développé notre goût pour les jolies carrosseries et fait travailler notre imaginaire. Mais certains auteurs sont allés plus loin, en créant des marques automobiles imaginaires. La plus célèbre d’entre elles est une marque française, Vaillante (lire aussi : Vaillante). Mais la Belgique n’était pas en reste, puisque la marque Turbot accompagnait nos amis Spirou et Fantasio dans leurs aventures, avec la Turbot Rhino 1 d’abord, puis la Turbot 2, plus connue sous le nom de Turbotraction 2.

La Turbotraction telle qu'on la voit dans Spirou !
La Turbotraction telle qu’on la voit dans Spirou !

Comme on peut le découvrir sur cet excellent site dédié au petit groom et à son ami photographe/journaliste (lire aussi : http://spirou.perso.free.fr/Sp_Dossiers/VOITURES/Turbot.html), la marque des Automobiles Turbot apparaît pour la première fois en 1951 dans l’Album « Spirou et les héritiers ». On y apprend que son premier modèle, surnommé le Tandem, est sorti en 1908. Entre temps, Turbot a bien évoluée, défendant les couleurs de la Belgique en Formule 1, et développant de superbes voitures : la Rhino 1 d’abord (en 1953) puis la Turbotraction 2 ensuite (en 1958, fortement inspirée de la Ford FX-Atmos).

Les travaux préparatoires de Louis de Fabribeckers
Les travaux préparatoires de Louis de Fabribeckers

Si la marque est belge, il est clair que Franquin s’inspire clairement de la marque française Talbot, dirigée jusqu’à sa revente à Simca en 1958 par Anthony Lago (lire aussi : Henri Pigozzi, l’âme de Simca). Il y a aussi un lien fort avec Citroën, vu l’attachement viscéral de la marque belge pour la traction avant. On notera l’utilisation avant-gardiste du Turbo !

La fabrication de la Turbot 2
La fabrication de la Turbot 2

Les deux modèles apparaîtront successivement dans plusieurs albums des aventures de Spirou, devenant emblématiques de la série, et faisant rêver des milliers de bambins déjà accros à la chose automobile. Ces doux rêveurs de l’époque seront parfois à l’origine du passage du papier à la réalité de ces modèles de rêve. La première de ces voitures de bandes dessinées à voir le jour sera la Vaillante Grand Défi, sur une base Hommel, et qui sera produite en petite série (lire aussi : Vaillante Grand Défi).

La Turbotraction enfin prête !
La Turbotraction enfin prête !

La marque Turbot ne pouvait rester à l’écart de ces « revivals », et pour l’occasion d’une exposition sur le Monde de Franquin à Paris en décembre 2004, le suisse Sbarro présenta sa vision de la Turbot Rhino 1 de 1953, sur une base de Citroën Xantia Activa V6 ! Si Sbarro tente de rester fidèle à sa sœur de papier, le résultat n’est pas à la hauteur des attentes.

L'arrière travaillé fait rêver !
L’arrière travaillé fait rêver !

C’est en 2006 qu’un autre designer, belge celui-là, mais oeuvrant pour le carrossier italien Touring, va s’attaquer à la Turbotraction. Plus futuriste encore que la Rhino 1, la tâche s’annonçait ardue. Louis de Fabribekers (belge lui aussi, à qui l’on devra plus tard la superbe Maserati/Touring A8GCS) va pourtant s’en sortir bien mieux que le designer suisse, en restant fidèle à son modèle dessiné et en proposant une version tout à fait crédible de cette voiture incroyable. Sous le capot, on trouve un moteur de Porsche 924, situé à l’avant. La Turbotraction est évidemment une… traction ! Ce qui fait qu’il s’agit sans doute de la seule traction avant à moteur avant dotée d’un moteur Porsche.
[EDIT: comme me le signale Christian, lecteur avisé, il s’agit bien d’un châssis de Porsche 924: la Turbotraction est donc… une propulsion !]

L'intérieur luxueux et vintage !
L’intérieur luxueux et vintage !

En revanche, si l’on sait qu’il s’agit d’un moteur de 924 que Fabribeckers a choisit, quid du modèle exact ? S’agit-il d’un 2 litres atmosphérique de 125 ch, comme indiqué parfois ? Ou bien d’un 2 litres turbo de 170 ou 177 ch issu d’une 931 ? Cette deuxième option n’est jamais indiquée, alors qu’elle semblerait la plus crédible pour « respecter » l’idée de Franquin d’un moteur Turbo !

Turboy 06

Si cette Turbotraction fabriquée par Touring sera exposée à Bruxelles en octobre 2006 pour une autre exposition dédiée au monde de Franquin, il s’agit pourtant d’une commande d’un riche collectionneur d’automobile et passionné par Spirou : cette voiture existe donc toujours, et surtout, roule encore ! Il est donc aujourd’hui possible de résoudre le mystère de son moteur : alors turbo ou atmo ?

Images : Corriere dela Sera

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21 commentaires

christian

Le 08/09/2015 à 15:55

D’après ce que je lis ici : http://motori.corriere.it/auto_epoca/12_novembre_06/turbotraction-touring-auto-fumetto_5b9359aa-2829-11e2-9e66-88ac4e174519.shtml?refresh_ce-cp , la mécanique mais également le châssis sont issus d’une Porsche 924, ce qui fait de la turbotraction une… propulsion.

christian

Le 08/09/2015 à 15:58

Paul

Le 08/09/2015 à 15:59

Voilà des informations intéressantes: je corrige le texte alors 😉

Paul

Le 08/09/2015 à 16:03

Si quelqu’un en sait plus sur le moteur: turbo ou atmo ? On est plus à une contradiction près: la Turbotraction pourrait bien être en fait une Atmopropu ahahaha !!!

Salusse

Le 08/09/2015 à 16:14

Sauf erreur de ma part, la première Turbotraction de Franquîn (et sans doute, de ce fait,aussi la seconde) était Turbo car propulsée par une turbine. Un réacteur, autrement dit.
L’occasion de rappeler que « propulsion » est un mot qui ne saurait désigner le mode de transmission de la puissance. La propulsion est assurée par le… propulseur comme le sang l’est par le cœur. Et la voiture par un moteur, en général. Autant respecter les fines nuances de notre belle et riche mange, n’est-ce pas ?

christian

Le 08/09/2015 à 17:02

Exact. D’ailleurs, si on regarde le tableau de bord, le compte-tours a été regradué, et sa zone rouge commence maintenant à 26 000 tours, ce qui est un peu optimiste pour un moteur de 924, turbo ou pas

Salusse

Le 08/09/2015 à 16:16

…et riche langue. Il m’arrive d’être depassé par les obsessions correctrices de ma tablette. Désolé.

eddy123

Le 09/09/2015 à 06:46

Effectivement, mais généralement on parle d’une traction une voiture qui est tracté par ses roues avant et une propulsion une auto qui est propulsé par ses roues arrière.

Salusse

Le 09/09/2015 à 10:00

Je sais que je passe pour un dinosaure. Mais j’insiste : transmission avant, transmission arrière, transmission intégrale, c’est plus juste. A la rigueur traction avant par respect pour Citroën… Mais puisque le sujet est évoqué ici, si chaque mot garde son vrai sens, on reste précis en disant que la Turbotraction de Frankin était, sans doute, propulsée par une turbine. Ta dis que sa réplique est propulsée par un moteur à explosion, avec transmission par les roues arrière. Comme cela, pas de risque de confusion.

eddy123

Le 09/09/2015 à 07:01

Rappelons que les nom de Turbotraction vient de turbine et traction!!
Savoir que c’est une propulsion casse un peu l’âme de la voiture car normalement c’est bien une turbine qui entraine les roues avant, donc une traction!!!
car la Rhino I était inspiré de la Sous-répertoire, qui est la première tentative française dans le domaine de la voiture à turbine et qui devait être une traction!

eddy123

Le 09/09/2015 à 07:02

chiant la correction auto… Socéma-Grégoire et non sous-repertoire!! dsl

Salusse

Le 09/09/2015 à 09:55

Est-on certain que les voitures à turbine étaient équipées de transmissions par les roues ? Il y a peut-être un érudit qui sait comment fonctionnaient l’Etoile filante de Renault ou la Rover du Mans ? Je ne serais pas surpris que la turbine entraine directement la voiture.

eddy123

Le 09/09/2015 à 13:44

La Rhino I est normalement une traction même si son aurait du être son inspiratrice française, la Socéma-Grégoire.

Salusse

Le 09/09/2015 à 15:32

Il y a encore 30 ans, on aurait jamais appelé « propulsion » une voiture a transmission arrière. Ce n’est pas un néologisme car le mot existait bien (propulsion par un MOTEUR, ou un .. cheval, une pile atomique ou un réacteur) mais une erreur d’ecrivassier qui a vu dans ce mot la notion de « pousser », c’est un faux sens. Quand à « traction », on disait « traction avant » pour désigner la fameuse Citroën, car « traction » seul ne désignait pas les roues avant comme motrices. Quand aux anglo-saxons, pour eux « traction » désigne la motricité.

Eddy123

Le 09/09/2015 à 21:02

Tu as raison, mais j’aime a croire que la langue Française n’est pas morte et donc figée. …
De nos jours, il est tout de meme plus pratique de parler de traction pour une auto dont les roues avant tractent la voiture et propultion pour une auto dont les roues arrières propulse la voiture….
Si non il y a beaucoup de terme actuel que nous ne pourrions pas utiliser… cest la force d’une langue vivante de s’adapté et evoluer… on dit bien « je vais au bureau » alors que la bure est le vetement des moines ont ils recouvraient leurs table de travail…..

Salusse

Le 09/09/2015 à 21:36

Tu ne m’en voudras pas de ne pas être d’accord. « De nos jours » traction et propulsion sont deux mots qui ont tout leur sens et tout leur intérêt. Transmission à aussi un sens clair et précis. Si la propulsion désignait l’essieu arrière moteur, alors comment désignerait on la… propulsion ? Et à quoi servirait le mot « transmission » ?
Notre discussion est malheureusement le signe d’un délitement de la langue. Personnellement, je m’appliquerais à garder aux mots toutes leurs nuances quand ils en expriment. Mais je n’ai rien contre l’évolution justifiée de la langue.

Salusse

Le 09/09/2015 à 21:38

Pour moi les roues ne tractent pas la voiture. Mais la voiture tracte la remorque. Et le vent propulse le voilier.

le casse-pied

Le 18/04/2016 à 15:23

Tout en étant respectueux du travail considérable que cette voiture a demandé, je trouve que la matérialisation d’un objet BD est presque toujours décevante. Il est impossible de recréer une voiture qui change de proportions au gré des cases de Franquin. Du coup, je vois dans cette concrétisation une voiture mastoque avec des détails évitables comme les clignotants rouges en plastique opaque type Ami6; l’idée de Franquin aurait plutôt été un « diamant » transparent avec ampoule colorée comme en atteste les passages où les clignotants fonctionnent (« vacances sans histoires »,page 18 ,ligne 2, case 1)
(toutefois ce genre de feux n’existaient peut-être pas à l’époque, mais les grandes bulles plastiques recouvrant les phares non plus:-)
Le détail qui tue, c’est la couleur utilisée : la T2 est bleu ciel (genre twitter) aspect métallisé. Ici c’est un bleu violet qui n’a été utilisé que pour l’image du concours « nouvelle Turbot ». Ça franchement, c’était facile à réaliser.
Elle est aussi beaucoup moins large. Bref la réalité comme les normes rattrapent les rêves.
Cette voiture contient nombre de détails qui rappelle la T2, mais elle n’est qu’une vision parcellaire de cette dernière.
De la part d’un bras cassé qui à bien du mal à monter une étagère

Pour info, la maquette de Géo Salmon donne une idée de ce que la T2 aurait dû être.
maquette-> http://www.spirouworld.com/images/turbotraction2/maquette01.jpg

Alex

Le 05/11/2016 à 15:49

Si la reconstitution de la Turbo 2 est réussie, le choix de la motorisation n’est pas des plus judicieux.
La turbo rhino 1 est inspirée de la SOCEMA GRÉGOIRE : http://blog.doctissimo.fr/phedor/gregoire-voiture-spirou-2263661.html
Voiture qui avait la particularité d’être propulsée par une turbine.

Il est évident que la turbo 2 l’etait également. Le coffre et l’arrière avec les 2 aérations pour dissiper la combustion de la turbine étant bien visible. Une des planche de Spirou (le monde du silence?) le représente.
Il y a un peu de la Pontiac firebird III dans la turbo 2. Lame d’aération à l’avant. http://www.autodrome-cannes.com/turbinecar.htm

Il faut reconnaître que les motorisations à turbine n’ont pas eu de succès malgré un fort intérêt, des présentations au salon de la.auto, la Chrysler dont les unités invendues furent détruites. Il est certainement plus simple de trouver un moteur de 924 qu’une turbine.

Jean-B.

Le 07/11/2017 à 16:58

Très beau tout cela…on a du temps(!) pour deux termes bien compréhensibles d’emblée et selon l’usage populaire courant qui fait la règle comme… »Périgourdins » au lieu de  » Périgordins « , le vrai terme originel pour les habitants du Périgord…et Périgourdins pour les ceux de Périgueux..,et oui ! Cette diversion linguistique ou ergotage sur « Traction » et « Propulsion » devrait plutôt passer son temps et attention sur tous ces termes trouvés bien normaux…en France, tels que…Parking, Pressing, Shopping, les  » Best of » (le comble) , Live, les « Homes » ( prononcés comiquement « Houmes » au contraire d’en anglais!) pour Gens Agés…bref, une floppée d’anglicismes absurdes qui passent comme une lettre â la boîte…sans réaction, laxisme évident.
C’est là qu’est le bobo… » propulsé » partout avec en plus , une distorsion ridicule de l’accent des insulaires voisins.
Mettons donc les « Waauurninnes » (Warning » …est un verbe en anglais !! Et non des clignotants d’urgence , les amis ! )
Il est encore temps avant de devenir définitivement des Franglish. A noins que seul , un Franxit » améliore ? A voir…

Paul

Le 23/02/2018 à 11:30

Vu hier, les aventures de Spirou et Fantasio au cinéma, beaucoup de références à la BD mais scénario trop inexistant pour réellement s’amuser.

Par contre on y voit la Turbotraction turbot Rhino I, celle qui apparaît je crois pour la première fois dans l’album la Corne du Rhinocéros :

Je pense que c’est celle qui a été fabriqué par Franco Sbarro, y a t’il moyen de confirmer ou d’infirmer cette information.

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